L’Épicurien — Tome I : Les Recettes (Vol. 1)
Service à la russe, Sauces, Garnitures, Potages, Hors-d’œuvre, Poissons & Relevés
MAISON BEAULIEUAB ÉDITIONS · CUISINE & LETTRES
Un restaurateur marseillais de la Trentième Rue refuse de payer la protection et meurt le front contre son fourneau froid, un mois avant que l’état-major de la police new-yorkaise ne banquète au Delmonico’s à trois tables de Varville.
Le lundi dix-sept décembre mil huit cent quatre-vingt-huit, à six heures du matin, le plongeur d'un restaurant de la Trentième Rue Ouest, à New York, pousse la porte de la cuisine en sifflant et trouve son patron étendu sur le carreau, la tête contre l'angle de fonte du fourneau. Le fourneau est froid : il ne l'allumera pas ce matin-là. La porte de la rue est ouverte ; la caisse, sur le comptoir, est intacte. Le capitaine du poste voisin vient lui-même, regarde, et dicte un mot : chute. Un médecin du coroner passe à neuf heures et signe l'accident en un quart d'heure. Le cuisinier s'appelait Émile Sorgue ; il avait cinquante-deux ans, une fille, et douze ans de bonne conduite dans une rue où l'on paie, chaque premier du mois, pour avoir le droit de servir après une heure et le dimanche. En octobre, il avait cessé de payer. Le huit décembre, il l'avait dit à un journaliste. Le journal n'a rien imprimé.
Dans Le Dîner de la Police, Évariste de Varville fait servir à ses douze jurés le véritable JANVIER, 1889 — Dîner de 250 couverts — Annual Dinner given by the Superintendent, Inspectors, and Captains of the New York Police composé au Delmonico’s de New York par son chef légendaire Charles Ranhofer (1836–1899), avec 7 recettes d’époque détaillées en fin de volume.
Pour la première fois, Adrien Beaulieu et la Maison Beaulieu publient l’intégrale de L’Épicurien en 3 volumes français traduits (ainsi que les 3 volumes de l’édition originale anglaise) : deux tomes de recettes (plus de 3 500 apprêts du Delmonico’s) et le tome des Menus historiques où Varville puise chacune de ses soirées.
Commandez le Tome III (Les Menus de l’Épicurien) pour tenir entre vos mains toutes les cartes originales du Delmonico’s, ou réunissez la Trilogie complète (Recettes Tomes I & II + Menus Tome III) en Français ou en Anglais.
Service à la russe, Sauces, Garnitures, Potages, Hors-d’œuvre, Poissons & Relevés
Entrées de haute table, Rôts, Gibiers, Entremets chauds & froids, Pâtisserie & Glaces
Les cartes historiques servies par Charles Ranhofer à New York (1862–1894) où Varville puise chaque dîner du Cercle
Table Service, Elementary Methods, Sauces, Soups, Side Dishes, Fish & Removes
Entrées, Roasts, Salads, Vegetables, Sweet Entremets, Pastry, Ices & Confectionery
Franco-American Menus for every season and historic banquets at Delmonico’s (1862–1894)
Ce que l'histoire a laissé --- ce que le roman a inventé
Un roman historique s'écrit toujours dans les marges de ce qui a eu lieu. Ce chapitre est là pour aider le lecteur à démêler les fils --- ce qui vient des archives, ce qu'on a extrapolé, ce qu'on a fabriqué de toutes pièces. Car ce vingt et unième volume repose sur un décor qui, lui, a bel et bien existé : le quartier new-yorkais dit Tenderloin, l'organisation de la police de la ville dans les années 1880, le système du wardman et de la « protection », et le dîner annuel de la police de New York que Charles Ranhofer dressa, en janvier 1889, chez Delmonico's.
Ce qui est documenté.
« Autour de la table d’Évariste de Varville, douze jurés écoutent, soupèsent et votent au dessert — mais le treizième couvert reste toujours vide, car c’est la mémoire d’un mort qui préside. » — Auguste de la Varenne · Treize à Table (Volume 21)
Un restaurateur marseillais de la Trentième Rue refuse de payer la protection et meurt le front contre son fourneau froid, un mois avant que l’état-major de la police new-yorkaise ne banquète au Delmonico’s à trois tables de Varville.
Le lundi dix-sept décembre mil huit cent quatre-vingt-huit, à six heures du matin, le plongeur d'un restaurant de la Trentième Rue Ouest, à New York, pousse la porte de la cuisine en sifflant et trouve son patron étendu sur le carreau, la tête contre l'angle de fonte du fourneau. Le fourneau est froid : il ne l'allumera pas ce matin-là. La porte de la rue est ouverte ; la caisse, sur le comptoir, est intacte. Le capitaine du poste voisin vient lui-même, regarde, et dicte un mot : chute. Un médecin du coroner passe à neuf heures et signe l'accident en un quart d'heure. Le cuisinier s'appelait Émile Sorgue ; il avait cinquante-deux ans, une fille, et douze ans de bonne conduite dans une rue où l'on paie, chaque premier du mois, pour avoir le droit de servir après une heure et le dimanche. En octobre, il avait cessé de payer. Le huit décembre, il l'avait dit à un journaliste. Le journal n'a rien imprimé.
Ce vingt et unième volume de Treize à table rouvre cette histoire un soir de janvier mil huit cent quatre-vingt-treize — « l'année avait douze jours », dira l'hôte en s'asseyant —, dans le salon privé du Delmonico's de New York. Pour la première fois en vingt dîners, Évariste de Varville sert à son Cercle une affaire où il a lui-même mangé le soir qui compte : le jeudi vingt-quatre janvier mil huit cent quatre-vingt-neuf, invité par un inspecteur à la table onze du dîner annuel de la police de cette ville — deux cent cinquante couverts, dans la salle du bas de cette même maison —, à trois tables d'un capitaine qui, un mois plus tôt, avait écrit sur un registre la mort d'un cuisinier. J'y étais, dira-t-il en substance à ses convives dès le potage — dix-sept ans qu'il leur sert des affaires, et c'est la première fois qu'il leur dit qu'il y était.
Le dîner sert la carte même de ce soir-là : le menu que le superintendant, les inspecteurs et les capitaines de la police de New York offrirent à leur propre corps, en habit, sous les lustres de la grande salle. Il n'y a pas d'huîtres — « la police de cette ville commence par le potage, comme les régiments » —, et l'on y trouve, détaché en service à part, un Sorbet Royale que l'hôte a mangé ce jour-là et dont il dira, avec une économie qui n'est pas feinte, qu'« il était très bon ». Devant la treizième place, pour la première fois en vingt volumes, un objet d'un genre nouveau : une page de registre, arrachée d'un livre relié, retournée sur l'assiette, l'écriture contre la porcelaine. « Une page arrachée, dira l'un des convives. Après un cahier fermé et une lettre retournée, une page arrachée. Vous descendez, Varville. » « Je descends au registre, répondra l'hôte ; c'est la dernière marche. »
Les huit permanents du Cercle sont là, et le colonel O'Brien, cette fois, en est le convive de couverture — l'Irlandais devant les siens : « la police de cette ville parle avec mon accent, dira-t-il aux potages. Je ne l'aime pas moins pour cela. Je vous demande une seule chose : ne me faites pas choisir avant le dessert. » Varville a réuni, pour cette affaire-là, les quatre convives qu'il fallait : Mr. Thomas Garrity, ancien inspecteur de la police de New York, démissionnaire depuis janvier mil huit cent quatre-vingt-dix, qui a promis de parler « à la fin » ; Mlle Marthe Sorgue, la fille du restaurateur, aujourd'hui crémière rue Bleecker, venue « entendre dire de mon père autre chose que ce que la police a écrit » ; M. Amos Kittredge, le journaliste à qui Sorgue avait tout dit le huit décembre, et dont le journal n'a rien imprimé ; et M. Aristide Bonnel, restaurateur voisin, qui paie encore, chaque premier du mois, et qui le dit devant la table sans se cacher.
« Il n'est pas mort de chaleur, mes amis, dit l'hôte en ouvrant le dîner. J'ai mangé, un mois après, à trois tables de celui qui l'a écrit ; et le sorbet était très bon. »
Consommé Rémusat · Bisque d'écrevisses
L'année avait douze jours, et il gelait sur New York comme il n'avait pas gelé de tout l'hiver précédent — un gel de fer, sans neige, qui faisait sonner les rails du tramway et craquer les enseignes ; les convives qui montaient l'escalier du Delmonico's avaient le visage rouge et les mains gourdes, et le portier, en bas, tenait la porte ouverte le moins de temps possible. Dans le cabinet du premier, on avait poussé le feu très haut, et il y avait sur la table, cette fois, des œillets rouges, en une seule gerbe basse, que Mrs. Vance regarda en entrant sans rien dire, parce qu'elle avait dit ce qu'elle avait à dire des fleurs au printemps et à l'automne, et qu'elle savait que l'hôte s'en souvenait.
On avait laissé les pardessus au vestiaire, où les valets alignaient, entre les cannes, des chapeaux dont le feutre gardait encore la trace blanche du givre ; en bas, sur la Cinquième Avenue, les cochers battaient la semelle près de leurs fiacres, et l'on entendait, par la fenêtre à demi tirée, le pas des chevaux sonner sur le pavé gelé comme sur une enclume. Le cabinet, lui, était tiède jusqu'à l'excès : le maître d'hôtel avait fait porter, aux deux bouts de la table, deux candélabres bas, dont la lumière montait sous les visages plutôt qu'elle ne tombait du lustre — un usage que l'hôte demandait chaque hiver, sans jamais l'expliquer davantage que par un geste de la main vers le plafond.
— Vous nous aviez dit janvier, monsieur de Varville, dit-elle seulement, en tendant la main. Il fait un froid de loup.
Signée sous le nom de plume Auguste de la Varenne pour la Maison Beaulieu (AB Éditions), la collection se déploie en 21 dîners individuels (Ebook, Broché, Relié), réunis en 7 Tomes Omnibus chronologiques (Broché & Relié Collector) et 6 Liasses thématiques, adossés aux 3 volumes de L’Épicurien de Charles Ranhofer.
OMNIBUS TOME I (Vol. 1–3) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la CouronneLe Temps des Officiers de Bouche
OMNIBUS TOME II (Vol. 4–6) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'OrLe Temps du Papier
OMNIBUS TOME III (Vol. 7–9) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la TerreurLe Temps des Cendres
OMNIBUS TOME IV (Vol. 10–12) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'EnseigneLe Temps des Villes
OMNIBUS TOME V (Vol. 13–15) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la MachineLe Temps des Systèmes
OMNIBUS TOME VI (Vol. 16–18) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'ExilLe Temps de l'Hôte
OMNIBUS TOME VII (Vol. 19–21) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et le Nouveau MondeLe Temps de l'Autre Rive
VOLUME 01 · TOME ILe Goûteur du RoiVers 1670 · Cour de Louis XIV (Saint-Germain-en-Laye)
VOLUME 02 · TOME ILa Confrérie du Faux PoidsHiver 1690 · Les corporations de bouche de Paris
VOLUME 03 · TOME ILe Secret de la Sauce NoireVers 1700 · Une grande maison ducale à la fin du Grand Siècle
VOLUME 04 · TOME IILes Soupers de la RégenceFévrier 1720 · Le Palais-Royal & le Système de Law
VOLUME 05 · TOME IIL'Empoisonneuse de la Rue aux OursVers 1728 · Les rôtisseries & cabarets de la rue aux Ours
VOLUME 06 · TOME IILe Banquet des Fermiers GénérauxVers 1752 · Les palais de la Ferme générale
VOLUME 07 · TOME IIILa Glace EmpoisonnéeVers 1765 · Les cafés et glaciers à la mode des Lumières
VOLUME 08 · TOME IIILe Pain de la DisetteMai 1775 · La Guerre des Farines
VOLUME 09 · TOME IIILa Table des ÉmigrésAutomne 1793 · Paris sous la Terreur
VOLUME 10 · TOME IVLe Premier Restaurant1799–1804 · Les galeries du Palais-Royal sous le Consulat
VOLUME 11 · TOME IVLe Charcutier des Halles1837–1839 · Le Ventre de Paris & la presse à un sou
VOLUME 12 · TOME IVLe Menu du SiègeHiver 1870–1871 · Le Siège de Paris
VOLUME 13 · TOME VLe Wagon des Millionnaires1883–1884 · Les grands express européens
VOLUME 14 · TOME VLa Fée Verte1885–1886 · L’heure verte des boulevards et des faubourgs
VOLUME 15 · TOME VLe Banquet du CentenaireÉté 1889 · L’Exposition Universelle de Paris
VOLUME 16 · TOME VILe Troisième CouvertOctobre 1855 · Un cabinet particulier du boulevard des Italiens
VOLUME 17 · TOME VILa Bouche de l'EmpereurJuin 1867 · Les glacières du palais des Tuileries
VOLUME 18 · TOME VILa Marmite de la CommuneMai 1871 · Rue Mouffetard pendant la Semaine sanglante
VOLUME 19 · TOME VIILa Table d'hôteOctobre 1873 · Bleecker Street, New York (La Panique de 1873)
VOLUME 20 · TOME VIILe Chef de la Cinquième AvenueAvril 1883 · Un hôtel particulier de la Cinquième Avenue, New York
VOLUME 21 · TOME VIILe Dîner de la PoliceHiver 1888–1889 · Le Tenderloin & le Delmonico’s, New York
LIASSE I (Vol. 1 · 4 · 7) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Coupes EmpoisonnéesLes Soupers où la Mort se boit au Cristal
LIASSE II (Vol. 2 · 8 · 12) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse du Pain et de la FaimQuand Paris Affamé Juge ses Nourrisseurs
LIASSE III (Vol. 3 · 9 · 20) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Maîtres QueuxLes Secrets d’Office qui valent une Vie
LIASSE IV (Vol. 5 · 10 · 11) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Enseignes & du Ventre de ParisCabarets, Premiers Restaurants & Halles Centrales
LIASSE V (Vol. 6 · 13 · 15) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse de l'Or et des Grands BanquetsHaute Finance, Trains de Luxe & République à Table
LIASSE VI (Vol. 16 · 18 · 21) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Deux Rives (Paris – New York)La Confession Secrète d’Évariste de VarvilleRecettes, histoires, parutions et éditions de collection — quelques lettres par an, jamais davantage.