Maison Comte de Monte Cristo — de la vigne à la Chine.
Une passion pour Monte-Cristo a donné son nom à cette maison de vin créée par Adrien Beaulieu. Le projet a entraîné des visites dans les vignobles français, des discussions avec des vignerons et des négociants, et le travail patient de chaque détail de la bouteille.
La gamme photographiée dans la présentation de novembre 2010.
Le travail derrière l’étiquette
Choisir les vins et leur présentation, faire créer les étiquettes, identifier les bouchons et leur marquage, préparer les cartons : l’aventure se jouait aussi à cette échelle. Les photographies conservées montrent les vignes, le laboratoire, les chais et la mise en bouteille.
Travail au laboratoire, photographie de la présentation de 2010.Un chai, dans les archives de la présentation de 2010.
Le projet était tourné vers la Chine, avec l’exclusivité évoquée dans le récit du fondateur. La présentation de novembre 2010 permet aujourd’hui de retrouver les noms de la gamme et les bouteilles telles qu’elles étaient montrées à cette époque.
Une petite compagnie de personnages
Les notices qui suivent proposent un fil de lecture autour des noms. Les renseignements sur les vins proviennent du document de 2010 : ils décrivent une gamme ancienne. Ce ne sont ni des offres de vente actuelles ni des notes de dégustation.
La Réserve de Mercédès, Merlot. Bouteille reproduite dans la présentation de 2010.
La Réserve de Mercédès
Le nom ramène à l’attachement, à l’attente et aux années que le roman fait passer entre deux êtres. Sur la bouteille, il laisse entrer une présence plus intime dans la grande mécanique de Monte-Cristo.
Dans les archives : La présentation distingue trois vins de cépage : Merlot, Syrah et Sauvignon Blanc. La bouteille de Merlot photographiée porte le millésime 2009.
Monsieur de Villefort, Bordeaux 2007. Présentation de 2010.
Monsieur de Villefort
Le titre garde ses distances : « Monsieur ». Le lecteur reconnaît le procureur et les secrets que son rang ne suffit pas à tenir enfermés. Une étiquette peut ainsi donner le premier mot d’une conversation sur le roman.
Dans les archives : Le document présente un AOC Bordeaux 2007, avec bouteilles numérotées. Le millésime est également lisible sur la photographie.
Abbé Busoni. Présentation de 2010.
Abbé Busoni
Avec Busoni vient le jeu des identités. Une soutane, un nom, une voix : Monte-Cristo entre dans une autre scène. La bouteille rappelle ce goût du roman pour les apparences et les confidences.
Dans les archives : La présentation mentionne un assemblage de cépages du sud de la France. Ses appréciations gustatives appartiennent au discours commercial d’époque.
Comte de Morcerf. Présentation de 2010.
Comte de Morcerf
Un titre, une réputation, puis ce que le passé finit par révéler. Le nom de Morcerf apporte à la gamme un autre des grands ressorts du récit : ce que l’on montre de soi, et ce que l’histoire conserve.
Dans les archives : Le document situe le vin en Pays d’Oc et mentionne Carignan, Grenache, Syrah ainsi qu’un élevage en fût de chêne.
Marquis Cavalcanti. Présentation de 2010.
Marquis Cavalcanti
Cavalcanti évoque les noms que l’on emprunte et les portes qu’ils font ouvrir. Le registre de la Maison garde ici un parfum de comédie sociale, avec toute la gravité que Dumas sait lui donner.
Dans les archives : « Marquis Cavalcanti » est l’intitulé de la gamme d’archive. La présentation situe le vin dans le sud de la France.
La Carconte. Présentation de 2010.
La Carconte
L’auberge, les visiteurs, les soupçons : ce nom ramène le lecteur vers les pièces moins brillantes du décor. Le roman tient aussi dans ces lieux où une conversation peut changer le cours d’une vie.
Dans les archives : La bouteille figure dans la partie Vin de France / Vin de Pays de la présentation de 2010.
Les Tours de l’Île d’If, Corbières. Présentation de 2010.
Les Tours de l’Île d’If
Ici, l’étiquette porte un lieu. La forteresse fait aussitôt revenir l’enfermement, la patience et l’horizon. Les photographies du voyage donnent à ce nom de pierre son contrechamp : la mer.
Dans les archives : Deux références sont présentées : AOC Corbières et AOC Minervois.
Baron d’Épinay. Présentation de 2010.
Baron d’Épinay
Un autre nom rejoint cette distribution de papier et de verre. Les retrouver côte à côte fait apparaître le principe de la gamme : donner à la table des personnages que le lecteur connaît déjà.
Dans les archives : Le document présente cette référence comme un AOC Bordeaux 2007, en bouteilles numérotées.
Flavien de Quesnel. Présentation de 2010.
Flavien de Quesnel
Le registre conserve aussi des noms dont le chemin mérite d’être repris dans les archives. Celui-ci est maintenu tel qu’il apparaît sur la bouteille ; le récit précis de son choix reste à retrouver.
Dans les archives : Le document présente cette référence comme un AOC Bordeaux 2007, en bouteilles numérotées.
Les autres bouteilles du même nom
La Réserve de Mercédès, Syrah. Archive de la gamme de 2010.La Réserve de Mercédès, Sauvignon Blanc. Archive de la gamme de 2010.Les Tours de l’Île d’If, Minervois. Présentation de 2010.
Ces variantes complètent les douze bouteilles retrouvées dans la gamme de la présentation. Un même nom pouvait accompagner plusieurs cépages ou plusieurs appellations.
Source : présentation Maison Comte de Monte Cristo, version anglaise v11, datée du 10 novembre 2010, pages 18 à 32. Les lectures littéraires sont rédigées pour ce carnet ; elles ne prétendent pas restituer mot pour mot les intentions formulées lors de la création des étiquettes.