L’Épicurien — Tome I : Les Recettes (Vol. 1)
Service à la russe, Sauces, Garnitures, Potages, Hors-d’œuvre, Poissons & Relevés
MAISON BEAULIEUAB ÉDITIONS · CUISINE & LETTRES
Lors d’un dîner de fiançailles de dix-huit couverts, un comte napolitain pâlit au relevé et meurt à minuit d’un « anévrisme » réglé entre médecin et avocat — mais le chef français a laissé un douzième feuillet.
Le jeudi dix-neuf avril mil huit cent quatre-vingt-trois, à huit heures du soir, dix-huit couverts sont dressés dans la salle à manger de l'hôtel Halloway, Cinquième Avenue et cinquante-quatrième rue, pour un dîner de fiançailles : miss Edith Halloway, fille unique d'un maître de forges de Pittsburgh installé depuis cinq ans dans la plus riche avenue d'Amérique, épouse un comte napolitain de trente-cinq ans, arrivé en janvier avec des lettres de recommandation et pas un sou. Au relevé il mange ; aux entrées il pâlit, et l'on dit la chaleur, on a fait du feu pour dix-huit en plein avril. Au sorbet, il demande à sortir. Au rôti, on l'emporte dans le petit salon. À minuit il est mort. Le médecin de la famille écrit rupture d'anévrisme. Il n'y a ni coroner --- un médecin en exercice a signé --- ni enquête, ni journaliste curieux : trois lignes dans le Herald, en page quatre, et une couronne. Le comte est enterré à Woodlawn le lundi suivant. Le chef de la maison, un Français de la maison Bignon, est remercié le mercredi avec mille dollars et une lettre de recommandation ; il ne remettra plus jamais les pieds dans une cuisine de la Cinquième Avenue.
Dans Le Chef de la Cinquième Avenue, Évariste de Varville fait servir à ses douze jurés le véritable AVRIL, 1883 — Dîner de 18 Couverts — Mr. W.H. Morgan composé au Delmonico’s de New York par son chef légendaire Charles Ranhofer (1836–1899), avec 7 recettes d’époque détaillées en fin de volume.
Pour la première fois, Adrien Beaulieu et la Maison Beaulieu publient l’intégrale de L’Épicurien en 3 volumes français traduits (ainsi que les 3 volumes de l’édition originale anglaise) : deux tomes de recettes (plus de 3 500 apprêts du Delmonico’s) et le tome des Menus historiques où Varville puise chacune de ses soirées.
Commandez le Tome III (Les Menus de l’Épicurien) pour tenir entre vos mains toutes les cartes originales du Delmonico’s, ou réunissez la Trilogie complète (Recettes Tomes I & II + Menus Tome III) en Français ou en Anglais.
Service à la russe, Sauces, Garnitures, Potages, Hors-d’œuvre, Poissons & Relevés
Entrées de haute table, Rôts, Gibiers, Entremets chauds & froids, Pâtisserie & Glaces
Les cartes historiques servies par Charles Ranhofer à New York (1862–1894) où Varville puise chaque dîner du Cercle
Table Service, Elementary Methods, Sauces, Soups, Side Dishes, Fish & Removes
Entrées, Roasts, Salads, Vegetables, Sweet Entremets, Pastry, Ices & Confectionery
Franco-American Menus for every season and historic banquets at Delmonico’s (1862–1894)
Ce que l'histoire a laissé --- ce que le roman a inventé
Un roman historique s'écrit toujours dans les marges de ce qui a eu lieu. Ce chapitre est là pour aider le lecteur à démêler les fils --- ce qui vient des archives, ce qu'on a extrapolé, ce qu'on a fabriqué de toutes pièces. Car ce vingtième volume repose sur un décor qui, lui, a bel et bien existé : la Cinquième Avenue des années 1880, ses hôtels particuliers neufs et ses chefs français à demeure, un grand bal costumé donné en mars 1883, la digitale comme remède du cœur et son revers, et le système new-yorkais qui laissait un médecin de famille signer seul un certificat de décès.
Ce qui est documenté.
« Autour de la table d’Évariste de Varville, douze jurés écoutent, soupèsent et votent au dessert — mais le treizième couvert reste toujours vide, car c’est la mémoire d’un mort qui préside. » — Auguste de la Varenne · Treize à Table (Volume 20)
Lors d’un dîner de fiançailles de dix-huit couverts, un comte napolitain pâlit au relevé et meurt à minuit d’un « anévrisme » réglé entre médecin et avocat — mais le chef français a laissé un douzième feuillet.
Le jeudi dix-neuf avril mil huit cent quatre-vingt-trois, à huit heures du soir, dix-huit couverts sont dressés dans la salle à manger de l'hôtel Halloway, Cinquième Avenue et cinquante-quatrième rue, pour un dîner de fiançailles : miss Edith Halloway, fille unique d'un maître de forges de Pittsburgh installé depuis cinq ans dans la plus riche avenue d'Amérique, épouse un comte napolitain de trente-cinq ans, arrivé en janvier avec des lettres de recommandation et pas un sou. Au relevé il mange ; aux entrées il pâlit, et l'on dit la chaleur, on a fait du feu pour dix-huit en plein avril. Au sorbet, il demande à sortir. Au rôti, on l'emporte dans le petit salon. À minuit il est mort. Le médecin de la famille écrit rupture d'anévrisme. Il n'y a ni coroner --- un médecin en exercice a signé --- ni enquête, ni journaliste curieux : trois lignes dans le Herald, en page quatre, et une couronne. Le comte est enterré à Woodlawn le lundi suivant. Le chef de la maison, un Français de la maison Bignon, est remercié le mercredi avec mille dollars et une lettre de recommandation ; il ne remettra plus jamais les pieds dans une cuisine de la Cinquième Avenue.
Ce vingtième volume de Treize à table rouvre cette semaine-là neuf ans plus tard, un soir de novembre mil huit cent quatre-vingt-douze, dans le salon privé du Delmonico's de New York. Comme au volume précédent, l'affaire ne vient d'aucun carton de l'archiviste Peuchet, ni d'aucun dossier de la robe française de l'hôte : elle vient d'une lettre qu'on lui a adressée, sept ans plus tôt, et qu'il a gardée sans en rien faire. « Il n'y a pas eu d'affaire, mes amis, dit Évariste de Varville en l'ouvrant à peine. C'est la seule que je vous aie jamais servie qui n'ait pas eu lieu --- et j'ai la lettre qui dit qu'elle a eu lieu. »
Le dîner sert la carte que Charles Ranhofer dressa, le même mois et la même année que le drame, pour un dîner privé de dix-huit couverts donné par Mr. W.H. Morgan --- une carte que la maison Halloway aurait pu servir elle-même, tant les usages de la Cinquième Avenue se ressemblaient d'un hôtel particulier à l'autre. La maison la sert ce soir à treize. « Ils étaient dix-huit ce soir-là, dit l'hôte en posant la carte ; vous êtes treize. Le compte n'y est pas, et c'est exprès. » Devant la treizième place : une lettre de onze feuillets, dépliée à plat, retournée, venue de Chicago par la main d'un pâtissier de la rue Bleecker qui n'est autre que le frère du chef disparu.
Les huit permanents du Cercle sont là, et Maître Geneviève Delorme, qui plaide depuis vingt ans contre ce qu'elle appelle « la justice de famille » --- les maisons qui règlent leurs morts comme leurs factures ---, en est ce soir la convive de couverture : une affaire faite pour elle, si jamais il en fut. Varville a réuni les quatre convives qu'il fallait : Mrs. Augusta Fielding, de la Cinquième Avenue, qui dînait chez les Halloway ce soir-là et qui a vu pâlir le comte ; M. Léonce Ravaud, frère du chef, qui a porté la lettre sans en connaître le contenu ; le docteur Nathaniel Weir, ancien de l'hôpital Bellevue, l'homme qui sait ce qui tue et en combien de temps ; et M. Cornelius Bragg, avocat, qui fut celui de la maison Halloway avant de s'en détacher, et qui a lui-même porté au chef l'enveloppe de son silence.
Pour la seconde fois de la série --- la première ayant mal tourné, aux Tuileries, l'an dernier ---, l'hôte annonce qu'il dira son avis avant que son jury ne vote. « Vous avez voté contre moi cette fois-là, dit-il, à une majorité que je n'ai pas oubliée ; on verra si j'ai davantage de chance sur la Cinquième Avenue. »
Huîtres
Il faisait déjà nuit à cinq heures, en ce novembre-là, et un vent d'est qui sentait la mer poussait sur Madison Square une bruine fine qui n'était pas encore de la neige ; les convives qui descendaient de voiture devant le Delmonico's relevaient le col et ne s'attardaient pas, et le portier, qui les connaissait tous depuis des années, ne disait rien de plus que le nom du cabinet. Là-haut, on avait poussé le feu, tiré les rideaux, mis les lampes ; il y avait sur la table des chrysanthèmes blancs, en deux gerbes courtes, que Mrs. Vance regarda en entrant avec l'air de vérifier qu'on avait bien changé de saison depuis le printemps.
— Vous nous aviez dit l'automne, monsieur de Varville. En avril. Nous y sommes ; il pleut, la ville a eu peur du choléra tout l'été et vient de se donner un président, et vous nous avez mis des fleurs de cimetière.
— Des fleurs de novembre, madame ; la maison n'en avait pas d'autres, et je ne lui ai pas demandé de mentir sur le mois. Asseyez-vous, je vous prie. Il y a ce soir, sur cette table, une chose qui n'y était pas au printemps, et je voudrais qu'on la vît avant les huîtres — c'est devenu une habitude ; je ne m'en excuse plus.
Signée sous le nom de plume Auguste de la Varenne pour la Maison Beaulieu (AB Éditions), la collection se déploie en 21 dîners individuels (Ebook, Broché, Relié), réunis en 7 Tomes Omnibus chronologiques (Broché & Relié Collector) et 6 Liasses thématiques, adossés aux 3 volumes de L’Épicurien de Charles Ranhofer.
OMNIBUS TOME I (Vol. 1–3) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la CouronneLe Temps des Officiers de Bouche
OMNIBUS TOME II (Vol. 4–6) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'OrLe Temps du Papier
OMNIBUS TOME III (Vol. 7–9) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la TerreurLe Temps des Cendres
OMNIBUS TOME IV (Vol. 10–12) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'EnseigneLe Temps des Villes
OMNIBUS TOME V (Vol. 13–15) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et la MachineLe Temps des Systèmes
OMNIBUS TOME VI (Vol. 16–18) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et l'ExilLe Temps de l'Hôte
OMNIBUS TOME VII (Vol. 19–21) · BROCHÉ & RELIÉLa Ciguë et le Nouveau MondeLe Temps de l'Autre Rive
VOLUME 01 · TOME ILe Goûteur du RoiVers 1670 · Cour de Louis XIV (Saint-Germain-en-Laye)
VOLUME 02 · TOME ILa Confrérie du Faux PoidsHiver 1690 · Les corporations de bouche de Paris
VOLUME 03 · TOME ILe Secret de la Sauce NoireVers 1700 · Une grande maison ducale à la fin du Grand Siècle
VOLUME 04 · TOME IILes Soupers de la RégenceFévrier 1720 · Le Palais-Royal & le Système de Law
VOLUME 05 · TOME IIL'Empoisonneuse de la Rue aux OursVers 1728 · Les rôtisseries & cabarets de la rue aux Ours
VOLUME 06 · TOME IILe Banquet des Fermiers GénérauxVers 1752 · Les palais de la Ferme générale
VOLUME 07 · TOME IIILa Glace EmpoisonnéeVers 1765 · Les cafés et glaciers à la mode des Lumières
VOLUME 08 · TOME IIILe Pain de la DisetteMai 1775 · La Guerre des Farines
VOLUME 09 · TOME IIILa Table des ÉmigrésAutomne 1793 · Paris sous la Terreur
VOLUME 10 · TOME IVLe Premier Restaurant1799–1804 · Les galeries du Palais-Royal sous le Consulat
VOLUME 11 · TOME IVLe Charcutier des Halles1837–1839 · Le Ventre de Paris & la presse à un sou
VOLUME 12 · TOME IVLe Menu du SiègeHiver 1870–1871 · Le Siège de Paris
VOLUME 13 · TOME VLe Wagon des Millionnaires1883–1884 · Les grands express européens
VOLUME 14 · TOME VLa Fée Verte1885–1886 · L’heure verte des boulevards et des faubourgs
VOLUME 15 · TOME VLe Banquet du CentenaireÉté 1889 · L’Exposition Universelle de Paris
VOLUME 16 · TOME VILe Troisième CouvertOctobre 1855 · Un cabinet particulier du boulevard des Italiens
VOLUME 17 · TOME VILa Bouche de l'EmpereurJuin 1867 · Les glacières du palais des Tuileries
VOLUME 18 · TOME VILa Marmite de la CommuneMai 1871 · Rue Mouffetard pendant la Semaine sanglante
VOLUME 19 · TOME VIILa Table d'hôteOctobre 1873 · Bleecker Street, New York (La Panique de 1873)
VOLUME 20 · TOME VIILe Chef de la Cinquième AvenueAvril 1883 · Un hôtel particulier de la Cinquième Avenue, New York
VOLUME 21 · TOME VIILe Dîner de la PoliceHiver 1888–1889 · Le Tenderloin & le Delmonico’s, New York
LIASSE I (Vol. 1 · 4 · 7) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Coupes EmpoisonnéesLes Soupers où la Mort se boit au Cristal
LIASSE II (Vol. 2 · 8 · 12) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse du Pain et de la FaimQuand Paris Affamé Juge ses Nourrisseurs
LIASSE III (Vol. 3 · 9 · 20) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Maîtres QueuxLes Secrets d’Office qui valent une Vie
LIASSE IV (Vol. 5 · 10 · 11) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Enseignes & du Ventre de ParisCabarets, Premiers Restaurants & Halles Centrales
LIASSE V (Vol. 6 · 13 · 15) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse de l'Or et des Grands BanquetsHaute Finance, Trains de Luxe & République à Table
LIASSE VI (Vol. 16 · 18 · 21) · BROCHÉ & RELIÉLa Liasse des Deux Rives (Paris – New York)La Confession Secrète d’Évariste de VarvilleRecettes, histoires, parutions et éditions de collection — quelques lettres par an, jamais davantage.