L’Épicurien — Tome I : Les Recettes (Vol. 1)
Service à la russe, Sauces, Garnitures, Potages, Hors-d’œuvre, Poissons & Relevés
MAISON BEAULIEUAB ÉDITIONS · CUISINE & LETTRES
Dans la rue des rôtisseurs d’oies, on dîne parfois pour la dernière fois — et la clameur d’un quartier condamne une cabaretière bien avant que les juges n’ouvrent le dossier.
Il est des femmes que la ville aime jusqu'au jour où elle décide de les haïr, et rien, alors, ne les sauve. Perrette Soulas, veuve Lasnier, tenait rue aux Ours le meilleur ragoût de mouton aux navets du quartier Saint-Martin — un cabaret modeste, le Pot d'Étain, où le petit peuple de Paris venait dîner à crédit, où les vieux solitaires avaient leur couvert et leur écuelle chaude, où l'on parlait fort et où l'on mangeait mieux qu'à la maison. On l'aimait pour cela. On la pendit pour cela aussi — ou peu s'en fallut.
Dans L'Empoisonneuse de la Rue aux Ours, Évariste de Varville fait servir à ses douze jurés le véritable Dîner en l'honneur de Mr. Joseph Pulitzer — Delmonico's, novembre 1886 — 16 couverts composé au Delmonico’s de New York par son chef légendaire Charles Ranhofer (1836–1899), avec 8 recettes d’époque détaillées en fin de volume.
Pour la première fois, Adrien Beaulieu et la Maison Beaulieu publient l’intégrale de L’Épicurien en 3 volumes français traduits (ainsi que les 3 volumes de l’édition originale anglaise) : deux tomes de recettes (plus de 3 500 apprêts du Delmonico’s) et le tome des Menus historiques où Varville puise chacune de ses soirées.
Commandez le Tome III (Les Menus de l’Épicurien) pour tenir entre vos mains toutes les cartes originales du Delmonico’s, ou réunissez la Trilogie complète (Recettes Tomes I & II + Menus Tome III) en Français ou en Anglais.
Service à la russe, Sauces, Garnitures, Potages, Hors-d’œuvre, Poissons & Relevés
Entrées de haute table, Rôts, Gibiers, Entremets chauds & froids, Pâtisserie & Glaces
Les cartes historiques servies par Charles Ranhofer à New York (1862–1894) où Varville puise chaque dîner du Cercle
Table Service, Elementary Methods, Sauces, Soups, Side Dishes, Fish & Removes
Entrées, Roasts, Salads, Vegetables, Sweet Entremets, Pastry, Ices & Confectionery
Franco-American Menus for every season and historic banquets at Delmonico’s (1862–1894)
Ce que l'histoire a laissé — ce que le roman a inventé
Un roman historique est toujours un mensonge qu'on dit à voix haute, en espérant qu'il dit quelque chose de vrai. Ce chapitre est là pour aider le lecteur à démêler les fils — ce qui vient des archives, ce qu'on a extrapolé, ce qu'on a fabriqué de toutes pièces. Car ce cinquième volume repose sur un décor qui, lui, a bel et bien existé : le Paris populaire des cabarets-traiteurs, en ce premier tiers du XVIIIe siècle où l'on dînait à crédit au coin d'une table commune, où les vieux solitaires avaient leur écuelle chaude chez une hôtesse qui les connaissait, et où la rumeur d'une rue pouvait tuer une femme plus sûrement que n'importe quel poison.
Ce qui est documenté.
« Autour de la table d’Évariste de Varville, douze jurés écoutent, soupèsent et votent au dessert — mais le treizième couvert reste toujours vide, car c’est la mémoire d’un mort qui préside. » — Auguste de la Varenne · Treize à Table (Volume 5)
Dans la rue des rôtisseurs d’oies, on dîne parfois pour la dernière fois — et la clameur d’un quartier condamne une cabaretière bien avant que les juges n’ouvrent le dossier.
Il est des femmes que la ville aime jusqu'au jour où elle décide de les haïr, et rien, alors, ne les sauve. Perrette Soulas, veuve Lasnier, tenait rue aux Ours le meilleur ragoût de mouton aux navets du quartier Saint-Martin — un cabaret modeste, le Pot d'Étain, où le petit peuple de Paris venait dîner à crédit, où les vieux solitaires avaient leur couvert et leur écuelle chaude, où l'on parlait fort et où l'on mangeait mieux qu'à la maison. On l'aimait pour cela. On la pendit pour cela aussi — ou peu s'en fallut.
Car en quatre ans, quatre vieux habitués du Pot d'Étain moururent, chacun quelques semaines après avoir fait ou refait son testament, et chaque testament laissait quelque chose « à Perrette Soulas, ma bonne hôtesse, qui m'a nourrie mieux que ma famille ». Quatre legs en quatre ans : il n'en fallut pas davantage. La rumeur monta du lavoir à la paroisse, de la paroisse au guet, du guet au Châtelet. « Son assaisonnement fait hériter », disait-on. En janvier 1731, le Parlement la condamna sur la seule voix publique — sans le moindre corps disséqué, sans la moindre preuve de poison, car la chimie de ce temps-là ne savait rien prouver. Perrette mourut à la Conciergerie avant l'échafaud, en demandant qui avait tué ses vieux. Personne ne le lui dit. Personne ne le savait.
Ce cinquième volume de Treize à table vous invite dans le salon privé d'Évariste de Varville, au Delmonico's de New York. Le menu du soir est celui du grand dîner de seize couverts offert en novembre 1886 à Mr. Joseph Pulitzer, le prince de la presse américaine — un menu choisi exprès, car l'affaire du soir est une affaire de rumeur, et la rumeur est la presse des pauvres. Le Cercle de la Ciguë siège au complet. L'accusée est morte depuis cent cinquante-sept ans, condamnée dans les formes, jugée par un vrai parlement. Et pourtant, au fond de tout, il y a cette question que Varville pose toujours à la fin du dessert : qui a vraiment tué — et pourquoi une ville entière s'est-elle trompée de coupable ?
La réponse n'est jamais simple. Elle ne l'est jamais, dans les cartons de Jacques Peuchet.
Huîtres sur coquilles · Château Yquem
La rue aux Ours sentait la graisse chaude depuis quatre cents ans.
Elle ne devait rien aux ours, quoi qu'en disent les enseignes. Les savants du quartier — il y en a dans tous les quartiers, c'est une denrée qui pousse sans qu'on l'arrose — expliquaient volontiers qu'on avait dit jadis la rue aux Oues, la rue aux oies, du temps que les rôtisseurs y tournaient leurs bêtes grasses en pleine boutique et que le fumet en descendait jusqu'aux Halles comme une procession. Le peuple, qui n'aime pas les mots qui boitent, avait changé les oies en ours, et gardé les broches. On rôtissait donc rue aux Ours de père en fils, entre Saint-Martin et Saint-Denis, à portée de cloche de Saint-Leu ; les jours de vent d'ouest, le quartier entier mangeait de l'odeur, ce qui est la seule cuisine que Paris ait jamais servie gratis. Et dans cette rue vouée au feu doux, vers le milieu, il y avait une maison basse à l'enseigne d'un pot gris : le Pot d'Étain.
Ce n'était ni la plus grande table du quartier, ni la mieux famée auprès des maîtres rôtisseurs, qui voyaient d'un œil de jurande ce cabaret-traiteur où l'on servait à toute heure ce qu'ils auraient voulu qu'on ne servît qu'à la leur. C'était mieux : c'était la maison où l'on revenait. Une salle enfumée aux poutres luisantes, six tables d'un bois gras et doux comme une vieille selle, des pots d'étain qui avaient pris au fil des ans le poli des choses trop aimées, un feu qui ne s'éteignait guère, même aux petites heures, même au cœur de l'été — et, régnant sur le tout depuis la cuisine ouverte, dans une marmite noire dont le couvercle chantait à petit bruit, un ragoût de mouton aux navets dont la rue entière s'accordait à dire qu'il n'avait pas d'égal entre la Seine et la porte Saint-Martin.
Signée sous le nom de plume Auguste de la Varenne pour la Maison Beaulieu (AB Éditions), la collection se déploie en 21 dîners individuels (Ebook, Broché, Relié), réunis en 7 Tomes Omnibus chronologiques (Broché & Relié Collector) et 6 Liasses thématiques, adossés aux 3 volumes de L’Épicurien de Charles Ranhofer.
OMNIBUS TOME I (Vol. 1–3) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la CouronneLe Temps des Officiers de Bouche
OMNIBUS TOME II (Vol. 4–6) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'OrLe Temps du Papier
OMNIBUS TOME III (Vol. 7–9) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la TerreurLe Temps des Cendres
OMNIBUS TOME IV (Vol. 10–12) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'EnseigneLe Temps des Villes
OMNIBUS TOME V (Vol. 13–15) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la MachineLe Temps des Systèmes
OMNIBUS TOME VI (Vol. 16–18) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'ExilLe Temps de l'Hôte
OMNIBUS TOME VII (Vol. 19–21) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et le Nouveau MondeLe Temps de l'Autre Rive
VOLUME 01 · TOME ILe Goûteur du RoiVers 1670 · Cour de Louis XIV (Saint-Germain-en-Laye)
VOLUME 02 · TOME ILa Confrérie du Faux PoidsHiver 1690 · Les corporations de bouche de Paris
VOLUME 03 · TOME ILe Secret de la Sauce NoireVers 1700 · Une grande maison ducale à la fin du Grand Siècle
VOLUME 04 · TOME IILes Soupers de la RégenceFévrier 1720 · Le Palais-Royal & le Système de Law
VOLUME 05 · TOME IIL'Empoisonneuse de la Rue aux OursVers 1728 · Les rôtisseries & cabarets de la rue aux Ours
VOLUME 06 · TOME IILe Banquet des Fermiers GénérauxVers 1752 · Les palais de la Ferme générale
VOLUME 07 · TOME IIILa Glace EmpoisonnéeVers 1765 · Les cafés et glaciers à la mode des Lumières
VOLUME 08 · TOME IIILe Pain de la DisetteMai 1775 · La Guerre des Farines
VOLUME 09 · TOME IIILa Table des ÉmigrésAutomne 1793 · Paris sous la Terreur
VOLUME 10 · TOME IVLe Premier Restaurant1799–1804 · Les galeries du Palais-Royal sous le Consulat
VOLUME 11 · TOME IVLe Charcutier des Halles1837–1839 · Le Ventre de Paris & la presse à un sou
VOLUME 12 · TOME IVLe Menu du SiègeHiver 1870–1871 · Le Siège de Paris
VOLUME 13 · TOME VLe Wagon des Millionnaires1883–1884 · Les grands express européens
VOLUME 14 · TOME VLa Fée Verte1885–1886 · L’heure verte des boulevards et des faubourgs
VOLUME 15 · TOME VLe Banquet du CentenaireÉté 1889 · L’Exposition Universelle de Paris
VOLUME 16 · TOME VILe Troisième CouvertOctobre 1855 · Un cabinet particulier du boulevard des Italiens
VOLUME 17 · TOME VILa Bouche de l'EmpereurJuin 1867 · Les glacières du palais des Tuileries
VOLUME 18 · TOME VILa Marmite de la CommuneMai 1871 · Rue Mouffetard pendant la Semaine sanglante
VOLUME 19 · TOME VIILa Table d'hôteOctobre 1873 · Bleecker Street, New York (La Panique de 1873)
VOLUME 20 · TOME VIILe Chef de la Cinquième AvenueAvril 1883 · Un hôtel particulier de la Cinquième Avenue, New York
VOLUME 21 · TOME VIILe Dîner de la PoliceHiver 1888–1889 · Le Tenderloin & le Delmonico’s, New York
LIASSE I (Vol. 1 · 4 · 7) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Coupes EmpoisonnéesLes Soupers où la Mort se boit au Cristal
LIASSE II (Vol. 2 · 8 · 12) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse du Pain et de la FaimQuand Paris Affamé Juge ses Nourrisseurs
LIASSE III (Vol. 3 · 9 · 20) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Maîtres QueuxLes Secrets d’Office qui valent une Vie
LIASSE IV (Vol. 5 · 10 · 11) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Enseignes & du Ventre de ParisCabarets, Premiers Restaurants & Halles Centrales
LIASSE V (Vol. 6 · 13 · 15) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse de l'Or et des Grands BanquetsHaute Finance, Trains de Luxe & République à Table
LIASSE VI (Vol. 16 · 18 · 21) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Deux Rives (Paris – New York)La Confession Secrète d’Évariste de VarvilleRecettes, histoires, parutions et éditions de collection — quelques lettres par an, jamais davantage.