Champagne : cépages, crus et temps d’élaboration

Comprendre la Champagne · Atlas vivant

Étude artistique Champagne, collection Cave et Saveurs
Étude artistique de la collection : elle ne constitue pas une délimitation parcellaire validée.

Ces fiches s’appuient sur le cahier des charges homologué le 31 juillet 2025, publié au Journal officiel le 5 août et au Bulletin officiel agricole le 7 août 2025. La copie du document est publiée par le Syndicat général des vignerons de la Champagne. Les numéros de page ci-dessous sont ceux du PDF conservé avec cette livraison. Elles complètent le chapitre pédagogique sans assimiler le projet soumis à opposition en juillet 2026 à un texte déjà homologué.

Fiche — Les cépages : trois dominants, huit principaux et une VIFA

Dans une présentation du vignoble, on rencontre souvent trois noms : chardonnay, pinot noir et meunier. Mais le mot « principal » possède aussi un sens réglementaire. Le cahier de 2025 classe comme cépages principaux l’arbane B, le chardonnay B, le chardonnay rose Rs, le meunier N, le petit meslier B, le pinot blanc B, le pinot gris G et le pinot noir N. Cette catégorie comprend donc huit cépages ; elle ne mesure pas leur importance respective dans les plantations.

Le Voltis B apparaît séparément, comme variété d’intérêt à fin d’adaptation, ou VIFA. Son utilisation est soumise à une convention associant les acteurs désignés dans le cahier. Deux limites doivent être distinguées : celle de l’encépagement à l’exploitation, normalement au maximum 5 % pour cette variété, et celle de l’assemblage, au maximum 10 %. Un Champagne ne peut donc pas être composé uniquement de Voltis.

Le calcul des surfaces comporte une disposition particulière : certaines superficies de Voltis proches, à moins de 20 mètres, des lieux définis par les articles du code rural cités dans le cahier ne sont pas prises en compte dans les surfaces de VIFA soumises au plafond de 5 %. Cette disposition ne doit pas être étendue à tous les terrains proches de n’importe quel bâtiment. Elle ne supprime pas le plafond de 10 % dans l’assemblage.

Pour le lecteur, l’essentiel est de séparer trois informations : les cépages les plus plantés, la liste réglementaire et la composition d’une cuvée. Elles peuvent toutes être exactes sans présenter le même nombre de noms.

Source : chapitre Ier, V, page 2 ; IX.2.c, page 18.

Fiche — Premier cru et grand cru : l’origine des raisins

Le cahier rattache ces mentions à des raisins récoltés sur des territoires nommés. Sa section II b énumère dix-sept noms pour les mentions « grand cru » et « premier cru ». La section II c ajoute quarante-deux noms pour la mention « premier cru ». Il ne faut donc pas lire ces listes comme deux groupes de produits entièrement indépendants : le premier groupe ouvre droit aux deux mentions dans le cadre du texte.

Les noms sont conservés tels qu’ils figurent dans le cahier. Certains correspondent à des communes anciennes ou à des territoires inclus dans des communes nouvelles. Les additionner comme s’il s’agissait automatiquement de cinquante-neuf communes administratives actuelles serait une erreur. Le rattachement au code communal d’aujourd’hui demande une concordance distincte ; il ne doit pas modifier l’étendue du territoire viticole concerné.

Bezannes figure explicitement dans la seconde liste. C’est un élément réglementaire important pour la lecture des sources. Il ne permet toutefois pas de conclure que toutes les parcelles de Bezannes sont classées, ni que chaque terrain est aujourd’hui planté en vigne. Le tableau d’inventaire indiquant « aucune parcelle classée » et le plan hachuré disponible restent à confronter à la décision de délimitation applicable.

Devant une étiquette, retenez ainsi que la mention concerne une origine encadrée des raisins. Une adresse d’entreprise ne suffit pas à établir cette origine. Une carte administrative, une liste réglementaire de territoires et un plan parcellaire sont trois documents à relier, sans les substituer l’un à l’autre.

Source : chapitre Ier, II b et II c, page 1. Comparaison documentaire : audit Bezannes des sources consultées, sans résolution définitive de l’écart d’inventaire.

Fiche — Douze, quinze et trente-six mois : à partir de quand ?

Le cahier distingue plusieurs moments. Le tirage pour la prise de mousse ne peut commencer avant le 1er janvier qui suit la récolte. Le dégorgement ne peut intervenir avant douze mois à compter du tirage, pendant lesquels le vin reste en bouteille sans interruption.

La mise en marché à destination du consommateur répond à une autre durée : quinze mois minimum depuis le tirage, et trente-six mois minimum pour les vins présentés avec un millésime. Il est donc imprécis de présenter ces trois nombres comme trois durées interchangeables de maturation sur lies. Ils ne contrôlent pas la même étape. Lorsqu’un lot est remis en vrac puis tiré à nouveau, le cahier précise que la durée minimale d’élevage se calcule depuis ce nouveau tirage.

Le millésime renvoie aux raisins utilisés pour les vins de base de l’année considérée, sous les exceptions décrites pour certaines pratiques œnologiques et les liqueurs. Il ne suffit donc pas de regarder l’année imprimée pour déduire la date de tirage, celle du dégorgement ou la durée choisie au-delà du minimum.

La bonne question est toujours : « Quelle date marque le départ de ce délai ? » C’est ce repère qui permet de comparer des informations de bouteille sans confondre le temps depuis la vendange et le temps depuis le tirage.

Source : chapitre Ier, IX.2.d et IX.2.e, page 18 ; IX.2.h, page 19 ; IX.5.a, page 20.

Source réglementaire

Cahier des charges Champagne, homologation du 31 juillet 2025, copie publiée par le SGV.

Référence de l’arrêté au Journal officiel. Les fiches portent sur les dispositions identifiées ci-dessus ; elles ne constituent pas une revue de toutes les obligations du cahier ni des éventuelles mesures annuelles temporaires.

Retrouver un territoire dans les listes du cahier

Noms du texte de 2025, sans conversion en communes administratives actuelles.

Territoire nomméMentionsSection
Ambonnaygrand cru et premier cruII b
Avizegrand cru et premier cruII b
Aygrand cru et premier cruII b
Beaumont-sur-Veslegrand cru et premier cruII b
Bouzygrand cru et premier cruII b
Chouillygrand cru et premier cruII b
Cramantgrand cru et premier cruII b
Louvoisgrand cru et premier cruII b
Mailly-Champagnegrand cru et premier cruII b
Le Mesnil-sur-Ogergrand cru et premier cruII b
Ogergrand cru et premier cruII b
Oirygrand cru et premier cruII b
Puisieulxgrand cru et premier cruII b
Sillerygrand cru et premier cruII b
Tours-sur-Marnegrand cru et premier cruII b
Verzenaygrand cru et premier cruII b
Verzygrand cru et premier cruII b
Avenay-Val-d’Orpremier cruII c
Bergères-lès-Vertuspremier cruII c
Bezannespremier cruII c
Billy-le-Grandpremier cruII c
Bisseuilpremier cruII c
Chamerypremier cruII c
Champillonpremier cruII c
Chigny-lès-Rosespremier cruII c
Coligny (Val-des-Marais)premier cruII c
Cormontreuilpremier cruII c
Coulommes-la-Montagnepremier cruII c
Cuispremier cruII c
Cumièrespremier cruII c
Dizypremier cruII c
Ecueilpremier cruII c
Etrechypremier cruII c
Grauvespremier cruII c
Hautvillerspremier cruII c
Jouy-lès-Reimspremier cruII c
Ludespremier cruII c
Mareuil-sur-Aypremier cruII c
Les Mesneuxpremier cruII c
Montbrépremier cruII c
Mutignypremier cruII c
Pargny-lès-Reimspremier cruII c
Pierrypremier cruII c
Rilly-la-Montagnepremier cruII c
Sacypremier cruII c
Sermierspremier cruII c
Taissypremier cruII c
Tauxièrespremier cruII c
Trépailpremier cruII c
Trois-Puitspremier cruII c
Vaudemangespremier cruII c
Vertuspremier cruII c
Villedommangepremier cruII c
Villeneuve-Rennevillepremier cruII c
Villers-Allerandpremier cruII c
Villers-aux-Nœudspremier cruII c
Villers-Marmerypremier cruII c
Voipreuxpremier cruII c
Vrignypremier cruII c