Une page retrouvée peut demander au lecteur de choisir une autre suite, tout en conservant ce qui a déjà été raconté. Dans le livre créé ici, Nora prépare des renvois entre un début, une lettre et plusieurs fins. Camille souhaite pouvoir reprendre la lettre avant de choisir une fin. Leur préparation doit donc distinguer les pages disponibles, les passages effectivement accomplis dans la lecture choisie et les affirmations que sa dernière page pourra conserver. Un renvoi vers le début ne suffit pas à déterminer ce qui recommence.
Les pages, les choix et les personnages sont entièrement inventés. Nous suivons seulement les transitions expressément autorisées dans un modèle de lecture sur papier. Aucun fichier, programme, livre numérique ou manuscrit familial réel n’est fabriqué ni essayé. Rien n’est annoncé sur le comportement effectif de lecteurs. Les petits modèles de parcours ne sont pas une invention mathématique. Nous donnons leurs règles pour pouvoir comparer des propositions éditoriales remplies, avec leurs textes de fin et les suites qu’elles permettent.
Un couple cultive des fèves. Nodier.
Anastase demande un conte. Nodier.
Théodore vit parmi les livres. Nodier.
Rejoindre le début avec une lettre déjà lue
Notre première proposition donne un début E, une lettre L et une fin F. Au départ, la lettre n’est pas lue. E permet d’aller à L ; la lecture de L est suivie d’un retour à E, qui conserve la lettre comme déjà lue. Depuis ce nouvel état de E, on peut choisir F. Cette fin demande que la lettre ait été lue. Les lettres E, L et F sont des noms de pages du modèle, pas des positions dans un exemplaire existant.
Nora remplit E, L, E, F. Sa première note demandait de traiter le deuxième E comme un nouveau départ où la lettre serait encore inconnue. Elle la retire : le renvoi donné conservait précisément la lecture accomplie. Camille conserve le retour à la même page, mais cesse de raconter une deuxième lettre reçue à cet endroit. Une autre proposition pourrait remettre le récit à zéro par une règle nouvelle. Notre correction se limite à maintenir ce que la règle initiale conservait déjà, sans donner au nom de la page une opération qu’il ne contient pas.
Camille demande ensuite de relire L avant la fin. Nora ajoute expressément le renvoi de E vers L même lorsque la lettre est déjà lue. La suite choisie devient E, L, E, L, E, F. Le contenu de L reste celui de la même lettre ; la deuxième consultation ne crée pas un second document. Un compteur séparé, lorsqu’il sera ajouté, pourra compter deux passages dans L. Le renseignement « lettre lue » et le nombre de consultations ne seront alors pas un seul champ. Cette distinction élémentaire ferme le commencement sans encore remplir le choix des fins.
Une fin accessible n’arrête pas tous les parcours permis
La proposition suivante conserve les deux renvois disponibles depuis E après lecture : reprendre L ou aller à F. Il n’existe aucune limite au nombre de reprises de L. Nora veut annoncer que chaque parcours autorisé finit. Camille lui donne pourtant une suite qui choisit L à chaque retour : E, L, E, L, E, L, et ainsi de suite. Chaque pas respecte la proposition. Nora retire donc l’annonce de fin pour tous les parcours, sans retirer F des pages disponibles. Atteindre une fin reste possible ; choisir continuellement l’autre renvoi reste également autorisé.
Camille ne souhaite pas supprimer toute reprise de la lettre. Elle demande exactement une première consultation et, au choix, une seconde avant la fin. Nora retient cette demande plutôt que la proposition sans limite. Elle ajoute un compte de passages dans L, nul au départ. Le premier L le porte à un ; le second à deux. À E avec un passage, reprendre L ou choisir la fin reste permis. À E avec deux, reprendre L n’est plus permis. Nora change effectivement ce dernier renvoi de la proposition active, au lieu d’écrire seulement dans son introduction que la lecture devrait s’arrêter.
Il reste alors deux suites complètes de consultations : L puis fin, ou L puis L puis fin, avec E entre les pages. Nora réalise la première dans sa préparation ; Camille réalise la seconde. Elles ne réunissent pas les deux sous le récit d’une même lecture qui aurait fini après un passage et continué ensuite sans règle nouvelle. Chaque suite possède son terme propre. Camille conserve la relecture qu’elle demandait, mais renonce aux troisième et quatrième consultations. Ce renoncement est une conséquence acceptée du projet retenu, pas une supposition sur la lassitude future d’un lecteur.
Nora avait prévu une troisième fin portant le texte « après trois consultations de la lettre ». Elle la retire de la proposition : le compte ne peut plus atteindre trois. Elle ne sauve pas cette page en inventant un passage dans L entre E et la fin. Les deux consultations permises restent les seules qui augmentent le compte. Camille accepte de garder les deux fins correspondant à un et deux passages. Le choix de fermeture a donc modifié le nombre de fins renseignées, avec une page réellement retirée du plan. Une fin écrite n’est pas devenue accessible simplement parce qu’elle avait son titre et son paragraphe.
Camille souhaitait appeler les deux fins « première lettre » et « deuxième lettre ». Nora refuse ces titres et les remplace par « une consultation » et « une reprise ». L désigne toujours le même document dans leur fiction. Le second parcours n’a ni autre expéditeur ni autre contenu de lettre. Les nouveaux titres maintiennent donc les deux fins demandées sans leur attribuer deux pièces. Nora remet à Camille les deux textes de fin avec ces titres corrigés. Ce changement porte sur les événements que chaque fin nomme, après que les renvois ont déjà donné leurs deux consultations possibles.
Nora vérifie aussi la portée de la fermeture choisie : tout passage dans L augmente le compte, E n’offre aucun renvoi vers lui-même et les fins n’offrent pas de retour dans cette proposition. Chaque suite autorisée a donc au plus deux passages dans L avant sa fin. Elle ne présente pas cette conclusion comme une propriété générale d’un livre à choix. Camille avait proposé un bouton fictif « attendre à E » qui permettrait de revenir à E sans consulter L ni finir. Nora le retire également du plan actif. Cette boucle indépendante aurait conservé des parcours sans fin malgré la limite donnée aux consultations.
Ajouter une réponse change le catalogue des suites complètes
Une nouvelle proposition ajoute la page R, où un personnage rédige une réponse à la lettre dans la fiction. Pour cet exercice, R est consultable une seule fois, avant ou après L. Elle n’exige pas de lecture préalable de L : une réponse antérieure à cette lecture est expressément permise comme événement créé. L reste consultable une ou deux fois. Chaque consultation revient à E. La fin demande au moins un L et exactement un R. Il n’existe aucun autre retour, aucune attente sur place et aucune action entre deux pages.
Nora prépare d’abord R, L, fin ; Camille prépare L, R, fin. Elles gardent leurs deux parcours sans donner le même ordre aux actions racontées. Dans le premier, la réponse de la fiction précède la consultation de la lettre ; dans le second, elle la suit. Nora corrige la phrase commune disant que « la réponse a été rédigée après lecture ». Elle convient à la suite de Camille, mais pas à la sienne. La présence d’une lettre lue et d’une réponse rédigée au terme des deux lectures ne rend pas leur succession identique. Leur dernier passage dans E conserve une histoire à laquelle le texte de fin doit encore correspondre.
Avec deux consultations de L, trois suites supplémentaires sont permises : R, L, L ; L, R, L ; L, L, R. Nora complète son plan avec ces trois parcours, au lieu de copier trois fois la fin précédente. Le premier fait rédiger la réponse avant toute consultation ; le deuxième la place entre les deux ; le troisième après les deux. Camille retient L, R, L dans une réalisation distincte. Elle consulte L, suit R, revient consulter L, puis choisit la fin. Elle n’attribue pas à la première consultation une réponse qui se trouve encore à venir dans ce parcours.
La page R comporte un texte créé qui constate seulement que la réponse est rédigée. Nora avait ajouté au même endroit « tu viens de terminer ta deuxième consultation ». Cette phrase serait exacte dans L, L, R, mais fausse dans les autres suites où R est accessible. Elle la retire du texte commun de R et conserve l’événement propre à cette page. Camille reçoit ainsi un R utilisable dans chacune des positions données. Le retrait ne fusionne pas les positions : leurs différences seront renseignées dans les fins. Une page partagée peut garder son événement sans porter une phrase qui suppose une seule de ses voies d’arrivée.
Nora refuse également de présenter les cinq suites comme cinq quantités de lettres différentes. Elles utilisent le même L et le même R, avec un ou deux passages dans L. Le nombre de parcours complets concerne les combinaisons d’ordre permises par leur proposition, pas cinq histoires effectivement réalisées par un destinataire unique. Elle conserve les cinq dans le catalogue de préparation et ne raconte comme accomplies que les suites choisies séparément par Nora ou Camille. Cette séparation empêche le relevé des possibilités d’ajouter rétroactivement à leur lecture les consultations qu’elles n’ont pas choisies.
Deux comptes égaux peuvent encore demander des fins différentes
Les trois suites R, L, L ; L, R, L ; L, L, R terminent avec deux consultations de L et une de R. Nora avait prévu de choisir automatiquement le même paragraphe final dès que ces comptes seraient égaux à deux et un. Camille lui présente les trois suites : la réponse est antérieure à la lettre dans la première, intercalée dans la deuxième et postérieure aux deux consultations dans la troisième. Le compteur suffit à nommer combien de fois les pages ont été consultées. Il ne suffit pas à sélectionner une affirmation sur la place de la réponse parmi ces consultations.
Pour une première correction limitée, Nora veut seulement distinguer réponse avant toute lecture et réponse après une lecture. Elle ajoute donc le souvenir de la première page d’action : R ou L. Ce champ est fixé au premier passage et conservé ensuite. Nora choisit R, L, L et garde R comme premier acte ; Camille choisit L, L, R et garde L. Le retour à E ne remplace pas ce souvenir par la dernière page consultée. Le texte commun de fin est retiré et remplacé par deux passages correspondant à ces deux premiers actes, sans déplacer R dans les parcours qui viennent d’être réalisés.
La fin de Nora dit que la réponse avait précédé les deux consultations de la lettre. Celle de Camille dit que la réponse a suivi une première consultation, sans annoncer encore qu’elle serait intervenue entre les deux. Camille demande alors une formulation plus précise pour son parcours L, L, R : la réponse suit les deux consultations. Nora reconnaît que le seul premier acte L ne départage pas cette suite de L, R, L. Elle conserve la première correction pour sa demande limitée, mais ne promet pas à Camille la nouvelle précision à partir de ce même champ incomplet.
Elles choisissent ensuite une seconde correction, effectivement plus précise : au moment de R, le modèle conserve le nombre de consultations de L déjà accomplies. Il vaut zéro dans R, L, L ; un dans L, R, L ; deux dans L, L, R. Les comptes finaux restent deux et un pour les trois, mais ce nouveau renseignement sélectionne désormais trois formulations différentes. Camille réalise L, R, L dans cette proposition et reçoit la fin qui place la réponse entre les deux consultations. Nora retire celle qui la plaçait après les deux. Elle n’a pas augmenté le nombre de lettres : elle a donné à la sélection du texte le renseignement d’ordre dont la demande dépendait.
Une demande de lecture peut retirer des fins auparavant valides
Camille choisit finalement un projet plus restreint. Elle veut deux consultations de L, avec R entre elles, puis la fin. Nora examine le catalogue précédent : R, L, L place la réponse trop tôt ; L, L, R la place trop tard. Les suites R, L et L, R ne possèdent qu’une consultation. Nora retire donc ces quatre parcours de la nouvelle proposition. Elle ne les appelle pas erreurs dans l’ancien catalogue : ils y étaient autorisés. La nouvelle demande sélectionne L, R, L comme seul ordre complet et abandonne explicitement la fin après une seule consultation.
Nora remplit les renvois correspondants. Au départ, L est la seule page d’action proposée. Après ce premier L, reprendre L est interdit tant que R n’a pas été consulté ; R est alors le seul prochain acte. Après R, la seconde consultation de L devient disponible. Au retour suivant, la fin est le seul terme autorisé. Camille suit ces trois actions dans l’ordre et reçoit le texte qui place sa réponse entre les consultations. Le plan ne se contente pas d’avoir nommé un parcours souhaité : il retire les autres choix qui empêcheraient la nouvelle demande d’être vraie pour chaque suite autorisée.
Camille remarque qu’une ancienne légende disait encore « vous pouvez répondre avant de consulter la lettre ». Nora la retire de cette proposition active. Garder cette permission quelque part dans l’introduction réouvrirait R au commencement, alors que les renvois détaillés venaient de l’exclure. La correction porte donc aussi sur une permission exprimée par le texte du livre fictif, pas seulement sur la liste de pages. L’ancien catalogue demeure conservé dans leur préparation précédente. Il n’est plus joint comme consigne applicable au projet qui impose une réponse entre les deux consultations.
La nouvelle fin reçoit le titre « La réponse entre deux consultations ». Nora retire « La réponse après la lettre », qui restait trop large pour la distinction désormais choisie. Camille conserve néanmoins le nom L dans les deux passages : la reprise concerne encore la même pièce. Elle reçoit une conclusion où le premier passage a précédé la réponse et le second l’a suivie, sans être racontés comme deux lettres nouvelles. Les renvois, la permission initiale et le titre de fin décrivent donc le même parcours réellement retenu, avec la seconde consultation demandée comme événement distinct.
Recommencer une proposition et corriger un parcours accompli
Dans la préparation plus large, Nora avait déjà rempli R, L, L, fin. Elle veut maintenant essayer L, R, L dans la proposition restreinte. Camille accepte un nouveau commencement, avec les comptes nuls avant toute page d’action. Nora ne transforme pas simplement son dernier E de l’ancien parcours en E du nouveau commencement. Elle conserve l’ancienne fin après R, L, L, puis remplit séparément L, R, L. La première réalisation reste une lecture de l’ancien projet ; la seconde applique les nouvelles permissions depuis leur point d’entrée donné.
Nora avait proposé de reprendre seulement la deuxième consultation de l’ancien parcours pour raconter la réponse entre les deux. Camille refuse : R avait déjà été consulté avant les deux L. Revenir lire la dernière page ne change pas cet ordre. Elles retirent ce montage du récit remis, tout en conservant la possibilité d’un nouvel essai expressément commencé. Leur correction ne demande aucune mémoire ou fonction de logiciel réel. Elle suit seulement deux suites créées et le moment où les nouvelles permissions commencent à s’appliquer dans chacune.
Une phrase de la lettre et une consigne du livre n’ont pas le même rôle choisi
Nous précisons enfin un contenu jusqu’ici laissé ouvert : dans L, la lettre fictive contient la phrase « va écrire ta réponse ». Elle appartient à la pièce racontée, dont Nora souhaite conserver les mots dans les deux consultations. Une nouvelle proposition de présentation voudrait néanmoins traiter toute phrase de ce type comme une consigne active du livre, sans distinguer le texte de la lettre et les renvois donnés autour. Nora et Camille examinent cette proposition avant une nouvelle réalisation de L, R, L. Aucune règle générale de ponctuation, interprétation des lecteurs ou fonction de logiciel n’est attribuée à cette convention créée.
Camille constate que cette proposition change la seconde consultation de L. R a déjà été consulté une fois dans le parcours retenu ; activer à nouveau la phrase de la lettre demanderait de revenir à R alors que ce deuxième passage n’appartient pas aux permissions choisies. Nora refuse de corriger le problème en supprimant la phrase de la lettre : elle avait demandé de conserver cette pièce avec les mêmes mots lors de sa reprise. Elle choisit donc une séparation de présentation, acceptée explicitement par Camille pour leur exercice. Le texte de la lettre sera donné comme pièce citée ; seules les consignes du livre placées dans un bloc distinct indiqueront la prochaine page à consulter. L’impératif de la lettre reste présent, mais il ne crée plus lui-même un renvoi dans cette proposition.
Nora prépare effectivement deux consignes autour de cette même pièce. À la première consultation de L, le bloc du livre conduit à R ; à la seconde, il conduit à la fin. Elle conserve dans les deux la phrase citée de la lettre, sans lui ajouter une adresse différente pour sauver le parcours. Camille suit la nouvelle présentation : elle consulte L et son texte, utilise la consigne extérieure pour rejoindre R, revient à L avec les mêmes mots de la pièce, puis suit la seconde consigne vers la fin. Elle ne remplit pas une seconde réponse. Le contenu cité a donc été conservé alors que la suite indiquée autour de lui a changé selon la consultation, comme la demande de parcours l’exigeait.
Camille avait prévu de reproduire cette lettre seule dans un petit extrait offert à Nora. Elles choisissent d’y conserver la phrase mais de ne pas y joindre le bloc des renvois du livre à choix. L’extrait remis raconte ainsi la pièce sans annoncer qu’il permet de reprendre le parcours L, R, L. Nora retire de sa couverture la mention « la fin du livre est accessible depuis cet extrait » : aucune consigne de cette remise ne donne cette destination. Camille lui remet le texte de la lettre avec cette portée réduite. Elles ont gardé les mots demandés dans deux usages distincts, sans attribuer à l’extrait isolé les transitions de l’autre présentation. Cette dernière décision ferme aussi le projet d’extrait, au lieu de laisser la séparation entre citation et consigne comme une simple précaution annoncée.
Les propositions gardent leurs parcours et leurs fins respectifs. Une page commune ne raconte pas seule les consultations qui l’ont précédée ; un compte final ne donne pas toujours leur ordre ; une fin présente dans le plan ne garantit pas que toute suite l’atteigne. Nora et Camille ont choisi les permissions, retiré les renvois incompatibles et remis des conclusions correspondant aux parcours remplis. Le livre fictif peut ainsi conserver plusieurs façons de lire sans donner à une même fin les événements d’une autre suite.
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