Dans une fiction de fortune, une collection peut sembler rapporter toutes les sommes que ses visiteurs ont proposées. Pourtant, deux offres peuvent réclamer le même objet ; une somme peut porter sur un ensemble entier ; une condition peut rendre un choix indisponible tant qu’un autre n’a pas été accompli. Pour écrire une décision cohérente, il faut retrouver les objets derrière chaque nombre et conserver la portée des réponses données.
Nous suivons Henri dans des scènes entièrement créées. Il dispose de trois objets désignés par a, b et c. Les sommes sont des unités d’exercice, sans monnaie actuelle ni estimation de marché. Les offres, les conditions, les réponses et les cessions accomplies dans les branches sont stipulées. Il n’existe ici ni vente observée, ni conseil juridique ou financier, ni règle de maison d’enchères. Aucun paiement réel n’a été effectué. Un objet ne peut être cédé qu’une fois dans chaque branche ; une offre sur un ensemble reste entière sauf changement expressément donné.
Daudet prépare le départ en voiture de Jenkins.
Zola fait entrer Saccard chez Champeaux.
Maupassant fait sortir Duroy d’un restaurant.
Comparer des ensembles compatibles
Le premier dossier contient cinq propositions distinctes. Paul propose quatre-vingt-dix pour a et b ensemble. Quentin propose cent pour b et c ensemble. Rose propose quarante pour a seul et Sarah trente-cinq pour c seul. Enfin, William propose cent vingt-cinq pour les trois objets ensemble. Dans cette première branche, les propositions de Rose et Sarah ne dépendent d’aucune autre acceptation. Tous les objets sont encore auprès d’Henri.
Henri commence par retirer une addition séduisante : quatre-vingt-dix de Paul et cent de Quentin donneraient cent quatre-vingt-dix. Mais b figure dans les deux ensembles. Accepter cette addition reviendrait à annoncer le même objet à deux acquéreurs. Henri ne corrige pas la difficulté en retirant arbitrairement la moitié de l’une des sommes. Les deux propositions portent sur des ensembles entiers et aucune offre partielle n’a été formulée. Il garde donc les nombres dans leurs lignes d’origine, mais cesse de les compter comme deux recettes pouvant être obtenues ensemble. Le total proposé ne décrit pas encore un choix réalisable.
Il compare ensuite Paul avec Sarah : a et b partiraient chez Paul, c chez Sarah, pour cent vingt-cinq. Quentin avec Rose donne un autre ensemble complet : b et c chez Quentin, a chez Rose, pour cent quarante. Les deux affectations conservent chaque objet une seule fois et ne laissent aucun objet auprès d’Henri. Elles ne sont pourtant pas la même cession assortie d’un total différent. Le premier choix réunit a avec b, le second b avec c. Henri retrouve donc les destinataires associés aux sommes avant de retenir le choix de cent quarante, qui satisfait son objectif initial de somme la plus élevée.
Dans la suite effectivement choisie, Henri cède b et c à Quentin pour cent, puis a à Rose pour quarante. Les cent quarante sont obtenus dans notre scénario et les trois objets ont quitté son ensemble. La proposition de William pour cent vingt-cinq reste écartée. Henri ne l’ajoute pas après les deux cessions : elle réclame les trois objets qu’il n’a plus. La fiche finale distingue les propositions examinées et les cessions retenues. Elle permet de retrouver pourquoi cent vingt-cinq figurait dans le dossier sans avoir été reçu, et pourquoi aucune pièce ne demeure disponible au seul motif que son nom apparaît encore dans une offre non retenue.
Donner un effet au choix de conserver un objet
Une branche indépendante reprend les cinq offres initiales, avant toute cession. Henri souhaite désormais conserver a. Il ne cherche plus seulement la somme maximale. Il veut examiner les propositions compatibles avec la présence de cet objet auprès de lui. La conservation est une condition expresse du nouveau cas, pas une préférence qu’un lecteur attribue à Henri à partir de la valeur supposée de sa collection.
La proposition de Quentin sur b et c peut être acceptée entière sans céder a. Henri la retient pour cent. Les propositions de Paul, Rose et William réclament toutes a et sont donc écartées dans cette branche. Henri ne déclare pas disponible une partie de Paul correspondant seulement à b : aucune somme pour b seul n’a été donnée. À la fin de la scène, Quentin a reçu b et c et Henri conserve a. Les cent ne sont pas une baisse inexpliquée des cent quarante du premier choix. Ils correspondent à un objectif changé, avec un objet effectivement maintenu dans l’ensemble personnel.
Deux autres demandes permettent de préciser cette conséquence sans les cumuler. S’il garde c, Henri choisit Paul sur a et b pour quatre-vingt-dix. S’il garde b, les offres de Paul et Quentin ne peuvent plus être retenues ; il choisit alors Rose sur a et Sarah sur c pour soixante-quinze. Dans ces deux branches données, les objets conservés sont respectivement c puis b, avec des destinations et des sommes différentes. Henri ne choisit pas entre les trois objets selon une somme prétendument affectée à chacun. Il compare les cessions qui restent possibles après chacune des demandes de conservation.
Nous posons maintenant sa décision précise : il souhaite obtenir au moins cent et garder au moins un des trois objets, sans avoir encore désigné lequel. Henri retient Quentin pour cent et garde a. Les deux autres possibilités de conservation précédentes donnent quatre-vingt-dix ou soixante-quinze et ne remplissent pas ce seuil. Le choix de cent quarante remplirait le seuil, mais ferait partir les trois objets. Henri ne le conserve donc pas comme une version plus avantageuse de la même décision. Il annonce à Quentin l’ensemble b-c et retire la cession de a à Rose du choix actif. Le nouvel objectif a changé une affectation identifiable.
Remplacer l’objet demandé dans une offre
Dans une autre branche avant toute cession, Quentin retire sa proposition de cent sur b et c et en formule une nouvelle : soixante pour c seul. Les quatre autres offres initiales demeurent disponibles. Ce changement est donné expressément ; il ne constitue pas une interprétation d’Henri sur ce que Quentin accepterait peut-être. L’ancien ensemble b-c et son montant ne peuvent plus être utilisés dans le nouveau choix.
Henri réexamine alors Paul sur a-b avec le nouveau Quentin sur c. Les ensembles sont séparés et leurs sommes donnent cent cinquante. Paul avec Sarah donnerait toujours cent vingt-cinq ; Rose avec Quentin donnerait cent. Henri choisit Paul et Quentin pour cent cinquante dans cette branche. Il ne conserve pas Paul avec Sarah au seul motif que ce choix réunissait déjà les trois objets dans le dossier précédent. La nouvelle proposition sur c remplace ici une possibilité concurrente pour cet objet et change le meilleur ensemble compatible. Le rapprochement doit donc porter de nouveau sur les objets et les sommes effectivement proposés.
La scène accomplit ces deux cessions : a et b partent chez Paul, c chez Quentin. Les cent cinquante sont obtenus et Sarah ne reçoit aucun objet. Quentin n’a pas reçu b, contrairement à la branche initiale où il acquérait b-c pour cent. Henri corrige donc sa liste de destinations en même temps que son total. Un relevé gardant « Quentin : b et c » avec le nouveau montant soixante associerait deux offres qui n’ont jamais été formulées ensemble. La correction retrouve une proposition actuelle, une affectation actuelle et une somme actuelle, sans faire de l’ancienne offre un acompte du nouveau choix.
Relier deux offres seulement lorsque la condition est donnée
Une nouvelle branche reprend Quentin sur b-c pour cent, mais change la portée de la proposition de Rose sur a. Ses quarante ne sont désormais proposés que si Henri retient aussi Quentin dans le même choix. Cette condition est entièrement stipulée pour l’exercice. Elle ne décrit aucun mécanisme juridique applicable à une vente réelle. Henri dispose encore de a, b et c au début de cette branche.
Henri choisit Quentin et Rose ensemble. Les objets restent séparés entre les deux destinataires : b-c pour Quentin et a pour Rose. Le choix satisfait également la condition nouvelle de Rose, puisque Quentin figure parmi les propositions retenues. Henri accomplit les deux cessions et obtient cent quarante. Le total égal à celui du premier dossier ne suffit pourtant pas à dire que rien n’a changé. Dans le premier état, Rose pouvait être choisie indépendamment ; dans celui-ci, Henri ne peut pas conserver ses quarante en retirant Quentin du même choix. La fiche garde donc la dépendance avec la proposition dont elle modifie la portée.
Cette différence devient déterminante dans une autre suite expressément donnée : Henri veut garder b. Quentin réclame b et c, donc son ensemble ne peut plus être cédé entier. Paul réclame également b et William les trois objets. Rose ne réclame que a, qui serait matériellement disponible, mais sa condition n’est pas remplie sans Quentin. Henri retire par conséquent les quarante de Rose de la somme possible dans cette suite. Il ne présente pas l’absence de conflit d’objet comme une réponse suffisante à la condition. L’objet a disponible et l’offre sur a disponible sont ici deux résultats différents du dossier.
Henri retient Sarah sur c pour trente-cinq et conserve a ainsi que b. Cette issue est effectivement remplie : Sarah reçoit c, les deux autres objets demeurent auprès d’Henri et les trente-cinq sont obtenus dans notre scène. Le choix Rose avec Sarah pour soixante-quinze, qui convenait dans la branche où Rose était indépendante, ne convient plus ici. Henri ne retire donc pas a de ses objets conservés pour accompagner une recette de quarante qu’il ne peut obtenir sous les conditions présentes. L’accord nouveau a changé le choix final, même sans changer les objets désignés dans la ligne de Rose.
Nommer ce qui a déjà quitté l’ensemble
Une courte branche distincte pose une cession déjà accomplie de a à Rose pour quarante, puis l’expiration de l’offre de Quentin avant le choix de b et c. Henri ne peut plus retenir Paul sur a-b ni William sur a-b-c, parce que a n’est plus disponible. Il choisit Sarah sur c pour trente-cinq et conserve b. Le bilan de cette branche est soixante-quinze obtenus, a et c cédés, b conservé. Il ne reprend pas la collection initiale pour choisir rétroactivement une meilleure combinaison. Cet état rempli conserve la chronologie donnée, sans apporter un nouvel objet à céder.
Accepter un seul acquéreur peut changer le meilleur choix
Nous revenons aux cinq offres initiales avec tous les objets encore disponibles et les propositions de Rose et Sarah indépendantes. Henri ajoute une condition différente : il veut céder ce qu’il retient à une seule personne. Paul, Quentin, Rose, Sarah et William sont ici cinq acquéreurs distincts. La condition n’est pas le souhait de transmettre les trois objets ensemble ; Henri peut encore envisager de n’en céder qu’un ou deux, mais ne veut pas partager les cessions entre plusieurs acquéreurs.
Le choix Quentin avec Rose ne convient plus, même s’il reste compatible du point de vue des objets. Il envoie b et c chez Quentin et a chez Rose, soit deux personnes. Henri ne fusionne pas les deux noms dans une ligne intitulée « un choix » pour prétendre que cette ligne correspond à un seul acquéreur. Une seule décision peut comprendre plusieurs personnes ; la condition donnée porte précisément sur elles. Henri retire donc cent quarante de la comparaison recevable sous cette nouvelle demande, tout en conservant cette possibilité dans le dossier de l’ancien objectif.
Henri retient William pour cent vingt-cinq et cède les trois objets à cette seule personne. Paul proposait quatre-vingt-dix, Quentin cent, Rose quarante et Sarah trente-cinq ; aucune de ces propositions prises seule ne dépasse les cent vingt-cinq de William. Le choix satisfait ainsi son objectif de somme la plus élevée sous la condition d’un seul acquéreur. Les trois objets partent, comme dans le premier choix de cent quarante, mais leur destination et la somme obtenue changent. Henri ne décrit pas la baisse de quinze comme une pièce manquante du calcul. Elle accompagne une condition expressément ajoutée puis respectée dans la cession choisie.
La fiche finale nomme William comme unique acquéreur et rassemble a, b et c sous sa proposition entière. Elle ne conserve pas à côté un engagement actif de Rose pour a ou de Quentin pour b-c. Ces lignes restent des offres examinées, pas des destinations encore attendues après le départ des objets. La condition d’un seul acquéreur possède donc un résultat visible jusqu’à la fin de la scène : une personne reçoit l’ensemble et aucun objet n’est promis de nouveau dans une deuxième préparation. Le récit peut retrouver le choix dans ses destinataires aussi bien que dans son montant.
Un seul acquéreur peut formuler deux propositions alternatives
Une nouvelle branche conserve les objets initiaux, mais donne deux propositions à la même personne, Quentin : quarante pour a ou cent pour b et c. Quentin précise qu’il s’agit de deux alternatives et qu’il n’acceptera qu’une des deux. William propose toujours cent vingt-cinq pour a, b et c ensemble. Henri veut la somme la plus élevée avec un seul acquéreur. Aucune autre proposition ne figure dans cette branche.
Henri retire le calcul de cent quarante qui additionnait les deux alternatives de Quentin. Les objets ne se recouvrent pas et le destinataire serait bien unique, mais ces deux résultats ne sont pas proposés ensemble. Les deux contrôles précédents ne suffisent donc pas : ni l’absence de conflit d’objet, ni le nombre de personnes ne rendent compatible ce que Quentin a explicitement séparé. Henri choisit William pour cent vingt-cinq et accomplit la cession des trois objets dans cette première suite. Il ne dit pas que Quentin n’a pas assez offert pour les trois : Quentin n’a formulé aucune proposition sur les trois dans cet état, seulement deux possibilités exclusives dont la plus élevée vaut cent.
Nous posons une autre suite avant toute cession. Quentin retire ses deux alternatives et propose désormais cent trente-cinq pour a, b et c ensemble. Henri retient cette offre plutôt que les cent vingt-cinq de William et cède les trois objets à Quentin pour cent trente-cinq. Il ne conserve pas les cent quarante de l’ancienne addition comme montant à recevoir. La nouvelle proposition n’a pas simplement autorisé l’addition des deux anciennes ; elle a remplacé leurs objets et leurs sommes par un ensemble et un montant expressément donnés. La fiche finale indique donc une seule proposition de Quentin sur les trois objets, une seule cession et cent trente-cinq obtenus dans la suite choisie.
Une condition sur un événement accompli peut empêcher le premier pas
Nous créons une dernière scène indépendante avec seulement deux propositions : Rose offre quarante pour a et Quentin cent pour b-c. Cette fois, Rose ne cède sa somme qu’après la cession à Quentin déjà accomplie ; Quentin ne cède la sienne qu’après celle de Rose déjà accomplie. Au début, aucune des deux cessions n’a eu lieu. Une seule peut être accomplie à la fois dans la suite donnée. Ces conditions de scène sont ajoutées explicitement à notre exercice, sans être attribuées à un usage de vente.
Les objets demandés ne se recouvrent pas et l’addition des deux offres vaut cent quarante. Pourtant, Henri ne peut commencer par Rose puisque Quentin n’a encore rien acquis, ni par Quentin puisque Rose n’a encore rien acquis. Il garde les trois objets et n’inscrit aucune somme obtenue dans ce premier état. Il ne déclare pas les conditions remplies au seul motif qu’il a choisi les deux offres sur sa feuille. Les deux personnes ont demandé un événement antérieur accompli, pas la présence de l’autre proposition dans une sélection. Le dossier contient donc un choix compatible en objets, mais aucune première cession autorisée par les prémisses actuelles.
Une réponse nouvelle est ensuite donnée par Quentin. Il accepte de remplacer sa condition par la présence de Rose dans le même choix annoncé, sans exiger que sa cession soit déjà accomplie. Rose conserve, de son côté, sa condition d’accomplissement préalable de Quentin. Henri retient les deux propositions et annonce cet ensemble aux deux personnes, conformément à la condition révisée de Quentin. Il accomplit ensuite la cession de b-c à Quentin pour cent. L’événement que Rose attendait existe désormais ; Henri peut accomplir ensuite celle de a à Rose pour quarante. Les cent quarante sont obtenus au terme de cette suite, avec les trois objets cédés.
La modification a changé le premier événement possible. Henri ne prétend pas avoir découvert un ordre caché sous les deux anciennes conditions. Il conserve la réponse de Quentin et l’ordre réellement exécuté : Quentin, puis Rose. Commencer par Rose resterait incompatible avec sa condition maintenue, puisqu’au début Quentin n’aurait encore rien acquis. L’annonce commune et les cessions successives remplissent donc des fonctions distinctes. La première satisfait la nouvelle demande de Quentin ; sa cession accomplie satisfait ensuite celle de Rose. Chaque étape retrouve un destinataire et le renseignement qui permet de la décrire comme réalisée dans la scène.
Le choix d’Henri ne se réduit ainsi pas à la plus grande somme inscrite sur une page. Il conserve les objets concernés, les personnes, les conditions exprimées et les événements déjà accomplis. Ces éléments appartiennent à notre fiction. Ils donnent néanmoins une fin précise à chaque branche : ce qui a quitté l’ensemble, ce qui demeure auprès d’Henri et quelle somme a effectivement été obtenue dans les seules cessions retenues.