Une lettre verticale et une photographie de groupe ne demandent pas la même place dans un livre. La première peut conserver toute sa hauteur dans une page étroite ; la seconde gagne parfois à s’étendre. Choisir le plus grand volume ne résout pas nécessairement cette différence. Avant de composer le manuscrit entier, on peut comparer ce que quelques dimensions permettraient réellement de montrer, puis décider quelle pièce doit guider le choix.
Alice prépare ici un livre construit pour notre exercice : douze lettres et dix photographies de groupe accompagnent un récit familial. Aucun document de client, aucune maquette imprimée et aucun résultat de lecture ne sont utilisés. Nous allons conserver les mêmes pièces dans trois rectangles, calculer leurs réductions et examiner un recadrage précis. Les préférences d’Alice appartiennent à cet exemple ; elles ne définissent pas le format idéal de tous les livres de transmission.
Donner un sens aux dimensions annoncées
Dans sa page de dimensions, Blurb distingue les mesures de référence de celles à obtenir pour un projet précis. Les tableaux séparent aussi couverture et pages finies. Pour notre comparaison, nous retenons la largeur puis la hauteur de la page. Nous n’utilisons pas la dimension extérieure d’une couverture comme surface disponible pour le contenu, ni une désignation arrondie comme cote de fabrication.
La gamme Saal Digital présente notamment les désignations 21 × 28, 28 × 28 et 28 × 19. Ce relevé montre des proportions différentes proposées par ce fabricant. Nous n’avons pas obtenu leurs cotes précises de production. Les trois rectangles de notre exercice seront donc définis séparément, sans les attribuer à ces produits ni recommander leur achat.
Nous appelons portrait une page de 200 mm de large sur 260 mm de haut, paysage une page de 260 sur 200 mm et carré une page de 240 sur 240 mm. Les deux premiers ont la même surface, 52 000 mm². Pourtant, échanger leur largeur et leur hauteur change déjà la place d’un document vertical. Le carré offre 57 600 mm² : cette surface supérieure ne nous dit pas encore quelle pièce y sera reproduite le plus grand.
Alice conserve, pour ce calcul, 20 mm sur chacun des quatre côtés. Elle réserve ensuite une bande de 20 mm de haut à la légende. Ce sont des hypothèses de composition, pas des marges obligatoires. Le rectangle restant mesure 160 × 200 mm en portrait, 220 × 140 mm en paysage et 200 × 180 mm en carré. Nous comparons ces espaces utiles, puisque ni la lettre ni la photographie ne pourront utiliser les zones que nous avons déjà réservées.
Faire entrer la lettre entière
Notre lettre mesure 200 × 300 mm. Pour la reproduire sans déformer ses proportions, on réduit largeur et hauteur avec le même coefficient. En portrait, la largeur disponible autoriserait une réduction à 80 % : 160 divisés par 200. Mais sa hauteur limiterait la réduction à environ 66,67 % : 200 divisés par 300. Il faut retenir la plus petite des deux valeurs. La hauteur impose ici la limite ; la lettre reproduite mesure environ 133,33 × 200 mm.
Le paysage donne un résultat différent. Ses 220 mm de largeur pourraient accueillir toute la largeur de la lettre, mais ses 140 mm de hauteur ne le peuvent pas. Le coefficient retenu devient environ 46,67 %, et la reproduction mesure 93,33 × 140 mm. Une page plus large a donc produit une lettre plus petite. Le calcul explique cette apparente contradiction : nous voulons conserver la pièce entière et sa proportion, plutôt que remplir la largeur à tout prix.
Dans le carré, la hauteur disponible de 180 mm conduit à une réduction à 60 %. La lettre mesure alors 120 × 180 mm. Elle est plus grande que dans le paysage, mais moins grande que dans le portrait. Le carré disposait pourtant de davantage de surface totale. Nous rencontrons une première décision utile : pour un document vertical montré entier, la hauteur utilisable peut compter davantage que la surface du livre ou la largeur que sa couverture laisse espérer.
Que représente la place laissée à côté de la lettre ? Dans le portrait, environ 26,67 mm de largeur restent inutilisés dans le rectangle réservé à l’image. Cela ne signifie pas que nous avons mal choisi le coefficient. Élargir la lettre pour supprimer cet espace allongerait aussi sa hauteur au-delà des 200 mm disponibles. Lui donner artificiellement une autre proportion modifierait son aspect. Pour cet exercice, Alice préfère garder la forme complète de la pièce plutôt qu’obtenir un rectangle rempli.
Comparer la photographie de groupe
La photographie mesure maintenant 300 × 150 mm : elle est deux fois plus large que haute. Le portrait permet de la reproduire à 160 × 80 mm. Le paysage donne 220 × 110 mm et le carré, 200 × 100 mm. Dans les trois cas, c’est la largeur disponible qui impose le coefficient. Le classement a changé par rapport à la lettre. Le paysage convient mieux à la demande de largeur, tandis que le portrait réduit davantage cette photographie.
Pour rendre l’écart concret, notre dessin de groupe comporte un visage de 20 mm de large dans l’image de départ. Avec les réductions calculées, sa largeur devient environ 10,67 mm en portrait, 14,67 mm en paysage et 13,33 mm en carré. Ces nombres ne prouvent pas que le visage sera reconnu ou que son expression restera perceptible. Ils permettent seulement à Alice de voir la conséquence dimensionnelle du choix, au lieu de comparer trois noms de formats sans regarder la même pièce.
L’écart entre les reproductions portrait et paysage atteint 60 mm sur la largeur totale de la photo. Passer de 220 à 160 mm revient à réduire cette largeur d’environ 27,27 %. Ce résultat est indépendant du nombre de personnes figurant dans notre dessin. Leur position et les détails que la famille souhaiterait reconnaître devront encore être examinés dans une composition réelle. Ici, nous pouvons déjà nommer le sacrifice : garder la photo entière, mais la montrer plus petite.
Une page peut donc laisser beaucoup d’espace autour d’une photographie sans que le fichier ait été mal ajusté. Dans le paysage, l’image entière occupe 110 mm sur les 140 mm de hauteur disponibles. Les 30 mm restants ne sont pas récupérables en agrandissant uniformément la photo : sa largeur dépasserait alors le rectangle. Avant de qualifier cet espace de vide inutile, Alice doit choisir entre conserver l’ensemble et modifier le cadrage. Ce sont deux propositions différentes.
Voir ce que le recadrage retire
Essayons précisément la seconde proposition. Pour remplir les 220 × 140 mm du paysage, la photo doit être agrandie jusqu’à atteindre 140 mm de haut. Son coefficient devient environ 93,33 %. Sa largeur complète atteindrait alors 280 mm ; elle dépasse de 60 mm le cadre de reproduction. Le logiciel pourrait n’en afficher qu’une partie. Remplir le cadre n’a pas seulement changé la taille : cela a également choisi ce que le lecteur ne verrait plus.
Dans notre hypothèse, le recadrage est centré horizontalement. Revenons aux coordonnées de la photo de départ, entre 0 et 300 mm. La portion conservée mesure environ 235,71 mm de large. On retire donc environ 64,29 mm au total, soit 32,14 mm de chaque côté. Le cadre garde la zone comprise entre environ 32,14 et 267,86 mm. Ces nombres concernent l’image originale ; les 60 mm de dépassement calculés précédemment concernaient l’image agrandie.
Nous plaçons deux silhouettes fictives dans ce dessin. Celle de gauche occupe les coordonnées 0 à 25 mm ; celle de droite, 275 à 300 mm. Elles se trouvent entièrement hors de l’intervalle conservé par ce recadrage centré. Elles disparaissent donc dans notre proposition remplie. Une personne placée ailleurs pourrait être seulement coupée ou rester entière. Le calcul ne permet pas d’affirmer que tout recadrage supprimerait toutes les personnes situées vers les bords.
Alice souhaite montrer le groupe complet. Elle refuse donc cette version particulière, même si ses visages centraux seraient plus grands dans le calcul. Elle conserve la reproduction de 220 × 110 mm lorsqu’elle examine l’option paysage. Son choix n’interdit pas tout recadrage pour un autre document : il tient à ce que racontent les deux silhouettes placées aux extrémités de notre image. Les retirer changerait le groupe présenté dans ce livre, pas seulement son équilibre graphique.
Séparer la largeur du livre de celle du récit
Le dossier de Lulu sur le format donne des exemples où typographie et dimensions modifient la pagination. Nous n’en tirons aucun rapport de conversion pour notre manuscrit. Changer de rectangle ne suffit pas à prévoir un nombre de pages, même lorsque le nombre de mots demeure identique.
Pour son récit, Alice propose cette phrase construite : « Le dimanche, nous traversions la cour pour rejoindre la cuisine. Ma tante ouvrait la fenêtre avant de poser les tasses sur la table. » Sa colonne de 120 mm entre dans les trois espaces utiles, laissant respectivement 40, 100 et 80 mm de largeur. Ces écarts ne garantissent ni seconde colonne ni emplacement d’image. Une page plus large n’oblige pas à allonger la ligne de texte. Cet extrait n’a pas été composé ; coupures de lignes et pagination restent inconnues.
Choisir une priorité et accepter sa conséquence
Alice revient aux douze lettres qui ont motivé son projet. Elle souhaite les montrer complètes, à une hauteur d’au moins 190 mm. Ce seuil est son critère personnel dans l’exercice, pas une garantie de lecture. Parmi nos trois propositions, seul le portrait le satisfait : 200 mm, contre 180 en carré et 140 en paysage. Alice retient donc provisoirement le portrait. Elle accepte que les dix photos de groupe soient reproduites à 160 mm de large au lieu des 220 mm permis par le paysage.
Supposons maintenant que sa priorité change. Elle veut que les photographies entières occupent au moins 200 mm de large. Le portrait ne satisfait plus ce critère ; carré et paysage le satisfont. Le carré permettrait alors une lettre de 180 mm de haut, contre 140 en paysage. Il constitue une proposition différente à discuter. Le qualifier automatiquement de compromis parfait serait toutefois faux : il reste sous les 190 mm souhaités initialement pour les lettres. Aucun de nos trois formats ne satisfait simultanément ces deux seuils.
Cette incompatibilité peut conduire Alice à revoir le projet, plutôt qu’à choisir un rectangle au hasard. Elle pourrait discuter d’autres dimensions ou d’une organisation différente avec l’éditeur. Elle pourrait aussi confirmer que les lettres ont priorité et maintenir les photographies plus petites. Notre comparaison ne décide pas à sa place quelle émotion doit dominer le livre. Elle rend les conséquences assez précises pour que cette préférence corresponde à un choix visible et explicable.
Le résultat de l’exercice est donc une proposition portrait motivée, avec son sacrifice photographique clairement nommé. Il faudra ensuite travailler sur les véritables pièces pour apprécier ce qu’elles permettent de lire et de reconnaître. Si cette appréciation contredit la préférence provisoire, les dimensions pourront être rediscutées. Un format devient intéressant lorsqu’il sert le contenu que l’on a choisi de transmettre ; sa beauté vient aussi de cet accord entre ce que la famille veut montrer et la place qu’elle lui donne.