L’Épicurien — Tome I : Les Recettes (Vol. 1)
Service à la russe, Sauces, Garnitures, Potages, Hors-d’œuvre, Poissons & Relevés
MAISON BEAULIEUAB ÉDITIONS · CUISINE & LETTRES
Aux comptoirs d’étain de Belleville, les buveurs tombent par tournées, au rythme exact des livraisons d’un alambic industriel — et les registres de la morgue écrivent « alcoolisme ».
On disait : l'absinthe rend fou. C'était commode. Voilà toute l'affaire des « morts de l'heure verte » --- la plus pauvre, à ce jour, de toutes celles que le Cercle de la Ciguë ait jamais jugées, et la plus visible : elle s'est passée en pleine lumière, à cinq heures du soir, devant un comptoir de zinc, sous les yeux de toute une rue, et personne ne l'a vue. Hiver 1885, Belleville. Au « Petit Rendez-vous », rue de la Mare, une veuve auvergnate sert depuis vingt-sept ans, avec la fontaine, la cuiller ajourée et le sucre, ce que tout le faubourg vient boire à l'heure où les ateliers se vident : la fée, mouillée au quart comme on la mouille dans tout Belleville --- une petite fraude de métier, banale, notée d'un signe dans un cahier de comptes. Puis les habitués meurent. Un doreur de soixante-quatre ans en novembre --- « son foie, pardi » ; une plumassière en décembre ; un apprenti serrurier de dix-neuf ans, qui devient aveugle en janvier et meurt en février ; un cocher en mars. Les registres écrivent alcoolisme, le seul diagnostic que les pauvres obtiennent. La rue hausse les épaules. La veuve, elle, compte --- c'est son métier --- et découvre que ses morts tombent par tournées, dans les huit jours qui suivent chaque livraison du fût.
Dans La Fée Verte, Évariste de Varville fait servir à ses douze jurés le véritable FÉVRIER, 1885 — Dîner de 240 Couverts — St. Nicholas Society composé au Delmonico’s de New York par son chef légendaire Charles Ranhofer (1836–1899), avec 8 recettes d’époque détaillées en fin de volume.
Pour la première fois, Adrien Beaulieu et la Maison Beaulieu publient l’intégrale de L’Épicurien en 3 volumes français traduits (ainsi que les 3 volumes de l’édition originale anglaise) : deux tomes de recettes (plus de 3 500 apprêts du Delmonico’s) et le tome des Menus historiques où Varville puise chacune de ses soirées.
Commandez le Tome III (Les Menus de l’Épicurien) pour tenir entre vos mains toutes les cartes originales du Delmonico’s, ou réunissez la Trilogie complète (Recettes Tomes I & II + Menus Tome III) en Français ou en Anglais.
Service à la russe, Sauces, Garnitures, Potages, Hors-d’œuvre, Poissons & Relevés
Entrées de haute table, Rôts, Gibiers, Entremets chauds & froids, Pâtisserie & Glaces
Les cartes historiques servies par Charles Ranhofer à New York (1862–1894) où Varville puise chaque dîner du Cercle
Table Service, Elementary Methods, Sauces, Soups, Side Dishes, Fish & Removes
Entrées, Roasts, Salads, Vegetables, Sweet Entremets, Pastry, Ices & Confectionery
Franco-American Menus for every season and historic banquets at Delmonico’s (1862–1894)
Ce que l'histoire a laissé --- ce que le roman a inventé
Un roman historique s'écrit toujours dans les marges de ce qui a eu lieu. Ce chapitre est là pour aider le lecteur à démêler les fils --- ce qui vient des archives, ce qu'on a extrapolé, ce qu'on a fabriqué de toutes pièces. Car ce quatorzième volume repose sur un décor qui, lui, a bel et bien existé : le Belleville des années 1880, ses zincs et son heure verte, la crise du phylloxéra et la bascule des alcools de vin vers les alcools d'industrie, la falsification des boissons devenue débat public, et la toxicité --- connue des toxicologues, ignorée des registres --- de ce que le siècle appelait l'esprit de bois.
Ce qui est documenté.
« Autour de la table d’Évariste de Varville, douze jurés écoutent, soupèsent et votent au dessert — mais le treizième couvert reste toujours vide, car c’est la mémoire d’un mort qui préside. » — Auguste de la Varenne · Treize à Table (Volume 14)
Aux comptoirs d’étain de Belleville, les buveurs tombent par tournées, au rythme exact des livraisons d’un alambic industriel — et les registres de la morgue écrivent « alcoolisme ».
On disait : l'absinthe rend fou. C'était commode. Voilà toute l'affaire des « morts de l'heure verte » --- la plus pauvre, à ce jour, de toutes celles que le Cercle de la Ciguë ait jamais jugées, et la plus visible : elle s'est passée en pleine lumière, à cinq heures du soir, devant un comptoir de zinc, sous les yeux de toute une rue, et personne ne l'a vue. Hiver 1885, Belleville. Au « Petit Rendez-vous », rue de la Mare, une veuve auvergnate sert depuis vingt-sept ans, avec la fontaine, la cuiller ajourée et le sucre, ce que tout le faubourg vient boire à l'heure où les ateliers se vident : la fée, mouillée au quart comme on la mouille dans tout Belleville --- une petite fraude de métier, banale, notée d'un signe dans un cahier de comptes. Puis les habitués meurent. Un doreur de soixante-quatre ans en novembre --- « son foie, pardi » ; une plumassière en décembre ; un apprenti serrurier de dix-neuf ans, qui devient aveugle en janvier et meurt en février ; un cocher en mars. Les registres écrivent alcoolisme, le seul diagnostic que les pauvres obtiennent. La rue hausse les épaules. La veuve, elle, compte --- c'est son métier --- et découvre que ses morts tombent par tournées, dans les huit jours qui suivent chaque livraison du fût.
Elle va au commissariat. Elle dit tout, dates, tournées, fournisseur, en montrant son cahier --- où l'eau se voit. Un fût est saisi ; un laboratoire décoré le déclare loyal et marchand ; et l'on retourne contre la seule qui ait parlé la seule ligne qui ne servait à rien : son quart d'eau. Fraudeuse. Classement. Silence. Le zinc se vide, ferme, la veuve meurt flétrie par sa rue ; le distillateur meurt riche, décoré, avec un discours du maire ; et un médecin des hôpitaux, qui comptait les pauvres parce que personne ne le faisait, laisse en mourant deux carnets de toile cirée à qui saura les lire.
Ce quatorzième volume de Treize à table est le deuxième du troisième coffret --- la Modernité à Table --- et le plus dur des trois : on y meurt au comptoir, et personne n'instruit. Il vous invite dans le salon privé d'Évariste de Varville, au Delmonico's de New York, un soir de février 1891. Le menu --- treize services --- est celui du dîner de la Société de Saint-Nicolas, la plus vieille compagnie patricienne de la ville, servi dans cette maison en février 1885 à deux cent quarante couverts : les descendants des premiers Hollandais de l'île à table, l'hiver même où Belleville buvait la mort. Devant chacun des douze jurés, Varville a préparé lui-même, dans les règles, un verre d'absinthe --- « vous ne le boirez qu'à la fin, si vous le buvez » --- ; devant le treizième couvert, un verre troublé sans cuiller, comme au comptoir, que personne ne boira. Douze jurés, une convive qui a apporté la pièce sans savoir si l'hôte s'en servira --- et la question que pose ce dîner-là : le vice, le zinc, ou le fût ?
La réponse est dans les carnets. Personne, dans cette affaire, n'a jamais été jugé. Buvez, ou ne buvez pas.
Huîtres
Il y avait, ce soir de février de l'année mil huit cent quatre-vingt-onze, devant chacun des douze couverts de la table ovale, un verre qui n'était pas de la maison.
Delmonico's possédait toutes les verreries du monde, et le Cercle de la Ciguë en avait vu passer sur cette nappe une bonne part depuis qu'il tenait ses assises dans le cabinet du premier étage ; mais ces verres-là, épais, courts, à pied lourd, d'un cristal qui n'était pas du cristal, avec cette petite bosse dans le fond qui marquait la dose, n'avaient jamais reflété que la lumière du gaz d'un comptoir de faubourg. Ils étaient vides quand les convives entrèrent. À côté de chacun reposait une cuiller plate, ajourée d'étoiles, et sur la cuiller un morceau de sucre ; et au milieu de la table, là où l'hôte posait d'ordinaire ses reliques, se dressait une fontaine de verre à quatre robinets, pleine d'eau glacée, dont le couvercle de métal luisait sous les bougies comme le dôme d'une petite église.
— Varville, dit Mrs. Vance en s'arrêtant sur le seuil, vous nous avez transportés dans un café.
Signée sous le nom de plume Auguste de la Varenne pour la Maison Beaulieu (AB Éditions), la collection se déploie en 21 dîners individuels (Ebook, Broché, Relié), réunis en 7 Tomes Omnibus chronologiques (Broché & Relié Collector) et 6 Liasses thématiques, adossés aux 3 volumes de L’Épicurien de Charles Ranhofer.
OMNIBUS TOME I (Vol. 1–3) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la CouronneLe Temps des Officiers de Bouche
OMNIBUS TOME II (Vol. 4–6) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'OrLe Temps du Papier
OMNIBUS TOME III (Vol. 7–9) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la TerreurLe Temps des Cendres
OMNIBUS TOME IV (Vol. 10–12) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'EnseigneLe Temps des Villes
OMNIBUS TOME V (Vol. 13–15) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la MachineLe Temps des Systèmes
OMNIBUS TOME VI (Vol. 16–18) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'ExilLe Temps de l'Hôte
OMNIBUS TOME VII (Vol. 19–21) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et le Nouveau MondeLe Temps de l'Autre Rive
VOLUME 01 · TOME ILe Goûteur du RoiVers 1670 · Cour de Louis XIV (Saint-Germain-en-Laye)
VOLUME 02 · TOME ILa Confrérie du Faux PoidsHiver 1690 · Les corporations de bouche de Paris
VOLUME 03 · TOME ILe Secret de la Sauce NoireVers 1700 · Une grande maison ducale à la fin du Grand Siècle
VOLUME 04 · TOME IILes Soupers de la RégenceFévrier 1720 · Le Palais-Royal & le Système de Law
VOLUME 05 · TOME IIL'Empoisonneuse de la Rue aux OursVers 1728 · Les rôtisseries & cabarets de la rue aux Ours
VOLUME 06 · TOME IILe Banquet des Fermiers GénérauxVers 1752 · Les palais de la Ferme générale
VOLUME 07 · TOME IIILa Glace EmpoisonnéeVers 1765 · Les cafés et glaciers à la mode des Lumières
VOLUME 08 · TOME IIILe Pain de la DisetteMai 1775 · La Guerre des Farines
VOLUME 09 · TOME IIILa Table des ÉmigrésAutomne 1793 · Paris sous la Terreur
VOLUME 10 · TOME IVLe Premier Restaurant1799–1804 · Les galeries du Palais-Royal sous le Consulat
VOLUME 11 · TOME IVLe Charcutier des Halles1837–1839 · Le Ventre de Paris & la presse à un sou
VOLUME 12 · TOME IVLe Menu du SiègeHiver 1870–1871 · Le Siège de Paris
VOLUME 13 · TOME VLe Wagon des Millionnaires1883–1884 · Les grands express européens
VOLUME 14 · TOME VLa Fée Verte1885–1886 · L’heure verte des boulevards et des faubourgs
VOLUME 15 · TOME VLe Banquet du CentenaireÉté 1889 · L’Exposition Universelle de Paris
VOLUME 16 · TOME VILe Troisième CouvertOctobre 1855 · Un cabinet particulier du boulevard des Italiens
VOLUME 17 · TOME VILa Bouche de l'EmpereurJuin 1867 · Les glacières du palais des Tuileries
VOLUME 18 · TOME VILa Marmite de la CommuneMai 1871 · Rue Mouffetard pendant la Semaine sanglante
VOLUME 19 · TOME VIILa Table d'hôteOctobre 1873 · Bleecker Street, New York (La Panique de 1873)
VOLUME 20 · TOME VIILe Chef de la Cinquième AvenueAvril 1883 · Un hôtel particulier de la Cinquième Avenue, New York
VOLUME 21 · TOME VIILe Dîner de la PoliceHiver 1888–1889 · Le Tenderloin & le Delmonico’s, New York
LIASSE I (Vol. 1 · 4 · 7) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Coupes EmpoisonnéesLes Soupers où la Mort se boit au Cristal
LIASSE II (Vol. 2 · 8 · 12) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse du Pain et de la FaimQuand Paris Affamé Juge ses Nourrisseurs
LIASSE III (Vol. 3 · 9 · 20) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Maîtres QueuxLes Secrets d’Office qui valent une Vie
LIASSE IV (Vol. 5 · 10 · 11) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Enseignes & du Ventre de ParisCabarets, Premiers Restaurants & Halles Centrales
LIASSE V (Vol. 6 · 13 · 15) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse de l'Or et des Grands BanquetsHaute Finance, Trains de Luxe & République à Table
LIASSE VI (Vol. 16 · 18 · 21) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Deux Rives (Paris – New York)La Confession Secrète d’Évariste de VarvilleRecettes, histoires, parutions et éditions de collection — quelques lettres par an, jamais davantage.