L’Épicurien — Tome I : Les Recettes (Vol. 1)
Service à la russe, Sauces, Garnitures, Potages, Hors-d’œuvre, Poissons & Relevés
MAISON BEAULIEUAB ÉDITIONS · CUISINE & LETTRES
Au festin de Balthazar des rois de l’impôt, les truffes du Périgord et les vins de Tokay côtoient sur la même nappe damassée une dette qu’aucun or ne peut racheter.
Il existe des tables où l'on ne mange pas : on compte. Sous Louis XV, les plus riches de France n'étaient ni les princes ni les ducs, mais quarante hommes que nul n'avait faits nobles — les fermiers généraux, à qui le roi louait le droit de lever ses impôts, et qui en gardaient la différence. On les haïssait comme on hait ce dont on dépend. Leurs hôtels étaient les plus beaux de Paris, leurs cuisines les plus courues, leur vaisselle d'or fin ; et derrière l'or, une comptabilité que personne n'avait le droit de lire — les croupes, ces parts secrètes qu'on servait à des mains de cour dont le nom ne paraissait sur aucun bail. Plus la table était riche, plus le silence qui l'entourait coûtait cher.
Dans Le Banquet des Fermiers Généraux, Évariste de Varville fait servir à ses douze jurés le véritable Dîner en l'honneur de James G. Blaine — Delmonico's, octobre 1884 — 200 couverts composé au Delmonico’s de New York par son chef légendaire Charles Ranhofer (1836–1899), avec 8 recettes d’époque détaillées en fin de volume.
Pour la première fois, Adrien Beaulieu et la Maison Beaulieu publient l’intégrale de L’Épicurien en 3 volumes français traduits (ainsi que les 3 volumes de l’édition originale anglaise) : deux tomes de recettes (plus de 3 500 apprêts du Delmonico’s) et le tome des Menus historiques où Varville puise chacune de ses soirées.
Commandez le Tome III (Les Menus de l’Épicurien) pour tenir entre vos mains toutes les cartes originales du Delmonico’s, ou réunissez la Trilogie complète (Recettes Tomes I & II + Menus Tome III) en Français ou en Anglais.
Service à la russe, Sauces, Garnitures, Potages, Hors-d’œuvre, Poissons & Relevés
Entrées de haute table, Rôts, Gibiers, Entremets chauds & froids, Pâtisserie & Glaces
Les cartes historiques servies par Charles Ranhofer à New York (1862–1894) où Varville puise chaque dîner du Cercle
Table Service, Elementary Methods, Sauces, Soups, Side Dishes, Fish & Removes
Entrées, Roasts, Salads, Vegetables, Sweet Entremets, Pastry, Ices & Confectionery
Franco-American Menus for every season and historic banquets at Delmonico’s (1862–1894)
Ce que l'histoire a laissé --- ce que le roman a inventé
Un roman historique est toujours un mensonge qu'on dit à voix haute, en espérant qu'il dit quelque chose de vrai. Ce chapitre est là pour aider le lecteur à démêler les fils --- ce qui vient des archives, ce qu'on a extrapolé, ce qu'on a fabriqué de toutes pièces. Car ce sixième volume repose sur un décor qui, lui, a bel et bien existé : la Ferme générale, cette compagnie de financiers à qui le roi de France louait le droit de lever ses impôts, et dont les hôtels, les tables et les fortunes furent, au milieu du XVIIIe siècle, les plus somptueux et les plus haïs du royaume.
Ce qui est documenté.
« Autour de la table d’Évariste de Varville, douze jurés écoutent, soupèsent et votent au dessert — mais le treizième couvert reste toujours vide, car c’est la mémoire d’un mort qui préside. » — Auguste de la Varenne · Treize à Table (Volume 6)
Au festin de Balthazar des rois de l’impôt, les truffes du Périgord et les vins de Tokay côtoient sur la même nappe damassée une dette qu’aucun or ne peut racheter.
Il existe des tables où l'on ne mange pas : on compte. Sous Louis XV, les plus riches de France n'étaient ni les princes ni les ducs, mais quarante hommes que nul n'avait faits nobles — les fermiers généraux, à qui le roi louait le droit de lever ses impôts, et qui en gardaient la différence. On les haïssait comme on hait ce dont on dépend. Leurs hôtels étaient les plus beaux de Paris, leurs cuisines les plus courues, leur vaisselle d'or fin ; et derrière l'or, une comptabilité que personne n'avait le droit de lire — les croupes, ces parts secrètes qu'on servait à des mains de cour dont le nom ne paraissait sur aucun bail. Plus la table était riche, plus le silence qui l'entourait coûtait cher.
Le 23 novembre 1750, au plus fastueux souper de la saison — soixante couverts, la vaisselle d'or sortie, le grand traiteur d'apparat de la capitale aux fourneaux —, un fermier général s'effondra dans son assiette au moment du relevé. Convulsions, une heure d'agonie, puis plus rien. Soixante convives avaient mangé les mêmes plats ; un seul était mort. On cria au poison, et l'on arrêta le traiteur sur l'heure — car il fallait bien que le crime vînt de quelque part, et la cuisine est toujours coupable commode. Ce roman est l'histoire de cet homme-là : un maître de bouche que le soupçon ruine avant tout jugement, dont la maison meurt pendant qu'il croupit au For-l'Évêque, et que nul ne songera jamais à laver. Car le poison n'était pas dans les soixante assiettes.
Ce sixième volume de Treize à table vous convie dans le salon privé d'Évariste de Varville, au Delmonico's de New York. Le menu est celui du grand dîner de deux cents couverts offert en octobre 1884 à l'homme politique James G. Blaine — un festin d'un tel faste que la presse le surnomma le banquet de Balthazar, celui des rois de l'argent réunis à huit jours d'une élection perdue. Nul hasard : Varville n'a jamais choisi un menu sans raison, et il fallait bien un banquet de financiers pour juger une affaire de financiers. Le Cercle de la Ciguë siège au complet. L'affaire du soir : un mort dans son assiette d'or, soixante témoins, un traiteur au cachot, et un poison que toute une Ferme a eu intérêt à croire venu des cuivres de la cuisine. Et, au fond de tout, la question que Varville pose toujours à la fin du dessert : qui a vraiment tué — et pour le compte de qui ?
La réponse n'est jamais simple. Elle ne l'est jamais, dans les cartons de Jacques Peuchet.
Huîtres
L'or, ce soir-là, était arrivé le premier.
Quand les convives du Cercle de la Ciguë montèrent, un à un ou par paires, l'escalier du Delmonico's jusqu'au salon particulier qui leur était réservé — ce rectangle de boiseries sombres et de lumière de gaz suspendu au-dessus du fracas de la Vingt-sixième Rue —, ils trouvèrent la table dressée comme à l'ordinaire : treize couverts sur la nappe damassée, les verres en files disciplinées, les serviettes pliées en mitres, les bougies doublant les becs de gaz parce que Varville soutenait qu'aucune huître n'avait jamais été belle à la lumière moderne, et le treizième couvert vide, comme toujours, en face de l'hôte. Le salon sentait la cire, le linge chaud et, très loin dessous, cette rumeur de beurre et de fumet qui montait des cuisines par tous les pores de la maison. Mais devant la place vide, à l'endroit exact où aurait dû s'aligner la porcelaine aux armes de Delmonico, quelqu'un avait posé une assiette d'or.
Non pas dorée : d'or. Un or ancien, profond, un peu gras sous la lumière, de ceux qui ne brillent pas mais qui pèsent ; un marli large comme une main, des armes gravées au centre que le temps avait polies sans les effacer tout à fait, et sur le bord, minuscule, un poinçon que personne, à distance polie, ne pouvait lire. Autour d'elle, l'argenterie de la maison semblait soudain de l'argenterie d'hôtel. Elle attendait. Elle avait l'air d'attendre depuis longtemps.
Signée sous le nom de plume Auguste de la Varenne pour la Maison Beaulieu (AB Éditions), la collection se déploie en 21 dîners individuels (Ebook, Broché, Relié), réunis en 7 Tomes Omnibus chronologiques (Broché & Relié Collector) et 6 Liasses thématiques, adossés aux 3 volumes de L’Épicurien de Charles Ranhofer.
OMNIBUS TOME I (Vol. 1–3) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la CouronneLe Temps des Officiers de Bouche
OMNIBUS TOME II (Vol. 4–6) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'OrLe Temps du Papier
OMNIBUS TOME III (Vol. 7–9) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la TerreurLe Temps des Cendres
OMNIBUS TOME IV (Vol. 10–12) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'EnseigneLe Temps des Villes
OMNIBUS TOME V (Vol. 13–15) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la MachineLe Temps des Systèmes
OMNIBUS TOME VI (Vol. 16–18) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'ExilLe Temps de l'Hôte
OMNIBUS TOME VII (Vol. 19–21) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et le Nouveau MondeLe Temps de l'Autre Rive
VOLUME 01 · TOME ILe Goûteur du RoiVers 1670 · Cour de Louis XIV (Saint-Germain-en-Laye)
VOLUME 02 · TOME ILa Confrérie du Faux PoidsHiver 1690 · Les corporations de bouche de Paris
VOLUME 03 · TOME ILe Secret de la Sauce NoireVers 1700 · Une grande maison ducale à la fin du Grand Siècle
VOLUME 04 · TOME IILes Soupers de la RégenceFévrier 1720 · Le Palais-Royal & le Système de Law
VOLUME 05 · TOME IIL'Empoisonneuse de la Rue aux OursVers 1728 · Les rôtisseries & cabarets de la rue aux Ours
VOLUME 06 · TOME IILe Banquet des Fermiers GénérauxVers 1752 · Les palais de la Ferme générale
VOLUME 07 · TOME IIILa Glace EmpoisonnéeVers 1765 · Les cafés et glaciers à la mode des Lumières
VOLUME 08 · TOME IIILe Pain de la DisetteMai 1775 · La Guerre des Farines
VOLUME 09 · TOME IIILa Table des ÉmigrésAutomne 1793 · Paris sous la Terreur
VOLUME 10 · TOME IVLe Premier Restaurant1799–1804 · Les galeries du Palais-Royal sous le Consulat
VOLUME 11 · TOME IVLe Charcutier des Halles1837–1839 · Le Ventre de Paris & la presse à un sou
VOLUME 12 · TOME IVLe Menu du SiègeHiver 1870–1871 · Le Siège de Paris
VOLUME 13 · TOME VLe Wagon des Millionnaires1883–1884 · Les grands express européens
VOLUME 14 · TOME VLa Fée Verte1885–1886 · L’heure verte des boulevards et des faubourgs
VOLUME 15 · TOME VLe Banquet du CentenaireÉté 1889 · L’Exposition Universelle de Paris
VOLUME 16 · TOME VILe Troisième CouvertOctobre 1855 · Un cabinet particulier du boulevard des Italiens
VOLUME 17 · TOME VILa Bouche de l'EmpereurJuin 1867 · Les glacières du palais des Tuileries
VOLUME 18 · TOME VILa Marmite de la CommuneMai 1871 · Rue Mouffetard pendant la Semaine sanglante
VOLUME 19 · TOME VIILa Table d'hôteOctobre 1873 · Bleecker Street, New York (La Panique de 1873)
VOLUME 20 · TOME VIILe Chef de la Cinquième AvenueAvril 1883 · Un hôtel particulier de la Cinquième Avenue, New York
VOLUME 21 · TOME VIILe Dîner de la PoliceHiver 1888–1889 · Le Tenderloin & le Delmonico’s, New York
LIASSE I (Vol. 1 · 4 · 7) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Coupes EmpoisonnéesLes Soupers où la Mort se boit au Cristal
LIASSE II (Vol. 2 · 8 · 12) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse du Pain et de la FaimQuand Paris Affamé Juge ses Nourrisseurs
LIASSE III (Vol. 3 · 9 · 20) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Maîtres QueuxLes Secrets d’Office qui valent une Vie
LIASSE IV (Vol. 5 · 10 · 11) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Enseignes & du Ventre de ParisCabarets, Premiers Restaurants & Halles Centrales
LIASSE V (Vol. 6 · 13 · 15) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse de l'Or et des Grands BanquetsHaute Finance, Trains de Luxe & République à Table
LIASSE VI (Vol. 16 · 18 · 21) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Deux Rives (Paris – New York)La Confession Secrète d’Évariste de VarvilleRecettes, histoires, parutions et éditions de collection — quelques lettres par an, jamais davantage.