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Justice & scandales · Écosse

Les billets que le voleur réclamait

Glasgow, 1812–1820. Après le vol d’une banque écossaise, James Mackcoull conserve des billets et des traites sous plusieurs noms. Il poursuit les banquiers pour en récupérer une partie; une audience sur la provenance des papiers mène à son procès pour le vol, à un verdict de mort, puis à un sursis et à sa mort en prison.

En 1815, James Mackcoull se rendit à Glasgow pour réclamer des traites et des billets que les autorités avaient saisis. Il les disait à lui. Les banquiers soutenaient que ces papiers avaient été achetés avec l’argent d’un vol commis contre leur établissement. Pendant cinq ans, l’affaire passa d’une correspondance avec les magistrats à une action en justice, puis à deux procès où Mackcoull devait enfin répondre de la provenance des fonds.

L’homme avait déjà changé plusieurs fois de vie et de nom. Né à Londres en 1763, il grandit dans une famille nombreuse : son père fabriquait des carnets avant de devenir officier municipal; un frère cadet fut exécuté pour vol de rue, tandis que sa mère et ses sœurs furent souvent condamnées pour de petits délits. Mackcoull lui-même commença jeune. À l’école, il prenait les jouets des autres garçons; bientôt, il surveillait le marchand de nourriture pour chats qui accrochait sa bourse à la poignée de sa charrette. Une fois le marchand détourné, James coupa la corde et s’empara de l’argent.

Son père le plaça en apprentissage chez un teinturier de cuir à Clerkenwell. Le jeune homme continua de fréquenter ses anciens compagnons et fut renvoyé. Après un vol de cachets de montre à Saint James’s Park, la police arrêta son partenaire. Mackcoull échappa à l’arrestation en gagnant de nuit un navire de recrutement à Tower Hill, où il s’engagea comme volontaire.

La marine le retint pendant des années. Il servit comme domestique d’officier sur la frégate Apollo, puis sur le Centurion. Il finit par devenir commis du commissaire aux vivres et économisa une somme importante pendant neuf ans. En 1785, il revint à Londres, dépensa ses économies dans les jeux et les fréquentations de la ville, puis reprit les vols. On le disait pugiliste, joueur et pickpocket; à l’église même, il s’approchait des fidèles. Un jour, il prit la montre du prédicateur au moment où celui-ci descendait de la chaire. Ses compagnons lui donnèrent alors le surnom de « philosophe païen ».

À vingt-huit ans, il épousa la tenancière d’une maison close et participa à l’ameublement de leur logis, dans Clifford’s Inn Passage. Il en fit aussi un dépôt d’objets volés. Quand la cache fut découverte, il quitta Londres. En 1802, il traversa l’Allemagne sous le nom de Moffat, se présentant comme marchand anglais; faute d’argent, il recommença à voler dans les villes qu’il visitait. En 1805, il rentra et gagna l’Écosse, où il se fit passer pour marchand de cuir.

C’est là qu’il participa, avec Huffey White et un homme appelé French, au vol d’une banque écossaise. Mackcoull conserva huit mille livres du butin. Alors que beaucoup le croyaient parti aux Antilles, il demeurait en Écosse et faisait circuler les billets.

En 1812, il reparut à Londres. La banque n’avait pas oublié les huit mille livres soustraites. Arrêté puis conduit à Glasgow, il ne nia pas sérieusement sa participation au vol, mais offrit de restituer mille livres et remit une traite de quatre cents. Les banquiers n’étaient pas encore prêts à établir sa culpabilité; il fut libéré en juillet. Selon Pelham, leur agent reçut ensuite mille livres de l’avocat Harmer, somme que Mackcoull récupéra plus tard par une action contre Harmer, celui-ci l’ayant versée sans autorisation suffisante.

Mackcoull ne s’arrêta pas aux noms de Moffat et de Mackcoull. Avec un certain Harrison, il parcourut l’Écosse et acheta des effets commerciaux sous le nom de James Martin. Il présenta Harrison comme un homme respectable. En 1812, il ouvrit également un compte de dépôt chez les banquiers Marsh et compagnie sous le nom de James Ibel; il y eut plus de deux mille livres à un moment donné.

En mars 1813, il retourna en Écosse pour écouler d’autres billets. Cette fois, il fut arrêté; les magistrats lui prirent des traites au nom de James Martin, d’une valeur d’environ mille livres. Il fut bientôt libéré, mais les papiers restèrent aux mains des banquiers. Deux ans plus tard, il réclama leur restitution par lettres, puis se présenta à Glasgow pour l’exiger de vive voix. La réponse négative le poussa à poursuivre les magistrats. Le litige se prolongea pendant cinq ans : Mackcoull assistait aux audiences et dictait ses instructions à son représentant, tandis que la banque devait prouver que les traites provenaient de billets volés. Si elle échouait, elle risquait de devoir lui rendre les effets et payer les frais de procédure; Mackcoull comptait ensuite réclamer des dommages. Ainsi, la banque finançait en partie une action intentée par l’homme qu’elle accusait de l’avoir dépouillée.

À la barre, il se présenta comme marchand et disait faire surtout affaire avec James Martin — nom sous lequel il avait lui-même acheté les traites. Quand on lui demanda où résidait Martin, il ne sut pas répondre. Il discutait les questions avec l’assurance d’un juriste, accueillait les allusions à son passé avec dédain, et souriait quand la salle riait de ses réponses. L’audience se terminait sans décision; il rentrait à Londres de bonne humeur pour parler de la suite avec son frère John.

En décembre 1819, le litige fut renvoyé à une nouvelle audience pour déterminer si Mackcoull avait participé au vol. Pour la préparer, la banque envoya Donovan, un officier d’Édimbourg, à Londres afin de retrouver la route des voleurs et les témoins. Il revint avec Scoltop, qui avait fabriqué les instruments employés lors du cambriolage, plusieurs garçons d’auberge, Mme Huffey White et Mme Mackcoull, prête à témoigner contre son mari. Le procès se tint, selon Pelham, le 11 mai 1820; le tribunal était si plein que les accès furent encombrés.

Lorsque Scoltop reparut, Mackcoull ne s’y attendait pas. Il sortit plusieurs fois de la salle et, en voyant l’ancien artisan des outils, s’évanouit. Le témoignage des personnes réunies par Donovan établit sa participation au vol. Quelques semaines plus tard, le 19 juin, il fut inculpé séparément devant la Haute Cour de justice écossaise. Les mêmes témoins déposèrent de nouveau; le jury le déclara coupable et la cour prononça la mort. Mackcoull promena alors sur la salle un regard absent, grinça des dents et accueillit le verdict par un rictus. À son retour en prison, son assurance céda; il dit que, sans l’œil de Dieu, une chaîne de preuves aussi bien liée n’aurait jamais pu être produite. Puis il retrouva son calme et reçut avec bonne humeur les curieux venus le voir.

Sa femme, qu’il avait pourtant maltraitée, vint alors le voir et lui apporta de quoi rendre son emprisonnement plus supportable. Elle demanda aussi un sursis. Le 14 juillet, une première suspension de l’exécution arriva; trois semaines plus tard, une nouvelle décision le dispensa de mourir tant que le roi ne l’aurait pas autrement ordonné. Mackcoull ne fut donc pas pendu. En août, il tomba malade; son état physique et ses facultés se dégradèrent, et ses cheveux noirs devinrent gris. Il mourut à la prison du comté d’Édimbourg, le 22 décembre 1820, et sa femme paya son enterrement au cimetière de Calton.

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Le cadre historique et notre part d’invention

L’entrée de Pelham est lue en entier dans l’OCR local, lignes 3656–3870. Le titre de la notice dit « Convicted of Burglary », tandis que le récit développe le vol d’une banque écossaise et l’inculpation pour ce vol. Pelham fixe d’abord une audience au 20 février 1820 puis décrit le procès comme ayant eu lieu le 11 mai; le récit retient le 11 mai pour la séance qu’il décrit, et ne masque pas cette discordance. Le chapitre renvoie à l’entrée antérieure de Huffey White pour les circonstances matérielles du cambriolage; celles-ci ne sont pas complétées ici.

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