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Cinq séparateurs dans un livre privé : deux chemins peuvent refuser la même correction

12 min de lecture

Jeanne prépare cinq séparateurs pour un livre privé de la maison. Elle les nomme A, B, C, D et E avant de fixer leur marque claire ou sombre. Une ligne entre deux lettres ne dit pas laquelle est claire : elle indique seulement si leurs marques doivent être identiques ou différentes. Camille reçoit les lignes, puis des demandes de correction arrivées séparément. Elle doit remettre une feuille qui distingue les lignes conservées, celles qui ne changent rien et celles qu'il faut refuser. Les lettres et leurs marques sont inventées pour ce cas ; personne ne prétend décrire le contenu des ouvrages consultés.

La notice 351011 du Met classe son objet parmi les livres.

La notice 351014 du Met indique aussi la catégorie des livres.

La notice 351017 du Met porte également cette catégorie.

Ces notices attestent seulement des livres. Marques, relations et décisions sont créées ; aucune image ou méthode n’est reprise.

Jeanne pose d'abord cinq relations. A et B portent des marques différentes ; B et C portent la même ; C et D sont différentes ; A et D sont identiques ; D et E sont différentes. Elle note « même » par zéro et « différent » par un, mais ce code appartient à sa feuille. Pour rendre une copie affichable, elle ajoute une décision indépendante des cinq lignes : A sera clair, valeur zéro. Elle ne transforme pas cette ancre en sixième relation. Une relation compare deux séparateurs, alors que l'ancre attribue directement une marque à un seul.

Une copie déterminée par les relations et une ancre

Camille commence à A, clair. Puisque A et B diffèrent, elle place B en sombre, valeur un. B et C sont identiques, donc C est sombre également. C et D diffèrent : D devient clair. La ligne A–D exige justement deux marques identiques ; elle est satisfaite sans correction. Enfin D et E diffèrent, ce qui place E en sombre. La copie complète, dans l'ordre A, B, C, D, E, porte donc zéro, un, un, zéro, un. Camille l'écrit en cinq cases avant de signer quoi que ce soit : elle peut contrôler chaque ligne sur la copie qu'elle propose de remettre.

Jeanne repasse les cinq lignes une par une. Entre A zéro et B un, la différence vaut un ; entre B un et C un, zéro ; entre C un et D zéro, un ; entre A zéro et D zéro, zéro ; entre D zéro et E un, un. Cette liste retrouve exactement les cinq indications reçues. Elle ne déduit pas la conformité de la seule apparence générale du dessin. Si l'une des cinq comparaisons avait échoué, Camille aurait dû suspendre la copie même si quatre lignes lui paraissaient correctes. Ici la vérification autorise une remise concrète avec son ancre affichée.

Camille enlève maintenant l'ancre sur une seconde feuille, tout en gardant les cinq relations. Elle remplace simultanément chaque clair par sombre et chaque sombre par clair : un, zéro, zéro, un, zéro. Toutes les égalités et différences restent les mêmes, car inverser les deux bouts d'une ligne ne change pas leur accord relatif. Il existe donc deux copies admissibles tant qu'aucune marque absolue n'est fixée. Jeanne refuse de désigner A comme forcément clair à partir des cinq seules lignes. Elle choisit le zéro de A pour la première remise ; elle conserve la copie complémentaire comme autre possibilité permise par le dossier non ancré.

Cette séparation change la réponse à Paul, qui reçoit seulement la liste des cinq relations. Il demande « E est-il sombre ? » Camille peut répondre oui sur sa copie ancrée, mais pas pour toutes les copies compatibles avec la liste reçue par Paul. Dans la seconde, E est clair. Elle ajoute au bord de la remise l'ancre A clair, plutôt que d'attribuer au calcul relatif une certitude qu'il n'avait pas. Paul peut alors contrôler pourquoi E sombre suit de la feuille complète. La même liste de relations sans cette ligne d'ancrage ne suffisait pas à produire sa réponse absolue.

Une sixième ligne qui confirme sans choisir davantage

Une nouvelle ligne dit que A et C doivent être différents. Camille dispose déjà d'un chemin A–B–C : A diffère de B, puis B est identique à C ; A diffère donc de C. Elle dispose aussi d'un autre chemin A–D–C : A est identique à D, et D diffère de C ; il mène à la même conclusion. Elle inscrit la nouvelle ligne A–C avec la valeur un et contrôle les deux chemins, au lieu de choisir arbitrairement le premier qui apparaît sur la page. La copie ancrée zéro, un, un, zéro, un satisfait déjà cette ligne.

Jeanne veut savoir si cette sixième ligne apporte une marque nouvelle à afficher. Elle la retire provisoirement et énumère les copies permises par les cinq lignes : avec A clair, seule la copie de Camille reste ; sans ancre, cette copie et sa complémentaire restent. Elle rétablit A–C différent : le même ensemble demeure. Elle accepte la ligne comme confirmation compatible, mais n'annonce pas une seconde preuve indépendante d'un fait historique. Deux chemins écrits sur la même feuille justifient une conséquence logique ; ils ne deviennent pas deux témoins extérieurs. Paul reçoit donc la copie inchangée et une mention distincte : « ligne nouvelle conforme, aucune marque déterminée en plus ».

Camille distingue cette mention d'une suppression inutile. Une ligne redondante peut être conservée pour montrer ce qu'une personne avait demandé, à condition que sa présence ne soit pas utilisée pour gonfler le nombre de copies vérifiées. Si la ligne A–C différent est copiée trois fois, les trois répétitions ne créent ni trois contraintes nouvelles ni trois objets sources. Jeanne garde la date de la demande telle qu'elle lui a été remise dans cette scène inventée, mais ne lui prête aucune lecture antérieure du livre. L'effet contrôlé est strict : les assignations admissibles restent celles obtenues avant l'ajout.

La correction contraire échoue sur deux chemins

Une autre feuille arrive ensuite avec la formule inverse : A et C auraient la même marque. Camille lui attribue la valeur zéro et teste d'abord le chemin A–B–C. A diffère de B, tandis que B est identique à C ; si A et C étaient identiques, ce tour ramènerait une différence d'un à son point de départ. En partant de A clair, la feuille exigerait à la fois C sombre par B et C clair par la nouvelle ligne. Camille trace précisément ces trois lignes incompatibles. Elle refuse la correction A–C même si la personne qui l'a apportée a écrit « simple rectification » dans sa marge.

Jeanne ne s'arrête pas à ce premier triangle. Le chemin A–D–C donne un second contrôle : A et D sont identiques, C et D différents. Partir de A clair impose D clair puis C sombre. La correction A–C identique voudrait encore C clair. Ce second triangle ne réutilise ni A–B ni B–C ; il partage seulement la nouvelle ligne A–C avec le premier. Camille garde les deux certificats sur la feuille de refus. Si l'un des deux chemins anciens avait été mal recopié, l'autre continuerait de justifier le refus jusqu'à examen de ses propres lignes.

Paul propose d'effacer la ligne B–C pour conserver la correction nouvelle. Camille l'essaie sur une copie de travail : le triangle A–B–C disparaît, mais A–D–C demeure. Effacer A–B aurait la même limite. Effacer A–D ou C–D ne touche pas au premier triangle. Effacer D–E ne touche à aucun des deux, puisque E n'entre pas dans leur comparaison. Jeanne refuse de présenter une seule suppression ancienne comme une réparation suffisante. Elle n'efface aucune ligne du dossier reçu ; les essais d'effacement restent des scénarios notés à part, avec le conflit qui subsiste pour chacun.

Si l'on insistait pour conserver A–C identique, il faudrait modifier au moins une relation sur A–B–C et au moins une sur A–D–C, puisque ces deux anciens chemins n'ont pas d'arête commune. Camille ne choisit pas ces deux modifications à la place des personnes qui ont formulé les cinq relations. Elle retire la correction contraire de la copie destinée à Paul et maintient la feuille initiale vérifiée. Sa décision ne dit pas que l'auteur de la demande s'est trompé de main ou de date ; ces circonstances ne sont pas établies. Elle dit seulement que les six lignes réunies n'admettent aucune attribution claire ou sombre, même si l'on abandonne l'ancre A clair.

Jeanne garde côte à côte trois états distincts du travail : cinq relations compatibles et une copie ancrée ; la sixième ligne A–C différent, compatible mais sans nouvelle sélection ; puis la proposition A–C identique, refusée avec deux triangles. Une feuille contradictoire n'est pas une troisième copie possible de la première. La copie complémentaire admise sans ancre ne la sauve pas : sur cette copie aussi, A et C restent différents. Camille empêche Paul de mélanger « il existe une autre coloration globale » avec « cette ligne opposée est possible ». Ces phrases répondent à des questions différentes et conduiraient à des remises différentes.

Une demande sur E crée un autre choix, après le refus

Plus tard, Paul demande expressément E clair tout en rappelant que la remise destinée à son atelier doit garder A clair. Camille repart des cinq relations originales ; elle n'importe pas la ligne A–C identique déjà refusée. L'ancre A clair conduit à D clair, puis D–E différent conduit à E sombre. La demande E clair entre donc en conflit avec l'ensemble conservé. Ce conflit n'est pas l'un des deux triangles de A–C : E n'apparaissait dans aucun d'eux. Jeanne ouvre un feuillet de réponse distinct, au lieu de recycler les deux anciennes preuves comme si elles expliquaient ce nouveau refus.

Camille vérifie d'abord ce que changerait l'abandon de l'ancre. La copie complémentaire, un, zéro, zéro, un, zéro, donne E clair et respecte les cinq relations. Mais A y est sombre. Si Paul peut retirer sa consigne A clair, sa nouvelle demande E clair sélectionne cette copie parmi les deux possibilités non ancrées. Si l'atelier exige toujours A clair, cette solution n'est pas admissible. Jeanne écrit cette condition entière sur la réponse ; elle ne remplace pas silencieusement la copie affichée par son complément tout en conservant l'étiquette « A clair ».

Paul demande alors une voie qui garde A clair et E clair. Camille peut produire une autre feuille en changeant D–E différent en D–E identique : A, B, C, D restent zéro, un, un, zéro, et E devient zéro. Les quatre autres relations sont toujours vérifiées. La ligne A–C différent, si elle avait été conservée comme confirmation, reste vraie aussi. Mais cette feuille n'est pas la copie approuvée des cinq indications initiales : elle repose sur une modification explicite de la cinquième. Jeanne soumet cette option à Paul comme proposition de changement, avec la ligne à remplacer nommée, et non comme résultat gratuit d'un recalcul.

Pour départager ces réponses, Jeanne rédige deux questions fermées. « L'ancre A clair peut-elle être levée ? » Si oui, E clair est compatible avec les cinq relations inchangées et impose la copie complémentaire. Si non : « D–E différent peut-il être remplacé par D–E identique ? » Un oui autoriserait la seconde feuille ; un non maintient le refus de E clair. Paul ne peut pas répondre par une approbation générale de « la nouvelle version » sans choisir ce qui change. Camille conserve la trace des deux options, car elles produisent la même marque E mais des marques différentes sur A, B, C et D.

La correction A–C identique et la demande E clair ne sont pas interchangeables. Dans le dossier où Camille a refusé A–C identique, retirer l'ancre peut régler E clair sans toucher aux cinq relations. Retirer l'ancre ne règle jamais A–C identique, car les deux copies permises y gardent une différence. Inversement, remplacer D–E ne règle pas les triangles A–B–C et A–D–C : E est extérieur à leurs trois lettres. Jeanne indique séparément ce que chaque action permet, afin qu'une solution à la seconde demande ne soit pas présentée comme une preuve tardive que la première était recevable.

La feuille remise dit ce qui a été gardé

Camille prépare enfin le dossier destiné à Paul. La page de calcul affiche les cinq relations initiales et A clair, avec la copie zéro, un, un, zéro, un. Une note accolée indique que A–C différent a été contrôlé sans modifier cette copie. Le refus de A–C identique montre les deux chemins incompatibles et conserve la formulation reçue. La demande E clair attend une décision sur l'ancre ou D–E ; elle n'est pas inscrite dans la copie remise comme si elle avait déjà été approuvée. Chacune des quatre pièces porte donc une portée précise, et aucune ne remplace rétroactivement une autre.

Jeanne demande à Camille d'essayer la dernière vérification à l'envers. Si elle prend uniquement la copie affichée, elle peut relire chaque relation conservée et retrouver les cinq comparaisons. Si elle prend uniquement la note de refus A–C identique, elle peut suivre chacun des deux triangles et comprendre pourquoi aucune copie ne convient aux six lignes. Si elle prend la demande E clair, elle voit exactement quelle permission manque avant d'en produire une nouvelle. Paul n'a pas à croire une étiquette « contrôlé » apposée sur un paquet indistinct : les opérations permettant chaque remise sont visibles séparément.

Sur un feuillet de travail supplémentaire, Camille retire exprès A–B et A–D tout en conservant A–C identique, A clair, B–C identique, C–D différent et D–E différent. Elle obtient alors A, B, C, D, E égal à zéro, zéro, zéro, un, zéro. Cette attribution confirme qu'une révision d'au moins deux anciennes relations pourrait rendre la correction contraire compatible. Elle ne remplace pas la solution retenue : les deux lignes retirées appartenaient au dossier initial, et personne n'a autorisé leur retrait. Jeanne garde ce témoin pour montrer la portée de son diagnostic « une suppression ne suffit pas », sans le faire passer pour une copie conforme à l'origine.

Paul remarque que ce témoin satisfait aussi E clair. Camille reconnaît le fait, mais précise sa condition : ce sont deux changements anciens, A–B et A–D, qui ont permis simultanément cette attribution et A–C identique. Dans la branche réellement remise, ces deux lignes restent en vigueur ; le refus A–C et la question E demeurent séparés. Cette comparaison empêche une conclusion trop forte selon laquelle deux demandes nouvelles exigeraient toujours trois réparations indépendantes. Elle montre plutôt que des corrections autorisées peuvent interagir, tandis qu'aucune n'a été autorisée ici.

La vérification des trente-deux attributions possibles aux cinq lettres donne le même résultat que les chemins tracés, mais Jeanne ne remet pas une liste de trente-deux rangées à Paul. Elle garde les deux copies permises avant l'ancre, la copie unique avec A clair et les deux petits ensembles de lignes qui expliquent les refus. Les nombres sont des contrôles de sa feuille inventée ; ils ne décrivent ni des exemplaires historiques ni le fonctionnement matériel des livres cités. Si une relation ancienne change réellement plus tard, Camille refera le contrôle sur la nouvelle liste au lieu de recycler le nombre deux ou le mot « impossible » hors de sa portée.

Aucune de ces notices ne fournit les marques ou les décisions de la feuille. Les images n’ont pas été examinées.