L’Épicurien — Tome I : Les Recettes (Vol. 1)
Service à la russe, Sauces, Garnitures, Potages, Hors-d’œuvre, Poissons & Relevés
MAISON BEAULIEUAB ÉDITIONS · CUISINE & LETTRES
Dans une capitale affamée qui enterre cent mille morts sans faire d’addition, quatre convives s’éteignent « d’épuisement » à la table la mieux garnie de la rive gauche.
Quatre convives sont morts à la table la mieux servie de Paris. On a dit : l'hiver. L'hiver, messieurs, tenait un livre de comptes. Voilà, en trois phrases, toute l'affaire du Menu du Siège --- la plus silencieuse, peut-être, de toutes celles que le Cercle de la Ciguë ait jamais jugées, et la seule que son hôte ait vécue de l'intérieur. Paris, septembre 1870 : les Prussiens ferment le cercle, deux millions de bouches se retrouvent seules au monde, et rue Cassette, sur la rive gauche des rentiers et des veuves, quarante personnes raisonnables font ce que font les gens raisonnables quand vient la peur --- elles mettent en commun. Une caisse, un garde-manger, un règlement, un notaire pour tenir le livre, un chef de génie pour tenir le fourneau. On appelle cela la Table des Quarante. On y mangera, tout l'hiver terrible, mieux que dans aucune maison du quartier : du civet de gouttière servi comme du lièvre, du salmis de corbeau, des terrines dont l'office ne dit pas tout, et, la nuit de Noël, une pièce d'éléphant du Jardin d'Acclimatation, dont le chef calligraphie le menu de sa main.
Dans Le Menu du Siège, Évariste de Varville fait servir à ses douze jurés le véritable DÉCEMBRE, 1871 — Dîner de 100 Couverts — En l'Honneur de S.M. le Grand Duc Alexis composé au Delmonico’s de New York par son chef légendaire Charles Ranhofer (1836–1899), avec 8 recettes d’époque détaillées en fin de volume.
Pour la première fois, Adrien Beaulieu et la Maison Beaulieu publient l’intégrale de L’Épicurien en 3 volumes français traduits (ainsi que les 3 volumes de l’édition originale anglaise) : deux tomes de recettes (plus de 3 500 apprêts du Delmonico’s) et le tome des Menus historiques où Varville puise chacune de ses soirées.
Commandez le Tome III (Les Menus de l’Épicurien) pour tenir entre vos mains toutes les cartes originales du Delmonico’s, ou réunissez la Trilogie complète (Recettes Tomes I & II + Menus Tome III) en Français ou en Anglais.
Service à la russe, Sauces, Garnitures, Potages, Hors-d’œuvre, Poissons & Relevés
Entrées de haute table, Rôts, Gibiers, Entremets chauds & froids, Pâtisserie & Glaces
Les cartes historiques servies par Charles Ranhofer à New York (1862–1894) où Varville puise chaque dîner du Cercle
Table Service, Elementary Methods, Sauces, Soups, Side Dishes, Fish & Removes
Entrées, Roasts, Salads, Vegetables, Sweet Entremets, Pastry, Ices & Confectionery
Franco-American Menus for every season and historic banquets at Delmonico’s (1862–1894)
Ce que l'histoire a laissé --- ce que le roman a inventé
Un roman historique s'écrit toujours dans les marges de ce qui a eu lieu. Ce chapitre est là pour aider le lecteur à démêler les fils --- ce qui vient des archives, ce qu'on a extrapolé, ce qu'on a fabriqué de toutes pièces. Car ce douzième volume repose sur un décor qui, lui, a existé jusqu'à l'os : le Siège de Paris, du 19 septembre 1870 au 28 janvier 1871, l'hiver le plus dur du siècle dans une ville de deux millions d'habitants coupée du monde --- et un printemps, ensuite, où l'on voulut guérir plus qu'on ne voulut savoir.
Ce qui est documenté.
« Autour de la table d’Évariste de Varville, douze jurés écoutent, soupèsent et votent au dessert — mais le treizième couvert reste toujours vide, car c’est la mémoire d’un mort qui préside. » — Auguste de la Varenne · Treize à Table (Volume 12)
Dans une capitale affamée qui enterre cent mille morts sans faire d’addition, quatre convives s’éteignent « d’épuisement » à la table la mieux garnie de la rive gauche.
Quatre convives sont morts à la table la mieux servie de Paris. On a dit : l'hiver. L'hiver, messieurs, tenait un livre de comptes. Voilà, en trois phrases, toute l'affaire du Menu du Siège --- la plus silencieuse, peut-être, de toutes celles que le Cercle de la Ciguë ait jamais jugées, et la seule que son hôte ait vécue de l'intérieur. Paris, septembre 1870 : les Prussiens ferment le cercle, deux millions de bouches se retrouvent seules au monde, et rue Cassette, sur la rive gauche des rentiers et des veuves, quarante personnes raisonnables font ce que font les gens raisonnables quand vient la peur --- elles mettent en commun. Une caisse, un garde-manger, un règlement, un notaire pour tenir le livre, un chef de génie pour tenir le fourneau. On appelle cela la Table des Quarante. On y mangera, tout l'hiver terrible, mieux que dans aucune maison du quartier : du civet de gouttière servi comme du lièvre, du salmis de corbeau, des terrines dont l'office ne dit pas tout, et, la nuit de Noël, une pièce d'éléphant du Jardin d'Acclimatation, dont le chef calligraphie le menu de sa main.
Et pendant que Paris meurt de faim par le bas --- cent mille morts d'hiver que personne ne compte ---, quatre convives de cette table trop bien nourrie meurent l'un après l'autre : le doyen, la dévote, le percepteur, la veuve. « L'âge, l'hiver », dit le médecin du quartier, qui en a d'autres à voir. On resserre la table d'un couvert, puis d'un autre. Au printemps, on liquide « conformément au règlement » : réquisitions et pertes de change, des miettes aux héritiers. Une seule nièce, en province, trouve les condoléances trop grasses pour des miettes si maigres --- et l'écrit au procureur.
Ce douzième volume de Treize à table vous invite dans le salon privé d'Évariste de Varville, au Delmonico's de New York, un soir de décembre 1890. Le menu --- treize services --- est celui du dîner de cent couverts que cette maison servit en décembre 1871 au grand-duc Alexis de Russie : sept entremets sucrés pour un fils d'empereur, le même hiver, à quelques semaines près, que le pain de siège que Paris venait de finir de manger. Varville, exilé de fraîche date, a regardé ce dîner-là du trottoir d'en face ; il le ressert dix-neuf ans plus tard, et pose devant le treizième couvert sa propre ration de pain noir, qu'il n'a jamais mangée. Le dossier du soir ne vient ni des cartons de Peuchet ni de sa main : il vient de la malle d'un ami mort, un juge d'instruction dessaisi en 1872, qui a gardé sa copie « pour le temps où l'on osera ». Douze jurés, un chef qui avoue le rat et nie les morts.
La réponse n'est jamais simple. Cette fois, elle est dans un hiver que tout le monde a vécu, et que personne n'a lu.
Huîtres sur coquilles
Décembre était entré dans New York par le nord, cette année-là, d'un seul coup, comme un créancier — un froid sec, sans neige, qui faisait sonner les trottoirs de Madison Square sous les pas et donnait aux becs de gaz, à l'heure où les voitures déposaient les convives devant Delmonico's, une lumière rétrécie, presque avare. Dans le cabinet particulier du premier étage, où le Cercle de la Ciguë tenait ses assises depuis tant d'hivers, on avait poussé le feu plus haut qu'à l'ordinaire ; les rideaux étaient tirés sur la place noire ; la table ovale, dressée pour treize, luisait de tout son argent ; et l'on eût dit, à respirer cette pièce close, chaude, pleine de fleurs et de cristal, qu'il n'y avait jamais eu d'hiver nulle part.
Mais ce que chaque convive remarqua d'abord, ce soir-là, avant les flambeaux et les jacinthes, ce fut ce qui attendait au bout de la table, devant le treizième couvert.
Il y avait là, sur une assiette de porcelaine fine à filet d'or — la même porcelaine que devant chacun d'eux —, un morceau de pain. Non pas un petit pain de dîner, blanc et croquant, du genre que les valets renouvellent sans qu'on les voie : un quignon dense, brun-gris, presque noir, de la taille d'un poing, dur comme une pierre de fondation, où l'on distinguait, quand on se penchait, des brins de paille pris dans la mie. Et à côté de l'assiette, couché sous une petite vitre biseautée dans son cadre d'argent, un carton jauni couvert d'une écriture penchée, à l'encre passée, avec des majuscules ornées et des mots qu'on ne pouvait pas lire d'où l'on était.
Signée sous le nom de plume Auguste de la Varenne pour la Maison Beaulieu (AB Éditions), la collection se déploie en 21 dîners individuels (Ebook, Broché, Relié), réunis en 7 Tomes Omnibus chronologiques (Broché & Relié Collector) et 6 Liasses thématiques, adossés aux 3 volumes de L’Épicurien de Charles Ranhofer.
OMNIBUS TOME I (Vol. 1–3) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la CouronneLe Temps des Officiers de Bouche
OMNIBUS TOME II (Vol. 4–6) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'OrLe Temps du Papier
OMNIBUS TOME III (Vol. 7–9) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la TerreurLe Temps des Cendres
OMNIBUS TOME IV (Vol. 10–12) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'EnseigneLe Temps des Villes
OMNIBUS TOME V (Vol. 13–15) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la MachineLe Temps des Systèmes
OMNIBUS TOME VI (Vol. 16–18) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'ExilLe Temps de l'Hôte
OMNIBUS TOME VII (Vol. 19–21) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et le Nouveau MondeLe Temps de l'Autre Rive
VOLUME 01 · TOME ILe Goûteur du RoiVers 1670 · Cour de Louis XIV (Saint-Germain-en-Laye)
VOLUME 02 · TOME ILa Confrérie du Faux PoidsHiver 1690 · Les corporations de bouche de Paris
VOLUME 03 · TOME ILe Secret de la Sauce NoireVers 1700 · Une grande maison ducale à la fin du Grand Siècle
VOLUME 04 · TOME IILes Soupers de la RégenceFévrier 1720 · Le Palais-Royal & le Système de Law
VOLUME 05 · TOME IIL'Empoisonneuse de la Rue aux OursVers 1728 · Les rôtisseries & cabarets de la rue aux Ours
VOLUME 06 · TOME IILe Banquet des Fermiers GénérauxVers 1752 · Les palais de la Ferme générale
VOLUME 07 · TOME IIILa Glace EmpoisonnéeVers 1765 · Les cafés et glaciers à la mode des Lumières
VOLUME 08 · TOME IIILe Pain de la DisetteMai 1775 · La Guerre des Farines
VOLUME 09 · TOME IIILa Table des ÉmigrésAutomne 1793 · Paris sous la Terreur
VOLUME 10 · TOME IVLe Premier Restaurant1799–1804 · Les galeries du Palais-Royal sous le Consulat
VOLUME 11 · TOME IVLe Charcutier des Halles1837–1839 · Le Ventre de Paris & la presse à un sou
VOLUME 12 · TOME IVLe Menu du SiègeHiver 1870–1871 · Le Siège de Paris
VOLUME 13 · TOME VLe Wagon des Millionnaires1883–1884 · Les grands express européens
VOLUME 14 · TOME VLa Fée Verte1885–1886 · L’heure verte des boulevards et des faubourgs
VOLUME 15 · TOME VLe Banquet du CentenaireÉté 1889 · L’Exposition Universelle de Paris
VOLUME 16 · TOME VILe Troisième CouvertOctobre 1855 · Un cabinet particulier du boulevard des Italiens
VOLUME 17 · TOME VILa Bouche de l'EmpereurJuin 1867 · Les glacières du palais des Tuileries
VOLUME 18 · TOME VILa Marmite de la CommuneMai 1871 · Rue Mouffetard pendant la Semaine sanglante
VOLUME 19 · TOME VIILa Table d'hôteOctobre 1873 · Bleecker Street, New York (La Panique de 1873)
VOLUME 20 · TOME VIILe Chef de la Cinquième AvenueAvril 1883 · Un hôtel particulier de la Cinquième Avenue, New York
VOLUME 21 · TOME VIILe Dîner de la PoliceHiver 1888–1889 · Le Tenderloin & le Delmonico’s, New York
LIASSE I (Vol. 1 · 4 · 7) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Coupes EmpoisonnéesLes Soupers où la Mort se boit au Cristal
LIASSE II (Vol. 2 · 8 · 12) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse du Pain et de la FaimQuand Paris Affamé Juge ses Nourrisseurs
LIASSE III (Vol. 3 · 9 · 20) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Maîtres QueuxLes Secrets d’Office qui valent une Vie
LIASSE IV (Vol. 5 · 10 · 11) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Enseignes & du Ventre de ParisCabarets, Premiers Restaurants & Halles Centrales
LIASSE V (Vol. 6 · 13 · 15) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse de l'Or et des Grands BanquetsHaute Finance, Trains de Luxe & République à Table
LIASSE VI (Vol. 16 · 18 · 21) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Deux Rives (Paris – New York)La Confession Secrète d’Évariste de VarvilleRecettes, histoires, parutions et éditions de collection — quelques lettres par an, jamais davantage.