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Corriger un livre familial déjà imprimé : préparer un errata qui désigne le bon volume

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Parlons de votre livre
Lettres, photographies et épreuves sur une table de travail éditorial
Éditions privées

Images, objets et documents · 17 min de lecture

Une erreur découverte après l’impression n’a plus le même support qu’une remarque sur une épreuve. Le texte de travail peut changer, tandis que le volume déjà remis continue de porter l’ancienne phrase. Pour que la correction aide réellement le lecteur, elle doit lui permettre de retrouver le passage et de comprendre ce qui le remplace. Nous suivons ici un livre entièrement créé, avec une édition V1 stipulée comme imprimée et des erreurs expressément données. Aucun volume de client, tirage réel ou commande de réimpression n’a été examiné.

Notre ouvrage fictif s’intitule « Une maison de cartes ». Il décrit des cartes postales rangées dans trois pochettes distinctes : douze dans A, quinze dans B et dix-huit dans C. V1 imprime pourtant un total de trente-sept page 14. Page 27, quinze cartes sélectionnées sont présentées comme un tiers de ces trente-sept. Une légende page 28 porte Aurélien au lieu d’Aurélie ; un renvoi page 46 indique la page 50 alors que le passage visé se trouve page 52. Ces renseignements sont les données du cas, pas des découvertes dans des pièces anciennes.

Elvang publie des errata de manuel.

Reynolds publie une liste de corrections.

Finch annonce des corrections et compléments.

Décrire une correction qui ne modifie pas le volume ancien

Mina prépare une feuille E1 pour les lecteurs de V1. Son titre indique le nom du livre et cette version. Elle ne l’appelle pas « nouveau texte du livre », car le volume que ces lecteurs possèdent conserve ses passages imprimés. La feuille donnera une autre lecture de quatre emplacements. Cette distinction a une conséquence immédiate : les repères sont ceux de V1, même si Mina dispose par ailleurs d’un fichier de travail dans lequel elle a déjà remplacé les mots et les chiffres.

Dans la première préparation, la feuille portait seulement « corrections finales ». Une personne pouvait la trouver auprès d’un autre état du même titre sans savoir auquel elle se rapportait. Mina la nomme désormais « Une maison de cartes — corrections pour V1 ». Le nom du livre seul ne suffirait pas dans notre dossier, où une recomposition V2 est aussi envisagée. Le repère de version sert ici à choisir le bon volume, pas à déclarer que tous les livres portant ce titre contiennent encore les mêmes erreurs.

Mina garde les quatre passages imprimés dans son relevé de travail. Elle ne les remplace pas avant d’avoir préparé la feuille, car elle aurait alors perdu les mots qui permettront au lecteur de retrouver son exemplaire. Une correction à intégrer au prochain texte et une correction à consulter avec l’ancien demandent deux points de départ différents. Pour E1, le point de départ est la page telle que V1 la porte. Le lecteur doit pouvoir reconnaître ce qu’il a sous les yeux avant de lire le remplacement annoncé.

La feuille n’explique pas une erreur par une cause inventée. Mina ne sait pas, dans les données de notre exercice, pourquoi trente-sept a été composé à la place de quarante-cinq. Elle sait en revanche quelles quantités figurent dans les trois lignes et quel total elles demandent. E1 peut corriger ce résultat sans raconter une saisie trop rapide, une défaillance du logiciel ou une faute d’un proche. La correction résout un passage identifié ; elle ne distribue pas une responsabilité que notre dossier n’a pas donnée.

Retrouver le chiffre dans la bonne fonction

La page 14 comporte deux occurrences de trente-sept. L’une est le total du tableau A, B, C ; l’autre désigne la boîte numéro 37 dans une phrase voisine. La première ligne d’E1 disait « page 14 : remplacer 37 par 45 ». Elle pouvait donc conduire à modifier le numéro de boîte. Mina complète son repère : tableau des pochettes A, B et C, colonne Total. La correction porte sur une fonction précise du chiffre. Elle laisse le repère matériel de la boîte tel qu’il est donné.

Le calcul du tableau se retrouve dans les trois lignes : douze plus quinze font vingt-sept ; les dix-huit de la dernière pochette portent le total à quarante-cinq. Nous avons stipulé que les pochettes contiennent des ensembles distincts, sans carte comptée dans deux lignes. Mina peut donc corriger le total par cette addition. Elle ne déduit pas une quantité réelle d’une photographie de pochettes fermées. Les trois nombres et leur absence de recouvrement sont fournis dans notre exercice, ce qui rend l’opération et sa portée contrôlables.

La ligne retenue pour E1 conserve l’ancien chiffre et le bon emplacement : « V1, page 14, tableau des pochettes A, B et C, colonne Total : 37 doit être remplacé par 45. » Le numéro de boîte reste hors de cette ligne. Cette rédaction apporte davantage qu’un chiffre corrigé : elle permet au lecteur de distinguer deux usages identiques en apparence. Le correctif devient applicable au passage concerné sans demander que toute occurrence de 37 dans le volume soit tenue pour fautive.

Mina ne diminue pas une des trois lignes pour rendre leur somme compatible avec trente-sept. Douze, quinze et dix-huit sont les quantités données. Modifier dix-huit en dix, par exemple, produirait bien trente-sept, mais changerait une autre donnée que le cas n’a pas déclarée erronée. Elle écarte cette solution. E1 garde les trois pochettes et corrige leur total. Le résultat ne choisit donc pas arbitrairement entre plusieurs chiffres afin que le tableau cesse seulement d’avoir l’air incohérent.

Propager le total sans modifier la sélection

La première feuille préparée par Mina ne corrigeait que la page 14. La page 27 aurait continué de présenter quinze cartes comme un tiers des trente-sept. Elle donne pourtant quinze cartes retenues, soit le nombre nécessaire pour faire un tiers de quarante-cinq. Mina ajoute donc cette seconde destination au relevé. L’erreur du total a une reprise dans le commentaire de sélection. Fermer la ligne du tableau ne suffit pas à rendre exacte la manière dont le chapitre réutilise ce résultat.

La quantité sélectionnée, quinze, demeure dans le texte. Pour contrôler la fraction annoncée, Mina multiplie quinze par trois : elle retrouve quarante-cinq. Avec trente-sept comme base, trois ensembles de quinze dépasseraient le total de huit cartes. Elle ne conserve donc pas le mot tiers par approximation. Dans les données choisies, le tiers est exact avec quarante-cinq. E1 corrige la base de la phrase page 27 et laisse les quinze cartes sélectionnées. La relation entre ces deux quantités devient cohérente avec le tableau.

Une autre solution aurait été de retirer le mot tiers et de garder seulement « quinze cartes sélectionnées ». Elle éviterait l’affirmation fausse sans montrer la relation que le livre avait voulu présenter. Mina la compare à la correction de la base, puis retient cette dernière pour E1. Les données permettent de conserver une sélection effectivement égale au tiers du groupe. La feuille maintient donc ce renseignement au lieu de le supprimer simplement parce que sa première rédaction utilisait le mauvais total.

Le relevé contient désormais deux lignes pour une même erreur de quantité : son apparition dans le tableau et sa reprise dans le commentaire. Mina ne les rassemble pas sous « total du chapitre corrigé ». Les lecteurs peuvent consulter la page 27 sans avoir ouvert la page 14. Chacun des deux passages a besoin d’une destination retrouvable sur la feuille. Leur relation est expliquée dans le travail de préparation ; leur séparation reste utile à celui qui cherche où appliquer la correction dans son propre volume.

Corriger un nom à un emplacement sans renommer une autre personne

La légende page 28 nomme Aurélien, mais notre cas stipule Aurélie comme personne que cette légende devait désigner. Page 18, un autre passage parle correctement d’Aurélien. Le premier projet de Mina lançait un remplacement du prénom dans tout le texte de travail. Il aurait réparé la légende et abîmé le passage de la page 18. Elle retire cette opération générale. La feuille E1 vise la légende page 28 ; le texte où Aurélien est le nom attendu n’entre pas dans le correctif.

La ligne d’E1 indique donc « page 28, légende : Aurélien doit être remplacé par Aurélie ». Elle ne présente pas un changement de prénom choisi par la personne ni une identité retrouvée après une enquête. Le cas donne une erreur de composition dans une légende créée. Mina peut la traiter à cette échelle. Cette précision conserve la raison de la correction sans lui ajouter une histoire familiale, et permet de comprendre pourquoi l’autre Aurélien du livre ne reçoit aucune modification.

Le remplacement du seul nom ne change pas les autres renseignements de la légende. Nous n’avons stipulé ni date nouvelle ni lieu différent pour cette page. Mina conserve ces éléments dans le périmètre de l’exercice. Une correction nominative ne devient pas une occasion de réviser tout le commentaire d’image. Le lecteur pourra reconnaître la phrase imprimée, y substituer le prénom indiqué et garder le reste. Notre feuille n’annonce pas une nouvelle identification générale de toutes les personnes du volume.

Dans le prochain fichier de travail, Mina retrouve la légende par son emplacement et contrôle aussi le passage d’Aurélien page 18. Ce second contrôle ne fournit pas une correction supplémentaire pour E1. Il vérifie que la réparation locale n’a pas déclenché le remplacement global écarté. Les deux résultats sont différents : la légende utilise maintenant Aurélie dans ce fichier ; le passage sur Aurélien conserve son prénom. Le volume V1, lui, n’a pas été modifié par cette action sur un autre support.

Réparer le renvoi et laisser la destination à sa place

Page 46, le renvoi imprimé conduit à la page 50. Dans les données de V1, le passage annoncé se trouve page 52. Mina ne déplace pas ce passage vers 50 pour faire fonctionner l’ancien chiffre. Elle corrige le numéro dans le renvoi. La différence est importante pour notre feuille : le lecteur de V1 ne peut pas recevoir une nouvelle pagination par le seul ajout d’E1. Il a besoin d’une indication qui lui permette de trouver le bon passage dans l’organisation du volume qu’il possède déjà.

La ligne retenue donne les deux repères : « page 46, renvoi vers la page 50 : lire page 52 ». Le premier situe la correction ; le second situe la destination corrigée. Écrire seulement « page 52 » sur la feuille aurait laissé ouverte la question de son rôle. Mina vérifie donc le trajet annoncé : le lecteur rencontre le renvoi page 46, ouvre 52 et retrouve le passage visé tel qu’il est stipulé. Aucun autre changement de numérotation n’est nécessaire dans cet état de notre livre.

Ce renvoi ne rejoint pas les deux lignes du total dans une correction générale des nombres. Son erreur a une autre fonction. Quarante-cinq est une quantité ; cinquante-deux est un repère de consultation. Mina les garde dans des formulations distinctes. Le correctif ne dit pas qu’il suffit d’augmenter tous les chiffres erronés du livre. Il explique quel élément remplace lequel et pour quelle lecture. Les opérations deviennent assez précises pour être reprises sans appliquer une transformation arithmétique à des coordonnées de page.

Garder une préférence de rédaction hors de la feuille

Un proche propose de changer, page 31, « La cour paraissait calme » en « La lumière était douce ». Dans notre dossier, la phrase imprimée n’est pas donnée comme une erreur. La proposition change ce que la phrase choisit de décrire. Mina conserve cette suggestion dans le travail éditorial, mais ne l’ajoute pas à E1 comme un remplacement obligatoire. La feuille vise les passages déclarés erronés de V1. Elle ne réunit pas tous les nouveaux souhaits de rédaction sous la même autorité de correction.

Si Mina retenait cette formulation pour V2, elle enregistrerait un autre choix de texte. Cela ne rendrait pas fausse la phrase de V1 dans les données de l’exercice. Nous ne tranchons pas ici la préférence en lui inventant une preuve sur la lumière réelle d’une cour. Le cas porte sur deux formulations créées. La distinction peut rester concrète : E1 ne contient pas cette ligne ; le dossier de révision la conserve comme une proposition à discuter pour un état ultérieur du livre.

La feuille E1 terminée porte donc quatre destinations : total page 14, base de sélection page 27, nom dans la légende page 28 et renvoi page 46. La suggestion de la page 31 n’apparaît pas dans ce nombre. Mina peut expliquer à son proche pourquoi sa remarque n’a pas disparu, tout en lui indiquant qu’elle suit un autre traitement. L’absence d’une préférence sur la feuille ne prouve ni son rejet définitif ni son oubli. Elle préserve la différence entre réparer un résultat et choisir une nouvelle manière de le raconter.

Reprendre le dossier pour un état recomposé

Nous ajoutons une V2 entièrement stipulée comme fichier de travail recomposé, sans nouvelle impression. Deux pages sont ajoutées après la page 20 et les quatre corrections sont intégrées. L’ancien tableau reste page 14 ; le commentaire de sélection passe à 29 ; la légende à 30 ; le renvoi à 48 et sa destination à 54. Mina ne distribue pas E1 avec ce fichier comme si ses anciennes coordonnées lui convenaient encore. E1 continue de désigner V1, dont les pages imprimées restent inchangées.

Le travail sur V2 prend pour point de départ les corrections attendues, pas la recherche aveugle des anciens chiffres. Le tableau doit afficher quarante-cinq, puis le commentaire donner quinze sur quarante-cinq. La légende doit nommer Aurélie, tandis que le passage correct sur Aurélien conserve son prénom. Enfin, le renvoi page 48 doit conduire à 54. Ces résultats sont donnés présents dans notre état V2. Les anciennes erreurs de V1 restent enregistrées pour les lecteurs de cet état, sans devenir quatre erreurs prétendument découvertes une seconde fois dans V2.

Une première note d’accompagnement disait « les corrections sont dans tous les exemplaires ». Mina la retire : notre suite donne seulement un fichier V2 dans lequel elles sont intégrées. Les volumes V1 continuent de nécessiter E1. Elle choisit une formulation limitée aux supports du dossier : corrections intégrées au fichier V2 ; feuille E1 destinée au volume V1. Cette correction du message évite de donner à un travail sur fichier l’effet matériel d’une nouvelle impression qui n’a pas eu lieu dans notre exercice.

Réparer une correction mal appliquée dans un exemplaire

Nous ajoutons deux exemplaires de V1, entièrement inventés, appartenant à Lina et à Martin. Ils portaient les mêmes erreurs imprimées. Lina a suivi la première consigne ambiguë « page 14 : remplacer 37 par 45 » : elle a changé à la main le numéro de boîte en 45 et laissé le total du tableau à 37. Martin a changé le total en 45 et conservé la boîte 37. Ces annotations et leurs emplacements sont les données nouvelles du cas ; aucun livre annoté réel n'a été regardé.

La feuille E1 répond au volume de Martin sur ce point : le total porte déjà son remplacement attendu, tandis que le numéro de boîte reste correct. Lina a besoin de deux actions différentes. Elle doit restaurer 37 dans le repère de boîte, puis remplacer 37 par 45 dans la colonne Total. Mina prépare pour elle ces deux indications avec leurs emplacements. Elle ne lui demande pas de remplacer tous les 45 par 37, ce qui annulerait ensuite la bonne correction du tableau. L'erreur imprimée et l'erreur d'application appellent ici deux mouvements opposés.

Mina conserve donc une note destinée à l'exemplaire de Lina à côté de l'errata commun. Cette note ne rejoint pas E1 comme une cinquième erreur d'impression. La boîte portait bien 37 dans V1 ; le changement fautif provient de l'annotation stipulée chez Lina. Une ligne commune demandant de restaurer le numéro chez tous les lecteurs créerait une fausse correction dans l'exemplaire de Martin, où ce repère n'a jamais changé. Le même état imprimé a reçu deux interventions différentes, dont une seule réclame cette réparation supplémentaire.

Dans la suite explicitement donnée, Lina rétablit la boîte 37 et corrige le total à 45. Martin conserve sa page 14 telle qu'il l'avait annotée. Tous deux peuvent alors lire les mêmes valeurs attendues à ces deux emplacements, sans avoir suivi les mêmes instructions complémentaires. La fiche de Mina enregistre le résultat de Lina et ferme sa réparation locale. Elle garde E1 comme correctif de l'état imprimé V1, avec une adresse de total désormais précise. Le passage à une feuille plus claire a ainsi une conséquence remplie sur une erreur d'application déjà survenue.

Lina a aussi utilisé l'ancien remplacement général du prénom dans son exemplaire : la page 18, qui devait parler d'Aurélien, porte maintenant sa correction Aurélie. La légende page 28 porte également Aurélie et répond à la demande. Mina lui indique de restaurer Aurélien page 18 et de garder Aurélie dans la légende. Lina effectue ces deux choix dans notre suite. La réparation du premier emplacement ne demande pas d'annuler celle du second. Son exemplaire conserve une légende corrigée et retrouve le prénom attendu dans le récit, au lieu de recevoir un nouveau remplacement uniforme à l'envers.

Lire ensemble le volume et son correctif

Pour terminer, Mina reprend une lecture explicitement construite de V1 avec E1. Au tableau page 14, elle retrouve trente-sept dans la colonne Total et la ligne qui le remplace par quarante-cinq. Le numéro de boîte 37 ne reçoit aucun changement. Page 27, elle retrouve la reprise du mauvais total et sa propre ligne de correction. La sélection reste quinze. Le lecteur n’a donc pas à deviner que la première ligne de la feuille s’appliquerait aussi à une phrase située treize pages plus loin.

La lecture se poursuit dans la légende page 28, puis dans le renvoi page 46. E1 permet de lire Aurélie au premier emplacement et de rejoindre la page 52 depuis le second. Mina retrouve aussi le passage correct d’Aurélien page 18, qui n’apparaît pas sur la feuille. Cette vérification montre la portée locale du remplacement. Le correctif répare quatre destinations sans transformer toutes les occurrences d’un prénom ou d’un chiffre en objets de correction. Il reste associé à une version et à des passages identifiables.

Le dossier conservé distingue maintenant V1, E1 et le fichier V2. Les proches qui possèdent V1 disposent d’un correctif qui lui correspond. Un lecteur du fichier V2 rencontre un texte où les modifications sont déjà intégrées, avec d’autres coordonnées pour plusieurs passages. Mina peut reprendre le livre sans effacer l’état transmis auparavant. La correction participe ainsi à sa durée : elle ne promet pas que l’ancien volume a changé, mais lui donne les indications nécessaires pour continuer à être lu exactement.

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