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Un livret familial fictif : séparer les pages lues et les feuilles préparées

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Lettres, photographies et épreuves sur une table de travail éditorial
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Images, objets et documents · 16 min de lecture

Un livret peut conserver les mêmes douze contenus et recevoir plusieurs organisations différentes. Leur succession dans la lecture, leur présence sur une face de feuille et leur regroupement sur un support ne répondent pas à la même question. Dans cet exercice, Maya prépare un livre familial entièrement créé. Elle compare des propositions concrètes : retirer un support, ajouter deux pages, conserver une rencontre entre deux textes et produire un extrait. Le travail porte sur ce que chacune de ces propositions change réellement dans le modèle fourni.

Toutes les correspondances ci-dessous sont stipulées. Aucun pliage, assemblage physique, appareil, logiciel ou tirage n'a été observé. Les mots recto et verso désignent seulement les deux faces que notre modèle donne à chaque support. Nous ne démontrons pas que ces emplacements produiraient un livret réel après une opération matérielle. L'ordre de lecture est fourni séparément et ne sera jamais déduit d'un pli imaginaire. Les contenus, les personnes et les décisions appartiennent à notre exemple, sans document familial retrouvé.

Deux plans pour les mêmes douze pages

Le premier plan donne douze pages, nommées p1 à p12, lues dans cet ordre. Nous posons aussi une présentation de lecture : p1 apparaît seule, puis viennent les rencontres p2 avec p3, p4 avec p5, p6 avec p7, p8 avec p9 et p10 avec p11 ; p12 termine seule. Cette convention est une donnée de notre projet. Elle permet de désigner une rencontre précise sans prétendre que tout livre possède nécessairement cette ouverture et cette fin.

Le second plan place les douze pages sur trois supports, chacun avec deux emplacements par face. S1 porte p12 et p1 au recto, p2 et p11 au verso. S2 porte p10 et p3 au recto, p4 et p9 au verso. S3 porte p8 et p5 au recto, p6 et p7 au verso. Chaque page apparaît une fois dans ce plan. Nous ne donnons pas de rotation, de dimensions ni de geste de reliure : ces renseignements seraient nécessaires à une autre question, qui reste hors de notre exercice.

Maya reçoit une proposition qui classe les pages en recopiant les faces de S1, puis S2, puis S3. Elle obtiendrait p12, p1, p2, p11, p10, p3, p4, p9, p8, p5, p6, p7. Elle refuse cette succession pour la lecture. Le modèle a déjà donné p1 à p12 comme ordre du livre. Elle garde donc deux relevés distincts : la suite destinée au lecteur et les emplacements destinés aux supports. La seconde liste n'est pas une manière plus exacte de raconter la première ; elle répond à une autre destination.

Cette séparation change une demande d'illustration. Le dossier souhaite que le texte de p2 rencontre le portrait de p3. Une personne propose de réunir p2 et p11 parce qu'ils partagent le verso de S1. Maya retire cette proposition : elle conserverait une proximité sur une face, mais remplacerait la rencontre de lecture choisie. Elle maintient p2 avec p3 dans le plan de lecture, bien que ces deux pages dépendent de supports différents. Aucune modification de leurs contenus n'est nécessaire pour reconnaître la différence entre ces relations.

La demande inverse concerne la préparation de S1. Une personne souhaite déplacer p3 auprès de p2 sur ce support afin que la feuille semble suivre le récit. Maya ne l'accepte pas comme une correction locale du premier plan. Le nouvel emplacement laisserait p11 sans destination et ferait apparaître p3 à deux endroits si S2 restait inchangé. Elle conserve S1 tel que fourni pour cette branche. Réunir autrement les deux pages demanderait un nouveau plan complet, et non le déplacement isolé d'un numéro destiné à rendre une seule face plus intuitive.

Retirer un support n'enlève pas un passage suivi

Nous créons une première révision où S2 doit disparaître de la préparation. Maya relève les quatre pages qu'il portait : p3, p4, p9 et p10. Elle retire donc la proposition « supprimer les pages trois à six ». Ce passage suivi comporte deux pages de S3, p5 et p6, et oublierait deux pages effectivement portées par S2. Le nom du support n'est pas le numéro d'un chapitre. Son retrait se propage selon les quatre emplacements du plan, avec deux interruptions distinctes dans la suite de lecture.

Maya compare ensuite deux décisions réellement disponibles. La première conserve les douze positions de lecture et donne quatre blancs déclarés aux anciennes places de p3, p4, p9 et p10. La deuxième retire ces positions et prépare une suite de huit contenus : p1, p2, p5, p6, p7, p8, p11 et p12. Dans la première proposition, p2 rencontre un blanc et p8 rencontre un autre blanc. Dans la seconde, les contenus se rejoignent dans une nouvelle suite. Les deux propositions retirent les mêmes textes, mais ne donnent pas les mêmes rencontres.

Pour cette révision, Maya choisit de garder les douze positions. Elle nomme les quatre blancs dans le relevé de lecture et laisse les huit autres contenus à leurs anciennes places. Un nouveau support S2′, donné avec quatre emplacements blancs, remplace le S2 retiré. La préparation compte donc encore trois supports ; Maya écarte l'annonce de deux supports qui convenait à un retrait sans remplacement. Le portrait p3 ne rejoint plus p2, et le texte p9 ne rejoint plus p8. Ces absences sont annoncées, sans donner à une préparation de douze positions le nom d'un livre compact de huit pages.

La proposition compacte reste un autre état préparé pour comparaison. Nous lui donnons explicitement un plan à huit positions : U1 porte huit et un au recto, deux et sept au verso ; U2 porte six et trois au recto, quatre et cinq au verso. Les chiffres désignent ici les nouvelles positions, auxquelles correspondent les huit contenus conservés dans leur ordre. Maya ne réutilise pas S1 et S3 en les appelant U1 et U2. Le changement de nom ne déplacerait aucune des pages de leur ancien emplacement ; le nouveau plan exige de leur donner ces destinations nouvelles.

Ajouter deux contenus sans les confondre avec les places disponibles

Nous revenons au livre initial et ajoutons deux pages créées, N1 et N2, entre p4 et p5. La suite comporte maintenant quatorze contenus. Une nouvelle condition du dossier demande un modèle à seize positions réparties sur quatre supports. Elle est stipulée pour cette branche, sans constituer une règle d'impression. Maya conserve les quatorze contenus et ajoute deux positions blanches à la fin. Elle ne les présente pas comme deux textes familiaux manquants : aucun contenu n'était demandé pour ces deux places nouvelles.

Le nouveau plan est donné entièrement. T1 porte seize et un, puis deux et quinze ; T2 porte quatorze et trois, puis quatre et treize ; T3 porte douze et cinq, puis six et onze ; T4 porte dix et sept, puis huit et neuf. Dans chaque ligne, le premier couple désigne le recto et le second le verso. La lecture reste la succession des positions un à seize. Les pages p1 à p4 occupent un à quatre ; N1 et N2 occupent cinq et six ; p5 à p12 occupent sept à quatorze. Les blancs occupent quinze et seize.

Maya reçoit une préparation qui complète le quatrième support par quatre blancs en gardant sans changement les trois anciens. Elle la retire : cette proposition ne donne pas à N1 et N2 leurs emplacements et conserve l'ancien regroupement des douze contenus. La préparation choisie utilise les quatre nouveaux supports T1 à T4 avec toutes leurs correspondances. Ainsi p12, devenu contenu de la position quatorze, rejoint T2, tandis que les blancs quinze et seize se trouvent sur T1. L'ajout n'est pas une feuille vide attachée après trois feuilles dont l'organisation resterait automatiquement valable.

Le relevé permet alors de résoudre une demande concernant p5. Dans le nouvel état, ce contenu est en position sept, sur T4, et non sur le support qui portait auparavant p5. Maya indique cette nouvelle destination dans la préparation, sans réécrire le texte de p5. Elle distingue son repère de contenu, conservé pour suivre la décision, de son rang de lecture et de son emplacement sur un support. Ces trois repères ne sont plus identiques. Le dossier peut suivre la même page créée à travers la réorganisation sans prétendre que son ancien chiffre désigne encore partout sa destination actuelle.

Conserver une rencontre demande davantage qu'une même parité

Une autre branche du livre initial demande une seule page N entre p4 et p5. Nous conservons la convention de rencontres par positions paires et impaires successives. Avec cette insertion, p4 reste en position quatre, N occupe cinq et p5 passe à six. Le texte de p4 rencontre donc N. La page p5 rejoint la rencontre suivante. Maya ne peut pas annoncer que les anciens p4 et p5 restent visibles ensemble dans la lecture simplement parce que rien n'a été retiré de leurs textes.

Une proposition ajoute ensuite un blanc après N. Deux positions ont ainsi rejoint la suite : p5 passe à sept et retrouve un rang impair. Maya refuse pourtant la conclusion « la rencontre ancienne est rétablie ». p4 occupe toujours quatre ; N et le blanc occupent cinq et six. Les anciens textes p4 et p5 restent séparés par cette insertion. Le rang impair de p5 n'est qu'une caractéristique de sa position. Il ne suffit pas à prouver que son partenaire de lecture est redevenu p4.

Maya change alors l'emplacement de l'ajout. Elle place N et son blanc avant p4, plutôt qu'entre p4 et p5. La nouvelle suite commence par p1, p2, p3, N, blanc, p4, p5. Les anciens p4 et p5 occupent six et sept et se rencontrent de nouveau selon notre convention. Maya retient cette disposition parce que sa demande portait expressément sur leur lecture commune. Elle accepte que N soit désormais rencontré après p3 et avant cette paire ; elle ne présente pas le déplacement comme une solution qui conserverait toutes les proximités initiales.

Cette décision a une conséquence pour la page d'annonce, également créée dans notre dossier. Elle disait que la nouvelle page était placée entre les deux textes. Maya retire cette phrase et annonce N avant leur rencontre. Les deux contenus initiaux restent côte à côte ; l'annonce correspond maintenant au nouvel emplacement réellement choisi. Il ne suffit donc pas de retrouver une paire pour garder toutes les descriptions préparées avant le déplacement. Le choix conservé pour cette branche change à la fois la relation de lecture et la manière dont la nouvelle page est présentée.

Retirer l'ouverture sans perdre silencieusement la fin

Nous revenons encore au plan initial pour une demande distincte : Maya souhaite retirer seulement p1, qui porte une ouverture créée pour le livret. Une proposition supprime S1. Elle enlèverait aussi p2, p11 et p12, puisque ces pages partagent le même support. Maya la refuse. Son choix éditorial sur une ouverture n'a pas demandé de retirer la fin ni les deux autres contenus. Le regroupement de préparation ne transforme pas ces quatre pages en un même passage que l'on pourrait supprimer sous le nom de son premier texte.

Dans cette branche, Maya garde les douze positions et remplace uniquement le contenu de p1 par un blanc déclaré. S1 conserve p12, p2 et p11 à leurs emplacements donnés ; la place autrefois attribuée au contenu de p1 ne porte plus ce texte. Maya retient cette préparation complète. La fin reste présente dans p12, et les rencontres de lecture qui ne dépendaient pas de p1 demeurent celles du modèle. Le dossier n'annonce ni disparition du support ni passage à huit pages. Il retire une ouverture sans retirer les autres destinations que sa feuille avait réunies.

Une demande ultérieure veut reprendre l'ouverture initiale dans un envoi séparé. Nous stipulons que son texte reste conservé au dossier malgré le blanc choisi dans le livret. Maya le reprend pour cet envoi et le nomme « ouverture retirée de la préparation actuelle ». Elle ne dit pas qu'il n'existe plus parce que sa place est devenue blanche. Le retrait portait sur sa présence dans un état précis. L'envoi séparé n'annule pas cette décision et ne transforme pas le livret en version complète de nouveau : les deux destinations suivent désormais deux choix distincts sur le même contenu.

Préparer une correction par supports dans le seul plan qui la porte

Notre cas donne maintenant une nouvelle condition, limitée au plan initial à douze pages : chaque remplacement disponible porte sur un support entier. Deux corrections de contenu sont demandées, à p3 et à p9. Toutes deux se trouvent sur S2, à des faces différentes. Maya choisit donc une nouvelle préparation de S2 avec ces deux corrections et les contenus conservés de p4 et p10. Elle ne commande pas deux supports au motif que deux pages changent. La préparation doit toutefois garder les deux autres destinations de S2 : elles ne disparaissent pas parce qu'elles ne nécessitent aucune correction.

Dans une seconde demande, les corrections portent sur p3 et p5. Maya retrouve p3 sur S2 et p5 sur S3. Un seul remplacement de S2 ne satisferait pas les deux. Elle retient donc S2 et S3, avec leurs quatre emplacements chacun. La proximité de p3 et p5 dans les petits numéros ne change pas cette répartition. Les supports à reprendre sont déterminés par le plan fourni. Ce résultat concerne les huit emplacements préparés, dont seulement deux contiennent les corrections demandées ; il ne décrit pas huit erreurs de contenu.

Maya compare une proposition destinée à n'utiliser qu'un support : échanger p9 et p5 dans les emplacements afin de réunir p3 et p5 sur S2. Elle la refuse pour cette demande de correction. Notre dossier n'a pas donné un nouveau plan de lecture correspondant à cet échange. L'opération changerait deux destinations au lieu de reprendre seulement les contenus demandés dans le plan retenu. Maya garde les deux supports nécessaires. Elle ne fait pas d'une réduction du nombre de remplacements une autorisation de redistribuer les pages silencieusement.

Le plan à seize positions fournit un autre contrôle, que Maya traite séparément. Dans cet état, p3 occupe la position trois sur T2 ; p9 occupe onze sur T3. La paire de corrections qui tenait sur S2 dans le plan initial touche donc deux nouveaux supports. Maya retire l'ancienne instruction « reprendre le support commun » de ce dossier à seize positions. Elle inscrit T2 et T3 pour cet état. Les contenus visés sont restés les mêmes, mais leur regroupement a changé : leur ancienne proximité de préparation ne peut pas déterminer la reprise dans la nouvelle organisation.

Choisir un extrait sans y laisser des pages non demandées

Pour un envoi distinct, Maya souhaite les huit contenus p1, p2, p3, p4, p9, p10, p11 et p12. Le plan initial les réunit exactement sur S1 et S2. Elle peut donc sélectionner ces deux supports dans la branche où ce mode d'envoi est autorisé. Elle garde cependant les repères originaux dans la description : l'envoi comprend le début et la fin du livre, avec l'absence des contenus p5 à p8. Le total huit ne décrit pas un extrait suivi du début à la huitième page.

Une autre demande veut justement p1 à p8 et aucun des quatre derniers contenus. Maya constate que ces huit pages se répartissent sur les trois supports : S1 donne p1 et p2, S2 p3 et p4, S3 p5 à p8. Choisir seulement S1 et S2 ne répondrait pas à cette demande ; choisir les trois apporterait également p9 à p12. Elle écarte ces deux propositions pour cet envoi. Le nombre de pages demandé ne permet pas, à lui seul, de choisir un nombre de supports qui donnerait exactement les bons contenus dans l'ancien plan.

Maya prépare alors le nouveau modèle à huit positions déjà défini, avec U1 et U2. Cette fois les positions un à huit portent respectivement p1 à p8. Elle retient cette préparation pour l'envoi. p9 à p12 n'occupent aucun de ses emplacements, y compris sur les versos. Le dossier nomme le résultat « début du livret, p1 à p8 » et conserve le livre initial comme autre destination. La sélection du début est réellement remplie par un plan nouveau, sans faire de deux anciens supports incomplets une copie exacte de cet extrait.

Le premier envoi et le second possèdent ainsi huit contenus chacun, mais une composition différente. Maya ne leur donne pas le même intitulé sous prétexte de ce total commun. Elle conserve les repères du début et de la fin pour S1 avec S2 ; elle annonce un début suivi pour U1 avec U2. Ce dernier résultat ne contient pas la conclusion p12. Maya ne lui attribue donc pas l'annonce qui accompagnait le premier envoi. Le choix des emplacements se prolonge dans une présentation de l'extrait qui correspond à ce qu'il transmet effectivement.

Trois lectures consultées, sans modèle d'impression importé

Mérimée présente un extrait de lectures.

La Double Méprise commence auprès de Julie.

Mateo Falcone s'ouvre sur un paysage.

Ces trois portées ont été consultées textuellement, sans inspection d'images ni lecture intégrale revendiquée. Elles ne donnent ni nos supports ni une technique de pliage. Les correspondances du livret ont été créées pour cet exercice et restent des conditions de comparaison, sans promesse de résultat matériel. Toute fabrication réelle aurait besoin de ses propres données vérifiées. Ici, le relevé permet seulement de retrouver les conséquences des choix effectivement retenus par Maya dans les différents états du dossier.

La préparation conserve finalement plusieurs descriptions précises : une suite de lecture, un regroupement par faces et supports, puis les nouveaux plans effectivement choisis pour les révisions et les envois. Un blanc ajouté, un contenu retiré et un support supprimé ne reçoivent plus le même nom. Maya peut indiquer ce qui reste présent et à quel emplacement, sans prendre un total de pages pour la réponse à toutes les questions. Le livret fictif garde ainsi ses contenus et les décisions qui ont changé leur rencontre.

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