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Une bibliothèque dans un livre familial : distinguer reliures, parties et éditions

Les dossiers de la Maison · Images, objets et documents

Parlons de votre livre
Lettres, photographies et épreuves sur une table de travail éditorial
Éditions privées

Images, objets et documents · 13 min de lecture

Une étagère peut donner une impression trompeuse de répétition. Trois dos portent le même titre ; un autre réunit deux parties ; le dernier assemble des éléments de deux éditions. Écrire « cinq exemplaires » paraît résumer la scène. Cela ne dit pourtant ni ce qui est répété, ni ce qui manque, ni avec quels objets un lecteur pourrait consulter un ensemble. Pour raconter une bibliothèque familiale, ces différences peuvent compter davantage que le total de dos visibles.

Nous suivons ici Marc dans une collection entièrement construite. Le titre, les éditions, les livres et leurs états sont créés pour comparer des descriptions. Aucun exemplaire réel n’a été ouvert, expertisé ou restauré. Les contenus attribués à chaque objet sont les données du cas, pas les résultats d’une inspection. Nous cherchons une page de livre familial qui présente exactement cet ensemble, sans lui inventer un possesseur ni une histoire de transmission.

Partir des objets et des parties effectivement donnés

L’œuvre de notre exercice s’intitule « Les chemins du jardin ». Son auteur n’est pas nommé. Nous posons deux éditions, A et B, comprenant chacune une partie I et une partie II. Cinq objets reliés se trouvent sur l’étagère au début du cas. X contient I de A ; Y contient II de A ; Z contient un autre I de A. W réunit I et II de B dans une seule reliure. V réunit I de A avec II de B. Ces cinq objets constituent tout l’ensemble initial.

L’état est également précisé. X manque d’une page dans I de A. Z et Y sont donnés complets pour leurs parties respectives. Les deux parties de W sont données complètes. Pour V, cette vérification n’est pas établie dans l’exercice. Aucun renseignement ne permet de déclarer que X et Y, ou Z et Y, formaient auparavant une paire. Les lettres X à V servent à suivre les objets dans le dossier ; elles ne seront pas nécessairement les noms que le lecteur rencontrera sur la page familiale.

Le titre transcrit du recueil Dickens annonce deux volumes.

Dire ce que l’on compte

Le premier total est cinq : il concerne les objets reliés. Le second est sept : trois objets contiennent une partie chacun, deux en contiennent deux chacun. Il y a encore deux éditions et un titre d’œuvre dans nos données. Aucun de ces quatre nombres ne contredit les autres. Ils ne portent simplement pas sur la même unité. Marc peut donc conserver « cinq objets reliés » dans la présentation de l’étagère et expliquer ce qu’ils renferment au lieu d’utiliser « cinq livres » comme une réponse à toutes les questions.

Le détail des parties est utile. I de A apparaît dans X, Z et V, soit trois occurrences. II de A n’apparaît que dans Y. I de B apparaît dans W ; II de B apparaît dans W et V. Les sept occurrences sont ainsi retrouvées : trois, une, une et deux. Ce relevé montre pourquoi trois occurrences de I ne constituent pas trois ensembles A. La partie II de cette édition n’a qu’une occurrence dans la collection initiale.

Une photographie montrant les cinq reliures pourrait accompagner ce relevé si le projet disposait réellement de cette image. Elle ne remplacerait pas les renseignements sur leur contenu. Dans notre exercice, aucune photographie n’est utilisée. Marc propose seulement une description où chaque objet reste identifiable. Il ne donne pas à W deux numéros d’objet parce qu’il contient deux parties, et ne rassemble pas X et Y sous un numéro unique parce que leurs chiffres semblent se compléter.

Si le livre familial retient un seul nombre dans son titre de page, Marc choisit donc « cinq objets reliés autour d’une œuvre ». Le commentaire précise les sept parties présentes et leurs éditions. Ce choix ne prétend pas définir le mot livre pour tous les catalogues. Il donne au lecteur une convention compréhensible pour l’ensemble montré. Une autre page pourrait compter les œuvres ; elle devrait annoncer cette autre unité au lieu de recevoir silencieusement le total de l’étagère.

Distinguer un ensemble de consultation d’une paire historique

Marc peut consulter I de A dans Z, puis II de A dans Y. Les données stipulent que ces deux parties sont complètes. Il dispose donc d’un ensemble de lecture A réparti entre deux objets. Cela ne permet pas d’affirmer que Z et Y ont été achetés ensemble, reliés pour la même personne ou réunis dans la bibliothèque depuis leur impression. Ces liens ne figurent pas dans le cas. Le choix actuel d’une paire de consultation ne crée pas son origine historique.

La description retenue dit « parties I et II de A consultables dans Z et Y ». Une première rédaction disait « exemplaire complet A, composé de Z et Y ». Elle semblait plus courte mais donnait à leur réunion un statut trop assuré. Marc la retire. Il ne renonce pas à leur lecture ; il distingue ce qu’il peut faire maintenant de ce qu’il peut raconter de leur association. Le livre familial peut transmettre ce rassemblement actuel comme un choix de présentation, sans le faire remonter à une époque inconnue.

X offrirait également un début de A, mais sa page manquante modifie la consultation possible. Marc ne remplace pas Z par X dans l’ensemble complet annoncé. Il peut montrer X pour une autre raison, à condition de conserver son état. Dans notre cas, aucune marque ou annotation ne donne cette raison supplémentaire. Il choisit donc Z et Y pour les passages où il souhaite offrir les deux parties complètes. X garde une place dans l’inventaire, sans être traité comme l’équivalent exact de Z.

V pourrait être utilisé pour commencer la lecture de A, mais sa complétude n’est pas renseignée. Il ne rejoint donc pas automatiquement la proposition établie à partir de Z et Y. Marc peut le décrire comme contenant I de A. Il ne peut pas, avec nos seules données, l’annoncer comme un remplacement complet de Z. Cette différence est concrète : une occurrence supplémentaire de la bonne partie augmente le nombre de parties présentes, pas le nombre d’ensembles dont la complétude est donnée.

Ne pas rendre un assemblage homogène par son seul numéro

V possède bien une partie I et une partie II. Il est tentant de le ranger avec W sous « les livres réunissant les deux parties ». Cette rubrique décrit une caractéristique matérielle, mais elle devient insuffisante si le lecteur cherche une édition entière. W contient les deux parties de B. V contient I de A et II de B. Son chiffre II ne complète donc pas I à l’intérieur d’une même édition. L’ordre des chiffres n’efface pas les lettres de leur provenance éditoriale.

La page de Marc distingue deux descriptions : « W : deux parties de B réunies » ; « V : assemblage de I de A et II de B ». Il ne décrit pas V comme une troisième édition. Le cas donne un assemblage matériel, sans lui attribuer une publication nouvelle. Il ne suppose pas davantage qu’un relieur a cherché à corriger une lacune. Aucune intention de ce type n’est fournie. La présence des deux parties se décrit déjà sans expliquer la décision qui les a réunies.

Pour la lecture, W est donné complet dans B. Cela ne fait pas de lui le remplacement de Z et Y dans A. Nous n’avons pas comparé le texte des deux éditions et ne possédons aucune équivalence affirmée entre leurs passages. Un lecteur peut choisir B comme ensemble disponible ; Marc conserve ce choix dans son intitulé. Dire « consulter la suite dans W » après un passage de A laisserait croire à une continuité textuelle que notre dossier ne permet pas de garantir.

Le titre Stevenson consulté indique volume I et septième édition.

Dans notre collection, les repères d’édition et de partie sont donc tous deux nécessaires. Le premier sépare A de B, le second situe I ou II dans l’édition choisie. Un nom de reliure ou une couleur pourrait aider à retrouver l’objet, mais ne remplacerait pas ces deux renseignements. Marc ne possède pas de données de couleur pour X à V. Il ne les ajoute pas afin de produire une scène plus agréable ou de rendre les objets plus faciles à reconnaître.

Ne pas confondre une lacune de l’objet avec un autre état éditorial

Une page manque dans X ; Z est donné complet pour la même partie I de A. Dans notre cas, le manque concerne donc l’état de X. Il ne définit pas une partie I plus courte publiée sous A. Marc peut montrer cette différence entre les deux objets sans rebaptiser X « édition abrégée ». Le terme ferait passer une absence donnée dans un exemplaire pour un choix de publication que le dossier n’a pas fourni.

L’édition Boswell consultée est annoncée comme abrégée.

Cette annonce historique appartient à cet état éditorial. Pour X, nos données indiquent seulement une page absente. Si Marc souhaite rendre accessible le passage correspondant, il peut orienter vers Z, où la même partie est donnée complète. Ce renvoi de consultation n’ajoute pas matériellement une page à X. Il ne suffit pas à modifier sa description dans l’inventaire. Le lecteur peut retrouver un contenu tout en continuant à rencontrer un objet incomplet sur l’étagère.

Marc imagine une page du livre familial montrant côte à côte les descriptions de X et Z. Il retient la différence donnée : même partie et même édition dans le cas, états distincts. Il ne raconte ni découpage volontaire, ni perte lors d’un déménagement, ni lecture particulièrement intense qui aurait usé X. Ces explications ne sont pas nécessaires pour faire comprendre le choix de Z comme appui de consultation. L’état matériel peut recevoir une description sans que le livre lui fournisse immédiatement une cause.

Cette comparaison ne permet pas non plus de qualifier tous les autres objets de complets. Le renseignement donné pour Z et Y ne se propage pas à V. Le fait que W réunisse les deux chiffres I et II ne suffirait pas seul ; sa complétude est une donnée supplémentaire de l’exercice. Marc garde donc deux champs dans son relevé : parties présentes et état renseigné. Une case vide dans le second n’annule pas les parties connues dans le premier, mais conserve la limite de la description.

Suivre un déplacement sans diminuer la collection

À un deuxième moment, Marc place Y dans une boîte de préparation, afin de travailler sur sa page de livre. L’objet reste dans la collection donnée. L’étagère contient maintenant quatre objets et six parties : X, Z, W et V. La collection contient toujours cinq objets et sept parties, puisque Y est ailleurs dans son périmètre. Deux totaux peuvent être employés, mais le texte doit préciser lequel il décrit.

Sur la seule étagère, II de A n’est plus présente. Dans la collection, elle reste présente dans Y. Écrire « la famille ne possède plus II » à partir du relevé de l’étagère confondrait ces deux périmètres. La phrase choisie est « II de A se trouve dans la boîte de préparation ». Le déplacement renseigne alors le lecteur sur une destination actuelle, sans devenir une disparition ni un épisode de cession que notre dossier ne contient pas.

L’ensemble de lecture Z et Y demeure possible dans la collection, mais demande deux lieux de consultation. Si Marc promet une lecture avec les seuls objets de l’étagère, cette promesse n’est plus satisfaite pour A. Il peut remettre Y sur l’étagère ou annoncer où il se trouve. Décrire correctement le nombre d’objets ne suffit donc pas à décrire l’accès choisi : les cinq objets existent dans le périmètre, mais les quatre visibles ne fournissent pas le même ensemble.

Lorsque Y revient sur l’étagère dans une suite expressément posée, le total local retrouve cinq objets et sept parties. La collection n’en gagne pas un sixième. Le retour déplace un objet déjà compté. Marc garde sa même entrée Y et actualise son emplacement. Il n’ajoute pas une nouvelle occurrence de II de A pour chaque déplacement. Cette continuité permet de raconter le travail sur les livres sans multiplier artificiellement les livres présents.

Décrire l’arrivée d’une autre partie sans fermer toutes les questions

Une suite différente ajoute réellement un objet U, contenant II de A complète. La collection atteint alors six objets et huit parties. Les occurrences de II de A passent à deux, dans Y et U, tandis que I de A reste représentée trois fois. Marc peut choisir Z avec Y ou Z avec U pour une consultation complète explicitement donnée. Ces deux choix utilisent toutefois le même Z. Ils ne constituent pas deux ensembles complets disponibles simultanément sans partager cet objet.

Pour former deux ensembles distincts dont la complétude est donnée, il faudrait une seconde occurrence complète de I de A. X est incomplet et l’état de V reste ouvert. L’arrivée de U a donc résolu un manque de répétition de II sans résoudre celui d’un second I complet. Cette conséquence est plus précise que « la collection est maintenant doublée ». Le nombre d’occurrences de chaque partie et leur état demeurent nécessaires pour comprendre les possibilités nouvelles.

Marc peut décrire un second parcours utilisant I de V avec II de U, mais doit conserver la limite sur V. Il le présente comme un ensemble dont le début reste à vérifier, pas comme le second ensemble complet. Il ne propose aucun démontage de reliure : lire la première partie contenue dans V ne demande pas de détacher celle de B qui la suit. Le livre décrit une consultation entre objets ; il ne prescrit pas une transformation matérielle de ces objets.

Donner au lecteur un inventaire qui garde ses unités

La page retenue présente les cinq objets initiaux, leurs parties et les états donnés. Elle explique ensuite la consultation choisie dans Z et Y, puis distingue le déplacement de Y de l’arrivée de U. Les six objets de cette suite ne remplacent pas rétroactivement les cinq de l’état initial. Le titre de l’œuvre reste un point commun, tandis que les lettres A et B organisent les éditions rencontrées dans les descriptions.

Marc peut ainsi transmettre une bibliothèque sans la réduire à un total de reliures ni lui inventer une collection parfaitement homogène. Les répétitions, l’assemblage mixte et la page manquante deviennent des renseignements utiles pour choisir ce que l’on montre et ce que l’on peut consulter. La page familiale ne promet pas un parcours de possession encore inconnu. Elle offre un ensemble actuel décrit assez précisément pour que sa prochaine modification puisse être comprise.

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