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Une page de livre familial : choisir les coupures sans perdre les groupes du texte

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Lettres, photographies et épreuves sur une table de travail éditorial
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Images, objets et documents · 17 min de lecture

Un passage peut tenir dans le nombre de pages prévu et mal supporter la coupure choisie. Le titre reste en bas d’une page, la première ligne arrive seule sur la suivante, ou une note disparaît parce que l’on avait rempli tout l’espace avec le récit. Pour discuter ces problèmes, il faut donner les éléments que la composition doit conserver ensemble, puis vérifier une proposition complète. Un total de place disponible ne choisit pas les coupures à notre place.

Nous construisons ici des pages abstraites pour un livre familial fictif préparé par Nora avec Camille. Les largeurs des mots, les espaces, les capacités de lignes et les exigences sont entièrement stipulés. Aucune police réelle, maquette, épreuve ou lecture n’a été testée. Les unités ne sont ni des points typographiques ni des millimètres. Nos règles de coupure n’énoncent pas un usage professionnel universel ; elles permettent seulement de comparer des décisions renseignées dans ce dossier créé.

Hugo décrit une salle. Hugo.

Lélio est un chanteur. Sand.

Le narrateur arrive à Liverpool. Verne.

Ces portées ont été consultées textuellement. Nous ne mesurons pas les lignes de leurs éditions et n’empruntons pas leur composition aux pages suivantes. Le contenu, les mots et les règles de place de notre exercice sont distincts de ces lectures. Le choix rempli concernera le texte conservé, sa coupure et les éléments qu’il doit garder auprès de lui.

Une place totale ne donne pas encore deux lignes

Commençons par quatre mots, de largeurs six, six, quatre et quatre, dans cet ordre, avec un espace d’une unité entre deux mots sur la même ligne. Deux lignes de largeur douze offriraient vingt-quatre unités. Les mots avec leurs trois espaces en demanderaient vingt-trois si l’on additionnait simplement tout. Pourtant, les deux six ne tiennent pas ensemble : leur groupe demanderait treize. Le premier six doit occuper une ligne seul ; le second ne peut pas accueillir les deux quatre. Il faut donc plus de deux lignes sous ces seules règles.

Nora accepte une largeur de treize pour une autre proposition. Les deux premiers mots occupent alors treize avec leur espace ; les deux derniers neuf. Elle retient ces deux lignes, sans inverser les mots. Nous gardons ce cas bref : le contraste entre une quantité totale et un placement admissible est déjà connu de nos exercices de formes. Un groupe de deux mots que l’on interdirait de séparer poserait également une question d’indivisibilité. La suite porte sur d’autres choix, propres aux coupures et aux éléments qui accompagnent le passage.

Un tiret de coupure utilise une place sans ajouter un mot au texte

Notre nouvelle ligne possède une largeur de dix. Un mot long a une largeur stipulée de onze. Dans ce modèle, sa seule coupure autorisée sépare un début de largeur cinq et une fin de largeur six. Le projet exige alors un tiret d’une unité après le début, en fin de ligne. Cette possibilité est donnée pour l’exercice ; nous ne certifions aucune césure d’un mot français réel. Le mot entier reste le même mot, mais sa représentation sur deux lignes comporte ce signe supplémentaire.

Nora refuse d’abord la proposition qui inscrit le mot entier sur une ligne de dix en annonçant qu’il ne prend que dix. Elle conserve onze pour le mot. Elle choisit ensuite la coupure donnée : cinq pour le début, plus un pour le tiret, soit six sur la première ligne ; six pour la fin sur la seconde. Les deux représentations tiennent dans la largeur de dix. Camille reçoit cette proposition et retire le mot entier qui dépassait de son premier dessin. Aucun fragment verbal n’est supprimé pour obtenir la place ; la coupure transforme la présentation du mot entier conservé.

Une autre proposition veut faire occuper toute la première ligne au début du mot et à un petit élément graphique ajouté, sans espace supplémentaire dans ce modèle. Ce dernier a une largeur stipulée de cinq. Les cinq du début et les cinq de cet élément semblent retrouver dix, mais le tiret obligatoire demanderait encore un : onze au total. Nora refuse cette proposition. Elle place le petit élément ailleurs dans les données de cette branche, puis conserve les six de la première partie avec son tiret. Camille n’annonce plus une ligne pleine de dix qui n’aurait tenu qu’en faisant disparaître le signe demandé.

Camille propose alors de supprimer le tiret, puisque les deux morceaux du mot suffiraient selon elle à le retrouver. Nora ne lui répond pas par une règle de langue générale : leur projet avait expressément demandé ce signe lorsqu’une coupure était utilisée. Elles comparent donc deux accords différents. Camille peut demander de retirer cette exigence dans une branche nouvelle ; elle ne peut pas retirer le signe de la proposition remise tout en continuant à annoncer qu’elle satisfait l’accord initial. Elle accepte finalement de garder le tiret et de déplacer le petit élément, plutôt que de changer leur règle.

Une branche distincte donne enfin une largeur de douze. Nora choisit d’y placer le mot entier de onze sur une ligne. La coupure n’est plus utilisée et le tiret de fin de ligne n’apparaît pas dans cette représentation. Camille avait gardé le signe au milieu du mot en recopiant les deux morceaux côte à côte ; elle le retire selon la convention créée, qui n’en demandait la présence que pour cette coupure sur deux lignes. Le mot lexical reste identique dans les deux propositions. Le relevé conserve une représentation coupée de six puis six, et une représentation entière de onze, sans compter le signe comme une nouvelle partie verbale commune aux deux.

Déplacer le titre avec le début qui doit lui répondre

Dans un autre cas, chaque page offre quatre lignes. Trois lignes de texte précédent occupent déjà la première page. Le titre de la section suivante prend une ligne et son premier passage deux lignes. Nora et Camille ont donné une exigence précise : le titre doit partager sa page avec au moins la première ligne de ce passage. Cette condition ne demande pas encore de garder tout le passage sur cette page. Elle concerne le titre et le début qui lui est effectivement rattaché.

La première proposition place le titre sur la quatrième ligne disponible, puis les deux lignes du passage sur la page suivante. Nora la refuse. Le titre tient matériellement dans sa ligne, mais la proposition ne respecte pas leur exigence de voisinage. Elle le déplace au début de la seconde page, suivi des deux lignes du passage. Camille conserve alors une ligne libre au bas de la première page et trois lignes occupées sur la seconde. Le vide n’indique pas une phrase retirée du manuscrit ; il résulte de la coupure choisie pour maintenir le groupe demandé.

Camille essaie de remplir le vide en y replaçant la première ligne du passage, tout en gardant le titre sur la seconde page. Nora refuse cette autre disposition. Elle ferait lire le début avant le titre auquel le projet le rattache et laisserait le titre auprès de la seconde ligne seulement. L’accord précis ne cherchait pas seulement une ligne de texte près du titre : il nommait la première. Camille retire donc ce déplacement et rétablit le titre puis le début sur la deuxième page. Les deux lignes du passage restent dans leur ordre donné, au lieu de devenir des morceaux interchangeables destinés à occuper un espace.

Une autre branche remplace les trois lignes précédentes par deux, sans changer le contenu de la nouvelle section. La première page offre désormais deux places. Nora choisit d’y placer le titre, puis la première ligne du passage. La seconde ligne rejoint la page suivante. Cette proposition remplit l’exigence initiale, qui ne demandait que le titre avec la première ligne. Camille avait annoncé qu’elle devait encore déplacer les trois lignes ensemble ; elle retire cette obligation de son compte rendu. Le projet conserve ici une coupure à l’intérieur du passage, mais pas entre le titre et son début.

Camille demande ensuite de garder les deux lignes du passage avec le titre. Nora accepte cette exigence supplémentaire dans une branche distincte. Le groupe prend trois lignes et ne tient plus dans les deux restantes de la première page. Elle choisit de le placer entièrement sur la seconde, laissant deux lignes libres avant la coupure. La nouvelle disposition ne prouve pas que la précédente était fautive sous l’ancien accord. Elle répond à un groupe plus grand, explicitement demandé. Camille conserve donc les deux propositions avec leurs conditions, au lieu d’attribuer au seul mot « ensemble » deux portées différentes dans la même décision.

Réserver la place de la note avant de fermer sa page

Le cas suivant donne cinq lignes par page et un passage de cinq lignes, numérotées seulement pour l’exercice. Une note de deux lignes se rapporte à la quatrième. L’accord exige que la note entière partage la page de cette ligne, sans être divisée. Les numéros de travail permettent de désigner le passage ; ils ne sont pas des références d’un livre existant. Nora doit maintenant choisir les coupures en tenant compte de la place qui accompagnera cette ancre.

Camille avait placé les cinq lignes du passage sur la première page, puis les deux lignes de note sur la suivante. Nora refuse cette composition. Les cinq lignes principales remplissent la capacité, mais ne laissent aucune place à la note auprès de la quatrième. Elle ne décrit pas celle-ci comme un supplément arrivé après la fermeture de la page : elle faisait partie des éléments à conserver. Nora retire donc la première coupure, qui séparait le passage complet et la note, même si aucun des deux textes n’avait été raccourci.

Nora choisit de conserver les trois premières lignes sur la première page. La quatrième et la cinquième vont sur la seconde, avec les deux lignes de note. Cette seconde page utilise quatre places sur cinq ; la première en utilise trois. Camille accepte cette proposition et retire la note de son emplacement séparé. Le passage reste dans son ordre initial. Les deux lignes libres à la fin de la première page ne correspondent ni à une note perdue ni à deux phrases à inventer. Elles permettent à l’ancre de commencer une page où sa note entière trouve également sa place.

Camille propose de garder quatre lignes principales sur la première page et de n’en déplacer qu’une. Nora calcule cette proposition avec la note demandée : les quatre lignes principales et les deux de note feraient six pour une capacité de cinq. Déplacer la dernière ligne principale ne suffit donc pas. Nora refuse aussi de ne mettre qu’une ligne de note auprès de l’ancre en envoyant l’autre sur la page suivante, puisque la note était donnée comme indivisible. Camille revient au partage de trois puis deux lignes principales, et conserve les deux lignes de note ensemble sur la seconde page.

Une branche nouvelle rattache la même note à la troisième ligne plutôt qu’à la quatrième. Ce changement de rattachement est expressément donné ; Nora ne le déduit pas de la place qu’elle souhaite gagner. Elle peut alors choisir trois lignes principales plus les deux de note sur la première page, soit cinq, puis les deux dernières lignes principales sur la seconde. Camille retient cette proposition pour la nouvelle ancre. Le nombre de pages n’a pas changé, mais les éléments que chacune contient ont changé avec la relation de la note au passage. Nora n’annonce pas cette disposition comme correcte pour l’ancienne ancre à la quatrième ligne.

L’auteur du passage de l’exercice confirme ensuite qu’il souhaite garder l’ancre initiale sur la quatrième ligne. Nora conserve donc la note sur la seconde page dans la version remise. Elle retire de la première page la note qu’elle avait essayée dans l’autre branche et rétablit ses deux lignes libres. Le choix ne consiste pas à trouver une page suffisamment pleine pour y déposer la note : il part du rattachement effectivement retenu. Camille reçoit une version avec ses cinq lignes principales et ses deux lignes de note, puis vérifie chacune des deux pages selon cette même relation.

Deux lignes de chaque côté ne demandent pas un paragraphe entier

Une autre préparation possède un paragraphe de quatre lignes. La première page n’en offre plus que trois, tandis que la suivante peut en accueillir quatre. Nora et Camille fixent une condition pour une éventuelle division : au moins deux lignes du paragraphe sur chaque page concernée. Elles n’interdisent pas la division en elle-même. Les quatre lignes sont données dans leur ordre ; aucune ne peut être raccourcie ou supprimée pour modifier la demande.

La proposition qui place trois lignes sur la première page et une sur la seconde ne respecte pas cette condition. Nora la retire et choisit deux lignes puis deux. Camille laisse donc une des trois places initialement disponibles libre, puis conserve deux lignes de paragraphe sur la page suivante. Elle ne remonte pas la troisième ligne pour remplir ce vide : cela rétablirait précisément la seule ligne isolée après la coupure. La proposition remise donne une division complète du texte, avec le minimum demandé de chaque côté et sans ligne principale manquante.

Camille demande maintenant de ne pas diviser le paragraphe du tout. Nora accepte ce changement dans une branche distincte et place les quatre lignes sur la page suivante. Les trois places disponibles sur la première restent libres. Elle n’annonce pas que deux puis deux satisfaisait déjà cette nouvelle demande. Le minimum de deux de chaque côté réglait la manière de diviser ; garder le paragraphe entier retire la division. Les deux réponses préservent les mêmes quatre lignes, mais ne conservent pas le même groupe matériel lors du changement de page.

Cette différence intervient dans une autre proposition contenant un paragraphe de sept lignes, avec cinq places par page. L’exigence de le garder entier ne trouve aucune page dans ce modèle, quel que soit le nombre de pages ajoutées. Nora refuse donc de promettre une solution par le seul ajout d’une troisième page. Camille accepte à la place de permettre une division avec au moins deux lignes sur chaque page concernée. Elles choisissent quatre lignes sur une page et trois sur la suivante. Le nouveau résultat conserve le paragraphe complet dans le livre, mais retire expressément l’exigence de le conserver entier sur une seule page.

Nora prépare finalement les deux versions distinctes : le paragraphe de quatre lignes entier sur la page suivante, puis le paragraphe de sept lignes divisé en quatre et trois dans son autre cas. Camille avait décrit les deux comme des paragraphes « non coupés ». Elle corrige cette formule. Dans le premier, aucune coupure interne n’est donnée ; dans le second, elle est effectivement choisie et ses deux parties satisfont le minimum accepté. Une décision sur la présence de toutes les lignes ne doit pas effacer la décision différente sur les pages qui les séparent.

Une note et un début de paragraphe doivent trouver place ensemble

La dernière préparation combine des règles déjà renseignées. Chaque page offre cinq lignes. Deux lignes précédentes occupent la première. Un paragraphe de quatre lignes doit conserver au moins deux de ses lignes sur chaque page s’il est divisé. Sa troisième ligne porte l’ancre d’une note de deux lignes, entière sur la même page. Nora et Camille veulent conserver toutes ces conditions ensemble, au lieu de vérifier le paragraphe et la note dans deux dessins incompatibles.

Nora choisit deux lignes du paragraphe sur la première page : avec les deux précédentes, quatre places sont occupées et une demeure libre. Les deux dernières lignes du paragraphe vont sur la seconde page avec les deux lignes de note, soit quatre places également. Camille vérifie que l’ancre, troisième ligne du paragraphe, est bien sur cette seconde page. Elle retire la version qui conservait la note sur la première au motif que son texte avait été rédigé auparavant. Dans la proposition remise, son rattachement détermine sa page ; l’ordre de rédaction de la note ne lui donne pas un autre emplacement.

Un titre d’une ligne est ensuite ajouté avant le paragraphe, avec l’exigence de partager la page de sa première ligne. Nora choisit de le placer après les deux lignes précédentes, puis de conserver les deux premières lignes de paragraphe. La première page utilise maintenant cinq places. La seconde garde les deux lignes finales et la note entière, quatre places. Camille accepte cette proposition combinée. Nora ne fait pas passer le titre au début de la deuxième page, où le paragraphe serait déjà commencé : elle utilise la place restée libre dans le choix précédent, tout en conservant les deux parties du paragraphe et l’ancre de la note.

Une nouvelle version de la note prend désormais quatre lignes, au lieu de deux. Ce texte plus long est stipulé comme une matière ajoutée dans notre exercice ; Nora ne prétend pas l’obtenir par un changement de police réel. La page qui contient l’ancre devrait recevoir au moins deux lignes de paragraphe et les quatre de note, soit six pour une capacité de cinq. Une page supplémentaire ne résout pas cette incompatibilité si l’on maintient la note entière auprès de son ancre et le minimum de deux lignes du paragraphe sur chacune de ses pages. Nora retire donc la proposition qui ajoutait seulement une page blanche à la fin du livre en annonçant que la note y trouverait automatiquement sa place.

Camille choisit expressément une autre exigence : cette note plus longue sera conservée entière dans une partie de notes séparée, sans devoir partager la page de son ancre. Nora maintient alors le titre avec les deux premières lignes du paragraphe sur la première page, les deux lignes finales sur la seconde, puis les quatre lignes de note sur une page distincte. Elle donne à l’ancre un renvoi vers cette note et accepte cette nouvelle séparation avec Camille. La solution garde tout le contenu et le minimum de lignes de paragraphe, mais retire la proximité imposée auparavant. Elle ne présente pas cette concession comme une proximité qu’une page supplémentaire aurait miraculeusement préservée.

Le relevé final conserve les conditions réellement choisies avec chaque proposition. Un mot peut rester entier ou recevoir une coupure autorisée ; un titre voyage avec un début précisément nommé ; une note reçoit la place qu’exige son ancre ; un paragraphe conserve ses lignes selon le groupe accepté. Ces choix concernent nos pages créées. Dans un livre réel, la composition devrait ensuite être éprouvée sur les textes, les caractères et les pages effectivement disponibles, sans prendre les nombres de cet exercice pour une épreuve déjà réalisée.

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