L’Épicurien — Tome I : Les Recettes (Vol. 1)
Service à la russe, Sauces, Garnitures, Potages, Hors-d’œuvre, Poissons & Relevés
MAISON BEAULIEUAB ÉDITIONS · CUISINE & LETTRES
Pendant la semaine fastueuse des souverains, un maître saucier de la Bouche impériale meurt de froid derrière une porte verrouillée du dehors — et un magistrat signe en quatre lignes un non-lieu d’État.
Il n'y a pas eu de procès. C'est la première chose qu'il faut dire de cette affaire, parce qu'elle en dépend tout entière : un homme est mort, un matin de juin, dans une pièce dont la porte fermait du dehors, et personne n'a jamais été jugé pour cela. Un saucier de la Maison de l'Empereur, le meilleur de Paris au dire de ceux qui l'avaient vu travailler, descend une nuit à la glacière des cuisines des Tuileries et n'en remonte pas. On le trouve le lendemain à six heures, au pied de la porte, mort de froid, les ongles cassés sur la porte. C'était la semaine où la France recevait deux souverains à la fois --- la plus grande semaine que le Second Empire ait connue à sa table, et l'une des dernières. Un substitut du procureur impérial, de service ce jour-là, voit la porte, voit le verrou, voit la clef ; on le fait monter, l'après-midi même, dans un cabinet où l'on lui dit que la Maison a sa police ; le lendemain, il signe un réquisitoire de quatre lignes. Mort accidentelle. Imprudence de la victime. Qu'il n'y ait lieu à suivre.
Dans La Bouche de l'Empereur, Évariste de Varville fait servir à ses douze jurés le véritable AOÛT, 1866 — Dîner de 200 Couverts — Président Johnson composé au Delmonico’s de New York par son chef légendaire Charles Ranhofer (1836–1899), avec 7 recettes d’époque détaillées en fin de volume.
Pour la première fois, Adrien Beaulieu et la Maison Beaulieu publient l’intégrale de L’Épicurien en 3 volumes français traduits (ainsi que les 3 volumes de l’édition originale anglaise) : deux tomes de recettes (plus de 3 500 apprêts du Delmonico’s) et le tome des Menus historiques où Varville puise chacune de ses soirées.
Commandez le Tome III (Les Menus de l’Épicurien) pour tenir entre vos mains toutes les cartes originales du Delmonico’s, ou réunissez la Trilogie complète (Recettes Tomes I & II + Menus Tome III) en Français ou en Anglais.
Service à la russe, Sauces, Garnitures, Potages, Hors-d’œuvre, Poissons & Relevés
Entrées de haute table, Rôts, Gibiers, Entremets chauds & froids, Pâtisserie & Glaces
Les cartes historiques servies par Charles Ranhofer à New York (1862–1894) où Varville puise chaque dîner du Cercle
Table Service, Elementary Methods, Sauces, Soups, Side Dishes, Fish & Removes
Entrées, Roasts, Salads, Vegetables, Sweet Entremets, Pastry, Ices & Confectionery
Franco-American Menus for every season and historic banquets at Delmonico’s (1862–1894)
Ce que l'histoire a laissé --- ce que le roman a inventé
Un roman historique s'écrit toujours dans les marges de ce qui a eu lieu. Ce chapitre est là pour aider le lecteur à démêler les fils --- ce qui vient des archives, ce qu'on a extrapolé, ce qu'on a fabriqué de toutes pièces. Car ce dix-septième volume repose sur un décor qui, lui, a bel et bien existé : l'Exposition universelle de 1867, la semaine où trois souverains logèrent à Paris, la Maison de l'Empereur et son Service de la Bouche, et la fabrique ordinaire de la justice de parquet sous le Second Empire --- ses substituts jeunes, ses classements qu'on ne rouvre jamais.
Ce qui est documenté.
« Autour de la table d’Évariste de Varville, douze jurés écoutent, soupèsent et votent au dessert — mais le treizième couvert reste toujours vide, car c’est la mémoire d’un mort qui préside. » — Auguste de la Varenne · Treize à Table (Volume 17)
Pendant la semaine fastueuse des souverains, un maître saucier de la Bouche impériale meurt de froid derrière une porte verrouillée du dehors — et un magistrat signe en quatre lignes un non-lieu d’État.
Il n'y a pas eu de procès. C'est la première chose qu'il faut dire de cette affaire, parce qu'elle en dépend tout entière : un homme est mort, un matin de juin, dans une pièce dont la porte fermait du dehors, et personne n'a jamais été jugé pour cela. Un saucier de la Maison de l'Empereur, le meilleur de Paris au dire de ceux qui l'avaient vu travailler, descend une nuit à la glacière des cuisines des Tuileries et n'en remonte pas. On le trouve le lendemain à six heures, au pied de la porte, mort de froid, les ongles cassés sur la porte. C'était la semaine où la France recevait deux souverains à la fois --- la plus grande semaine que le Second Empire ait connue à sa table, et l'une des dernières. Un substitut du procureur impérial, de service ce jour-là, voit la porte, voit le verrou, voit la clef ; on le fait monter, l'après-midi même, dans un cabinet où l'on lui dit que la Maison a sa police ; le lendemain, il signe un réquisitoire de quatre lignes. Mort accidentelle. Imprudence de la victime. Qu'il n'y ait lieu à suivre.
Ce dix-septième volume de Treize à table rouvre ce dossier vingt-quatre ans plus tard, dans le salon privé du Delmonico's de New York, un soir de novembre mil huit cent quatre-vingt-onze. Comme au tome précédent, ce n'est pas un carton de l'archiviste Peuchet qui fournit l'affaire : c'est l'hôte lui-même, Évariste de Varville, qui la porte depuis vingt-quatre ans dans un tiroir, puis dans une malle, puis dans une valise d'exil. Car le substitut qui a signé ce classement, ce mardi de juin mil huit cent soixante-sept, c'est lui --- et il ne raconte pas, cette fois, une affaire qu'il n'a pas su lire. Il raconte celle où il a très bien vu, et où il a écrit le contraire de ce qu'il voyait.
Le dîner sert la carte que la ville de New York offrit, en août mil huit cent soixante-six, au président des États-Unis Andrew Johnson --- deux cents couverts chez Delmonico's, les vins imprimés dans le service même de la carte, comme la maison les servait alors. Ce n'est pas un hasard de calendrier : deux ans après ce dîner, le Congrès mettait le même président en accusation, et il s'en est fallu d'une voix qu'il ne fût destitué. Varville sert à son Cercle, un an avant son affaire, la carte d'un pouvoir qu'on a jugé de justesse --- l'année d'après, lui-même, ailleurs, plie devant un autre pouvoir sans qu'on eût besoin d'une seule voix pour l'y contraindre.
Devant le treizième couvert, ce soir, il n'y a pas de papier plié : il y a une grosse clef de fer, posée sur une serviette pliée en carré. « La seule pièce que j'aie volée à l'Empereur », dit l'hôte en l'y déposant. Et pour la première fois en dix-sept dîners, il annonce à sa table, dès le premier service, qu'il rompra ses propres usages : il dira ce qu'il croit avant que le jury ne vote, et non après. Le jury vote --- et c'est, pour la première fois depuis que le Cercle existe, un vote qui va contre l'avis même de son hôte. Vous saurez pourquoi après le café, et vous saurez, aux pièces montées, ce que vingt-quatre années de silence avaient encore à apprendre à un homme qui croyait avoir tout compris le lendemain du drame.
Amontillado · Consommé Châtelaine · Bisque aux Quenelles
Novembre, cette année-là, avait pris New York par surprise : la veille encore on se promenait sans manteau dans Madison Square, sous des arbres qui n'avaient pas fini de perdre leurs feuilles, et ce soir un vent du nord, sec et pointu, avait vidé la place en une heure, faisant courir le long des grilles des tourbillons de feuilles mortes qui allaient s'écraser contre les roues des voitures arrêtées devant Delmonico's. Dans le cabinet particulier du premier étage, où le Cercle de la Ciguë tenait ses assises depuis tant d'hivers, on avait poussé le feu très haut, et l'on avait fait plus : on avait ôté les fleurs. Il n'y avait sur la table ovale, dressée pour treize, ni jonquilles ni roses, ni ces branches d'automne qu'on met d'ordinaire dans les vases bas ; il y avait l'argent, le cristal, les flambeaux, la nappe — et, devant la place vide, sur une serviette pliée en carré, une clef.
C'était une grosse clef de fer, longue comme la main, noire, à panneton simple, à l'anneau plat, une clef de cave ou d'office, telle qu'on en pend par dizaines aux clous d'un couloir de service ; et elle était posée là, entre la fourchette et le couteau du treizième couvert, avec la simplicité un peu brutale d'un outil qu'on aurait oublié sur une nappe.
— Vous nous servez la clef des champs, dit le comte Pavel Dmitrievitch en s'asseyant, et il regarda la clef comme on regarde un cadeau dont on ne sait pas encore s'il est de bon goût.
Signée sous le nom de plume Auguste de la Varenne pour la Maison Beaulieu (AB Éditions), la collection se déploie en 21 dîners individuels (Ebook, Broché, Relié), réunis en 7 Tomes Omnibus chronologiques (Broché & Relié Collector) et 6 Liasses thématiques, adossés aux 3 volumes de L’Épicurien de Charles Ranhofer.
OMNIBUS TOME I (Vol. 1–3) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la CouronneLe Temps des Officiers de Bouche
OMNIBUS TOME II (Vol. 4–6) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'OrLe Temps du Papier
OMNIBUS TOME III (Vol. 7–9) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la TerreurLe Temps des Cendres
OMNIBUS TOME IV (Vol. 10–12) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'EnseigneLe Temps des Villes
OMNIBUS TOME V (Vol. 13–15) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la MachineLe Temps des Systèmes
OMNIBUS TOME VI (Vol. 16–18) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'ExilLe Temps de l'Hôte
OMNIBUS TOME VII (Vol. 19–21) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et le Nouveau MondeLe Temps de l'Autre Rive
VOLUME 01 · TOME ILe Goûteur du RoiVers 1670 · Cour de Louis XIV (Saint-Germain-en-Laye)
VOLUME 02 · TOME ILa Confrérie du Faux PoidsHiver 1690 · Les corporations de bouche de Paris
VOLUME 03 · TOME ILe Secret de la Sauce NoireVers 1700 · Une grande maison ducale à la fin du Grand Siècle
VOLUME 04 · TOME IILes Soupers de la RégenceFévrier 1720 · Le Palais-Royal & le Système de Law
VOLUME 05 · TOME IIL'Empoisonneuse de la Rue aux OursVers 1728 · Les rôtisseries & cabarets de la rue aux Ours
VOLUME 06 · TOME IILe Banquet des Fermiers GénérauxVers 1752 · Les palais de la Ferme générale
VOLUME 07 · TOME IIILa Glace EmpoisonnéeVers 1765 · Les cafés et glaciers à la mode des Lumières
VOLUME 08 · TOME IIILe Pain de la DisetteMai 1775 · La Guerre des Farines
VOLUME 09 · TOME IIILa Table des ÉmigrésAutomne 1793 · Paris sous la Terreur
VOLUME 10 · TOME IVLe Premier Restaurant1799–1804 · Les galeries du Palais-Royal sous le Consulat
VOLUME 11 · TOME IVLe Charcutier des Halles1837–1839 · Le Ventre de Paris & la presse à un sou
VOLUME 12 · TOME IVLe Menu du SiègeHiver 1870–1871 · Le Siège de Paris
VOLUME 13 · TOME VLe Wagon des Millionnaires1883–1884 · Les grands express européens
VOLUME 14 · TOME VLa Fée Verte1885–1886 · L’heure verte des boulevards et des faubourgs
VOLUME 15 · TOME VLe Banquet du CentenaireÉté 1889 · L’Exposition Universelle de Paris
VOLUME 16 · TOME VILe Troisième CouvertOctobre 1855 · Un cabinet particulier du boulevard des Italiens
VOLUME 17 · TOME VILa Bouche de l'EmpereurJuin 1867 · Les glacières du palais des Tuileries
VOLUME 18 · TOME VILa Marmite de la CommuneMai 1871 · Rue Mouffetard pendant la Semaine sanglante
VOLUME 19 · TOME VIILa Table d'hôteOctobre 1873 · Bleecker Street, New York (La Panique de 1873)
VOLUME 20 · TOME VIILe Chef de la Cinquième AvenueAvril 1883 · Un hôtel particulier de la Cinquième Avenue, New York
VOLUME 21 · TOME VIILe Dîner de la PoliceHiver 1888–1889 · Le Tenderloin & le Delmonico’s, New York
LIASSE I (Vol. 1 · 4 · 7) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Coupes EmpoisonnéesLes Soupers où la Mort se boit au Cristal
LIASSE II (Vol. 2 · 8 · 12) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse du Pain et de la FaimQuand Paris Affamé Juge ses Nourrisseurs
LIASSE III (Vol. 3 · 9 · 20) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Maîtres QueuxLes Secrets d’Office qui valent une Vie
LIASSE IV (Vol. 5 · 10 · 11) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Enseignes & du Ventre de ParisCabarets, Premiers Restaurants & Halles Centrales
LIASSE V (Vol. 6 · 13 · 15) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse de l'Or et des Grands BanquetsHaute Finance, Trains de Luxe & République à Table
LIASSE VI (Vol. 16 · 18 · 21) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Deux Rives (Paris – New York)La Confession Secrète d’Évariste de VarvilleRecettes, histoires, parutions et éditions de collection — quelques lettres par an, jamais davantage.