Le damier paraît terminé, mais une bande dépasse encore à chaque côté. La couper au ras simplifierait le contour ; elle supprimerait aussi la partie que l'on comptait rabattre. Avant de préparer ce décor pour une table, suivons ce qui relie les morceaux et ce qui les croise seulement. La silhouette d'un carré ne dit pas comment ses bandes pourront être reprises.
Cette préparation est étudiée sur un modèle de papier flexible sans épaisseur, sans essai matériel ni résistance établie.
Tessitura Toscana Telerie présente des sets de table.
Chilewich présente des sets de table.
Broste Copenhagen présente des assiettes de table.
Ces références situent des objets de table, sans fournir ce tissage ni valider notre papier.
Découper les passages en conservant deux traverses
Camille dessine une feuille carrée de vingt-quatre centimètres. Elle réserve une bande entière de deux centimètres en haut et une autre en bas. Entre elles, elle prévoit onze fentes verticales, espacées de deux centimètres : leurs positions horizontales vont de deux à vingt-deux centimètres depuis le bord gauche. Chaque fente commence à deux centimètres du haut et s'arrête à deux du bas. Ce dessin définit douze bandes verticales de même largeur. Les bandes des extrémités touchent les côtés libres ; aucune bordure latérale supplémentaire n'est conservée. Leurs noms, de un à douze, suivent le bord gauche vers le droit.
Sur son dessin, Camille suit d'abord le premier morceau vertical jusqu'en haut. Il rejoint la traverse supérieure, qui rejoint aussi le deuxième, puis tous les suivants. En bas, la seconde traverse les réunit encore. Elle n'a donc pas préparé douze bandes détachées à ranger côte à côte : les deux traverses appartiennent à la feuille initiale. Lorsqu'elle indique de soulever une bande pour laisser passer une pièce horizontale, elle conserve ses deux raccords au dessin. Elle ne remplace pas ce geste par le retrait complet du morceau, qui ferait perdre les deux attaches prévues.
Un premier tracé prolongeait les fentes jusqu'au bord inférieur. Camille le corrige avant de poursuivre. Dans cette autre préparation, les bandes ne seraient plus réunies en bas ; elles formeraient une frange rattachée par le haut seulement. Ce n'est pas la feuille à deux traverses qu'elle veut composer. Elle marque donc explicitement les deux arrêts de chaque fente. Le contrôle consiste à suivre la fente jusqu'à son extrémité, puis à retrouver la zone entière qui la sépare encore du bord extérieur. Une ligne décorative tracée à cet endroit ne remplacerait pas la matière conservée.
Pour ses pièces horizontales, elle prévoit dix bandes séparées, chacune large de deux centimètres et longue de vingt-huit. Leur partie centrale traversera les vingt-quatre centimètres de la feuille ; deux centimètres resteront de chaque côté. Camille ne les confond pas avec les douze bandes verticales encore attachées. Elle prépare ainsi deux sortes de pièces : une feuille fendue, qui donne les raccords du haut et du bas, et des bandes libres, qui pourront entrer et ressortir latéralement. Les dix largeurs occupent ensemble les vingt centimètres compris entre les traverses, sans marge supplémentaire dans ce modèle.
Faire passer la première bande entière
Camille commence par la rangée située contre la traverse du haut. Elle appelle dessus la face de présentation de son dessin. Depuis le bord gauche, la première bande horizontale passe au-dessus de la verticale un, sous la deux, au-dessus de la trois, puis sous la quatre. Elle continue jusqu'à la douze, sous laquelle elle termine. Il reste alors une extrémité libre à gauche et une à droite. Pour vérifier le passage, elle suit une seule bande horizontale d'un bout à l'autre : elle ne passe pas d'une bande à sa voisine lorsqu'une portion devient cachée par une verticale.
La deuxième rangée commence autrement : sa bande horizontale passe sous la verticale un, au-dessus de la deux, puis sous la trois. Au voisinage de chaque verticale, les deux rangées donnent maintenant des passages opposés. Camille place la troisième comme la première et la quatrième comme la deuxième, puis poursuit jusqu'à la dixième. Elle ne retourne pas toute la feuille après chaque rangée. Ce sont les passages qu'elle inverse en gardant la même face de présentation. Cette suite produit le damier choisi ; un simple changement de couleur entre deux bandes ne modifierait pas leurs positions dessus ou dessous.
Dans un brouillon intermédiaire, la troisième bande passait au-dessus des verticales trois et quatre successivement. Camille retrouve le défaut en suivant cette bande depuis son extrémité gauche : dessus un, dessous deux, dessus trois, encore dessus quatre. Elle repère précisément le passage qui devrait être dessous. Elle ne déplace pas toutes les rangées suivantes pour conserver un damier apparent autour de cette erreur. La correction porte sur le trajet de la troisième bande, entre deux pièces verticales identifiées, et laisse les raccords du support à leur place.
Pour reprendre ce trajet, elle retire la troisième bande par le côté où elle l'avait introduite, en défaisant ses passages successifs. Le dessin ne décrit ni nœud ni collage : aucune jonction n'a été ajoutée aux croisements. Elle peut donc refaire sa suite entière avec dessous quatre, dessus cinq, dessous six, jusqu'à dessous douze. Si elle ne retirait que le petit bout visible autour de quatre et le redessinait sous cette verticale, sans suivre le reste de la bande, elle masquerait l'erreur sur une case sans avoir décrit une pièce continue. Camille préfère une reprise dont elle peut montrer les deux extrémités.
Reprendre les bouts sans annoncer une fermeture
Après avoir centré chaque bande horizontale, Camille retrouve les deux centimètres libres de chaque côté. Pour la première rangée, la partie qui traverse la verticale un est dessus. Elle prévoit de rabattre l'extrémité gauche autour du bord de cette verticale pour la faire revenir dessous. Le retour occupe la largeur du premier morceau vertical, jusqu'à la première fente. Ce n'est pas un nouveau passage sous les douze bandes : seule l'extrémité qui dépassait change de face. La partie centrale conserve le trajet qu'elle vient de vérifier.
À droite de cette même rangée, le dernier passage était dessous la verticale douze. L'extrémité droite revient donc dessus lorsqu'elle contourne son bord extérieur. Les deux petits retours de la première bande ne se trouvent pas sur la même face. Camille les dessine séparément : gauche dessous, droite dessus. Pour la deuxième rangée, elle obtient l'inverse, puisque son trajet commençait dessous et finissait dessus. Elle évite ainsi une instruction uniforme « rabattre tous les bouts au dos », qui ne suivrait pas les passages réellement choisis dans son damier.
Chaque retour dessine un petit coude autour d'une verticale extérieure. Son extrémité reste libre à l'arrivée ; aucune languette n'entre dans une nouvelle fente et aucune colle n'est prévue. Camille retire donc le mot « verrouillé » de sa description. Dans son plan, elle a repris les longueurs qui dépassaient, sans démontrer qu'elles resteraient ainsi sous une sollicitation. Elle peut présenter cette version comme un dessin de décoration à éprouver. Elle ne la décrit pas comme un plateau que l'on soulèverait avec la vaisselle, ni comme un emballage dont les bouts seraient définitivement fermés.
Une proposition concurrente consistait à couper les deux centimètres qui dépassent après chaque insertion. Camille la garde à part. Avec des bouts coupés au ras, elle pourrait encore dessiner les douze passages de la rangée ; elle ne pourrait plus faire les deux retours de largeur complète prévus autour des verticales extérieures. Pour son objet principal, elle conserve donc les dépassements jusqu'à leur reprise. Elle n'écrit pas que la découpe et le repli donneraient la même finition parce que leurs contours projetés semblent ensuite proches. L'une retire une longueur dont l'autre se sert encore.
Remplacer une rangée sans ouvrir le support
Camille veut maintenant remplacer la sixième bande par une autre de couleur différente. Elle commence par défaire ses deux retours extérieurs sur le dessin. La bande retrouve ses deux bouts libres. Elle peut alors la retirer latéralement en inversant les passages, sans couper une verticale ni toucher aux traverses supérieure et inférieure. La nouvelle bande doit reprendre la sixième rangée : dessous un, dessus deux, puis alternativement jusqu'à dessus douze. Sa couleur nouvelle ne lui donne pas la permission de copier le trajet de la cinquième, qui commence de l'autre côté.
Pour garder ce choix pendant le remplacement, Camille suit les bandes restées au-dessus et au-dessous de la place ouverte. La cinquième et la septième commencent toutes deux dessus un. La rangée manquante doit commencer dessous un. Elle retrouve ainsi le trajet à remettre sans prétendre que le vide conserverait physiquement la largeur exacte de deux centimètres sur un vrai papier. Si les pièces bougeaient dans une réalisation, il faudrait les repositionner. Sur sa feuille de travail, ce qu'elle a conservé est l'identité de la sixième rangée et ses passages, pas un essai de tenue.
Une autre demande change la préparation : on ne peut plus extraire la sixième bande entière parce qu'on l'a coupée au milieu, entre deux croisements. Camille doit alors traiter deux morceaux. Pour le morceau gauche, elle défait d'abord le retour gauche et suit son trajet jusqu'à la coupure ; pour le droit, elle part du retour droit et rejoint l'autre côté de cette coupure. Retirer le seul morceau visible à gauche ne libérerait pas les passages restés à droite. Elle fait disparaître les deux restes de son plan avant d'y tracer une bande de remplacement entière. Le changement de couleur ne doit pas cacher un ancien fragment sous une verticale.
La nouvelle bande n'est pas raccordée à ces fragments. Elle va du bord gauche au bord droit et possède à nouveau ses deux dépassements. Camille peut donc refaire les retours selon la sixième rangée. Si elle voulait au contraire garder une moitié et la joindre à une autre, elle devrait décrire cette jonction et la place qu'elle occuperait dans le tissage. Ce serait une autre préparation. Ici, le remplacement a réellement retiré deux morceaux pour remettre une seule bande continue, sans attribuer à deux extrémités simplement voisines la continuité de la pièce initiale.
Préserver une rive quand la demande de contour change
Le dessin terminé montre les deux verticales extérieures sur toute la hauteur. Camille voudrait cacher leur couleur par une large bande verticale ajoutée devant chacune. Elle compare cette idée aux retours déjà prévus. À gauche, certaines extrémités reviennent devant la première verticale, les autres derrière. Un cache posé devant cacherait les premières mais pas les secondes ; il ne les ferait pas passer du même côté. Camille garde donc sur son dessin les retours sous le cache, au lieu de les effacer comme s'ils avaient été retirés. Le décor ajouté ne remplace aucun de leurs parcours.
Elle préfère finalement un projet où les extrémités reviennent toutes derrière. Cette demande ne se réalise pas en gardant tous les trajets précédents et en écrivant une autre légende. Pour une rangée qui commence dessous un, le retour gauche venait devant. Camille envisage alors de ne pas reprendre ce bout autour de la première verticale, mais de le faire revenir sous l'ensemble du bord par un autre chemin. Elle constate qu'elle n'a pas encore dessiné ce chemin ni une attache correspondante. Elle écarte donc cette variante de la version retenue. Son choix effectif reste le damier à retours alternés, éventuellement masqués visuellement par un décor distinct.
Une découpe de la verticale extérieure ne résoudrait pas ce problème de face. Elle retirerait le morceau autour duquel certains bouts devaient revenir et ouvrirait le bord du tissage. Camille conserve cette différence avec la simple suppression des dépassements horizontaux. Dans le premier cas, elle touche au support attaché par ses traverses ; dans le second, elle raccourcit les pièces qui le traversent. Pour obtenir un carré plus étroit, elle préparerait plutôt un autre départ avec moins de verticales, puis compterait à nouveau le dernier passage et son retour. Elle ne présente pas une rive amputée comme le même objet proprement retaillé.
Garder au décor sa fonction limitée
Pour sa table, Camille peut maintenant distinguer le projet à dessiner de la pièce qui serait réellement posée. Elle conserve une place séparée pour l'assiette et le verre pendant l'examen du prototype : ni la chaleur, ni l'eau, ni le contact alimentaire n'ont été établis par le tissage du modèle. Le décor ne reçoit pas automatiquement les usages d'un set commercial. L'étape suivante serait une réalisation avec un matériau choisi et des conditions d'emploi examinées ; elle pourrait conduire à garder ce travail comme décoration à côté des couverts plutôt que sous la vaisselle.
Le dossier de préparation conserve la feuille fendue, les dix bandes et leurs retours, ainsi que la reprise d'une rangée entière. Il laisse ouvertes les questions matérielles. Ce qui est déjà choisi est plus précis qu'un damier de couleurs : deux traverses relient les verticales, les horizontales suivent des passages opposés d'une rangée à l'autre, et leurs bouts restent libres malgré le repli. Ces distinctions permettent de préparer la réalisation sans raconter qu'elle a déjà eu lieu.
Séparer deux décors dont les bandes traversent encore les deux supports
Camille ouvre une autre branche avec deux feuilles fendues identiques, posées côte à côte. La demande est de remettre ensuite les deux décors séparément, sans défaire leurs passages. Ce n'est plus le projet à une seule feuille. Elle conserve les douze verticales et les deux traverses de chaque support, ainsi que le modèle sans épaisseur ni propriété matérielle nouvelle.
Dans son premier assemblage, une même longue bande horizontale traverse la première feuille, franchit l'intervalle vide, puis traverse la seconde. Camille en prépare dix de cette manière. Elle place le premier support entre zéro et vingt-quatre centimètres sur son dessin horizontal, puis le second entre vingt-huit et cinquante-deux. Il reste quatre centimètres entre eux. Chaque bande va de moins deux à cinquante-quatre : deux centimètres dépassent aux deux extrémités extérieures. Au milieu, la bande reste continue ; les deux bords qui se font face ne possèdent pas encore d'extrémités libres à rabattre. Camille ne copie donc pas à ces endroits les retours du premier projet. Les deux feuilles de départ sont distinctes, mais les dix pièces qui les traversent restent chacune communes aux deux.
Pour obtenir les deux sorties demandées sans retirer les traversées, elle coupe chaque bande horizontale au milieu de l'intervalle, à vingt-six centimètres. La moitié gauche va désormais de moins deux à vingt-six ; elle dépasse de deux centimètres à droite du premier support. La moitié droite commence à vingt-six et finit à cinquante-quatre ; elle possède deux centimètres libres à gauche du second. Camille doit effectuer cette séparation sur les dix bandes, pas seulement sur la première qu'elle voit. Une seule bande encore continue conserverait un passage commun aux deux préparations. Elle suit donc chaque rangée jusqu'à sa coupure et retrouve deux bouts distincts dans l'intervalle avant de considérer le travail de séparation terminé.
Elle peut maintenant reprendre les nouveaux bouts autour des verticales qui bordent l'ancien intervalle. Sur la première rangée, la traversée du premier support finissait sous sa verticale douze : le nouveau bout droit revient devant. La traversée du second commençait au-dessus de sa verticale un : son nouveau bout gauche revient derrière. La deuxième rangée donne les deux retours inverses. Les quatre centimètres laissés entre les feuilles ont ainsi fourni deux longueurs de reprise, une pour chaque décor, au lieu d'une longueur à conserver entièrement sur le premier. Camille garde séparés les dix trajets de chaque sortie. Elle n'a pas déplacé une feuille à travers les bandes ni refait les damiers : elle a transformé dix bandes communes en vingt pièces, puis donné aux nouvelles extrémités les retours qui manquaient.
